CHAPITRE XV
François Bilhart, chanoine, prieur de Saint-Félix-sous- Rodez et vicaire général du cardinal d'Armagnac, y fonda deux cliapellenies, et huit processions pendant l'octave de la Fête-Dieu^ et il affecta à cette fondation une somme de 3,000 livres. Nous donnerons une courte analyse de cet acte.
François Bilhart expose d'abord au chapitre qu'il avoit la dévotion de dresser soubz le bon plaisir de Monseigneur l'èvesque de Roudez la chapelle qu. est entre Vautel de la paroisse et celle qu'est vulgairement nommée de moussen BouXy et d'y faire faire autel^ rétable, avec tous les ornements et parements nécessaires pour y célébrer messe, et une closture de boys convenable que se pourra commodément ouster les jours quon administrera le Sainct Sacrement au peuple. Ensuite vient l'établissement des chapellenies et des huit processions. Les chapellenies seront dotées chacune d'un revenu de 10 setiers de seigle et de 10 livres tournois. Les deux chapelains diront alternativement une messe basse dans la chapelle tous les jours de la semaine. Quant aux huit processions, elles se feront pendant l'octave de la fête du Saint-Sacrement, entre six et sept heures du soir, après que thon aura sonné la Mandarelle et avec peu d'intervalle la grande cloche nommée Calmont, de branle, et finalement à petite distance une entrée comme Vhon a accosiumé aux jours solempnes. Les chanoines en allant à la chapelle chanteront le Pange lingua et aures prières de circonstance ; on donnera la bénédiction, après quoi l'on retournera au chœur en chantant le Lî6era. François Bilhart pourra élire sa sépulture en tel lieu qu'il voudra de cette chapelle qui sera nommée de Corpore Christi, ou du Saint-Sacrement.
Pour commencer d'orner la chapelle, il a donné dix pièces de tapisserie de Flandre, qu'il entend n'être em-
ployées qu'aux usages de TÉglise ; il promet d'avoir fait faire le surplus des ornements, meubles et clôture de la dite chapelle, lors de la prochaine fête du Saint-Sacrement (1).
En 1671, Jacques d'Austry, chanoine de Rodez, demande à être enterré dans la chapelle de Bilhart sive de Corpore Chris ti (2).
M. de Barrau dit qu'avant 1793 cette chapelle était dédiée à sainte Tarcisse. La fondation du chanoine Bilhart ne cessa pas d'être exécutée jusqu'en 93 dans toutes lés conditions prévues par son testament (3).
En 1803, on y a mis le tableau de saint Roch, contre le mur du sud, sous la fenêtre, et plus tard un autre tableau représentant la guérison de la fdle de Jaïre, et un bel autel de marbre, ces deux derniers objets venus de l'ancienne abbaye de Bonnecombe. Elle s'appelle maintenant la chapelle de Saint-Roch.
(1) Archives de l'Av., fonds du chapitre de Rodez. Caisse des chapellenies, pièce T et aussi le registre dit Registre des contrats, f» 27.
(2") Arch. de l'Av.. Même fonds, Registre, 450.
(3) Pour la manière dont s'exécutait la fondation du chanoine Bilharl, Voir Rituale in quo omnts benedicliones et processiones continentur juxta usum ecclesie Ruthenensis, auquel est joint un autre livre intitulé : Sequuntur fundationes aiiquœ factœ in ecclesiâ catliedrali B. Mariœ Ruthenœ tam per R. ir} Chris to patrem et. D. Dominum Franciscum d'Estanno ejusdem Ecclesiœ episcopum : quam per venerabiles viros Dominos Galhardum Ruffl, Simonem Gorravi et Franciscum Bilhard. quondam in ecclesiâ canonicos. Tolosœ^ typis R. Colomerii, Régis et universitatis iypog. 1620.