CHAPITRE XV
lumière du monde. 6° La sibylle Cumane (de Cuines). Elle tient une crèche, une mangeoire. Elle prédit la nativité du Christ à Bethléem dans l'étable. V La sibylle Samienne (de Samos). Elle tient un berceau, et prédit le premier repos de Jésus dans ce monde. 8° La sibyllle Cimmérienne (du Pont-Euxin). Elle tient un cornet comme un biberon , et prédit l'allaitement de Jésus par Marie. 9° La sibylle Européenne (d'Europe). Elle tient un glaive. Elle prédit le massacre des Innocents et la fuite en Égypte. 10° La sibylle Agrippa. Elle prophétise la flagellation, et lient le fouet qui a déchiré le corps de Jésus. 11° La sibylle Delphique (de Delphes). Elle tient une couronne d'épines, et prophétise le couronnement du Christ. 12° La sibylle Phrygienne (de Phrygie). Elle tient une croix processionnelle à laquelle flotte un étendard rouge croisé d'or. Elle prophétise la résurrection de Jésus-Christ. »
Les sibylles, on le remarquera, sont de tous les pays. Le moyen âge avait appelé les trois parties du monde païen en témoignage de la divinité de Jésus-Christ; elles font pendant aux prophètes. Ici, faute d'espace, toutes ne purent être rangées chronologiquement sur une seule et même ligne. 11 y en avait six d'un côté et six de l'autre. Du côté de la chapelle, près de l'homme de douleur, de VEcce homo, étaient les sibylles qui ont prédit quelques circonstances douloureuses de la vie de Jésus-Christ. A l'extérieur devaient se trouver les sibylles qui ont prédit les événements joyeux; elles accompagnaient la statue de Jésus-Christ glorieux et triomphant qui s'élevait sur la porte d'entrée, à l'opposé de VEcce homo. Ainsi, à défaut de l'ordre chronologique, il y avait un ordre basé Sur la nature des faits. La statue de VEcce homo et trois au
moins des quatre sibylles, qui subsistent du même côté, viennent appuyer notre théorie.
La clôture de pierre que nous venons de décrire est de la dernière période de l'architecture ogivale. Nous trouverons dans le rétable qui entoure l'autel tous les caractères du style de la Renaissance : ordre corinthien complet avec piédèstal, colonne et entablement, absence systématique de l'arc brisé, mélange d'ornements grecs et gothiques, Ces derniers prédominent.
L'autel est en pierre. Au milieu sont sculptées les armoiries du fondateur : un rosier au naturel sous un chef de trois étoiles. Des guirlandes complètent la décoration de l'autel. Les initiales G. R. sont répétées quatre fois, deux fois en haut, deux fois en bas.
Sur un tombeau placé en contre-rétable, au-dessus de l'autel, est figurée la scène de l'ensevelissement du Sauveur. Il y a huit personnages : au milieu, Marie inconsolable ; 2° et 3° deux femmes la soutiennent ; 4° à droite, une autre femme, Marie-Magdelaine, tient le vase des parfums ; 5" saint Jean porte une couronne ; 6° à la tête de Jésus, Joseph d'Arimathie, barbu, richement cos« tumé ; son nom est gravé sur la frange de l'habit, Joseph ah Arimathia ; 7° aux pieds, Nicodème , barbu, en costume de pèlerin. Son nom se lit sur la frange du vêtement, Nicodemus, Ils tiennent des deux mains le linceul sur lequel repose le corps du Sauveur ; 8° Notre-Seigneur Jésus-Christ étendu de tout son long, mains et côté saignants. Trois anges ailés sortant du mur à mi-corps planent sur le tombeau : celui de gauche tient le calice et l'éponge avec le roseau ; celui du milieu la croix ; le dernier, *à droite, la lance et la couronne d'épines. Sur le soubassement du tombeau sont trois médaillons cîrcu-