‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 120 sur 152 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

laires inscrits dans un carré. A gauche, buste de femme à mi-corps tenant un fouet; au milieu, femme portant un étendard flottant, enfin, à droite, femme armée d'une pique.

Diverses circonstances de la Résurrection sont représentées sur la frise du rétable. A la gauche du spectateur, on voit la descente de Notre-Seigneur aux enfers.

L'enfer est figuré par une tour ronde, crénelée, maçonnée en noir avec ciment blanc sur les joints. Trois petits personnages sortent de la tour; Jésus en prend un par la main. De l'ouverture s'échappent des flammes rougeâtres. Un cartouche placé au-dessus de cette scène renferme les paroles suivantes : Portas mortis Salvator dirupU, Au centre, c'est Jésus-Christ paraissant devant la Magdelaine avec ces paroles qui rappellent le fait : Noli me tangere^ mulier, A droite, c'est Jésus convainquant l'incrédulité de saint Thomas. Les figures ont disparu, mais on y lit encore ces paroles : Noli esse incredulus sed fidelis.

(( En dehors du rétable, dans une arcade supérieure, se trouve sculpté le fait même de la Résurrection. Jésus- Christ sort triomphant du tombeau ; les soldats sont dans l'épouvante ; l'un est renversé comme mort avec un costume complet de chevalier. » (L'abbé Magne.)

Contre les pilastres supérieurs, ornés dans le même style, on avait placé des statues. H n'en reste plus qu'une.

Deux niches pratiquées sur la colonne au niveau du tombeau, renfermaient jadis les statues de saint Pierre et de saint Paul. Les inscriptions anciennes sont conservées ; d'un côté on lit : Ego enim stigmata Domini Jhesu in cor pore meo porto. De l'autre : Signifer aposto-

lorum Petre princeps ceterorunij dilue peccata mea potestate tibi data.

Sur la baguette de la corniche se lit l'inscription suivante, en caractères romains et presque entièrement inédite.

0 DEVS OMNIPOTENS GVALARDI MISERERE RVFFY, QVI STRVCTVRAM HANC OB TVI NOMINIS FABRICAVIT HONOREM, ElVS PECCATIS TOTIVS QVE MACHINE MUNDi PARCE, VT ET DE TVA VI VA MISERICORDIA PERCIPE [GREMIO ?| TVO, BEATI [PETRI ET BEATl PAVLI INTERCESSIONE?]

L*inscription était trop longue pour tenir dans un espace si court. Il fallut employer les abréviations. On a opéré de deux manières : par enlacement, en renfermant les lettres les unes dans les autres, et par sigle ou suppression des lettres. 11 y a des sigles très-hardis. Nous indiquerons les mots tui nominis, exprimés par les trois lettres tin. A la fin de l'inscription on a supprimé non-seulement des lettres, mais encore des mots entiers. Nous les avons rétablis d'après le sens général du texte. L'intercession des Bienheureux Pierre et Paul est suffisamment indiquée par les statues des deux apôtres placées sur le rétable même, au-dessous de l'inscription.

Ici, comme à la chapelle précédente, les figures du rétable étaient peintes. Elles liraient de la coloration une valeur et un éclat qu'elles sont loin d'avoir par ellesmêmes.

Chapelle de Saint-Roch, Par acte du 17 août 1567,

Page 1