CHAPITRE XVI
Autel* et chapelles «la fond de l'église (côté de l'Onest).
La cathédrale avait naguère un service paroissial séparé de celui du chœur et c'est au fond de l'église qu'on le célébrait. On vient de le supprimer (1873) complètement. Les autels et les balustrades qui en faisaient partie ont été détruits. Bientôt il ne restera pas le moindre souvenir de cette ancienne organisation. Il est donc convenable que nous lui consacrions quelques détails dans ce chapitre.
Dernier autel de la paroisse, 11 s'élevait au bas de la grande nef, à l'opposé de l'autel du chœur. Comme il a disparu depuis fort peu de temps, tout le monde peut se rappeler de l'avoir vu et d'y avoir maintes fois entendu la messe. Cette disposition paraissait à beaucoup de gens, insolite, étrange, irrégulière. Ce n'était pourtant pas une œuvre du moyen âge; elle ne datait que du xix^ siècle.
Après le concordat de 1802, l'évêché de Rodez ne fut pas rétabli. Dès lors, point d'évêque, point de chapitre, point d'office canonial. Le chœur étant devenu presque inutile, on l'abandonna. Rien ne sembla plus naturel que Je dresser
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l'autel unique, l'autel paroissial, dans la partie la plus large et la plus vaste de la cathédrale. Plus tard, au retour de l'évêque et du chapitre on n'essaya pas de détruire cette espèce d'anomalie. On aurait pu revenir à l'ancien ordre de choses, le seul qui soit raisonnable, nous allons le montrer, en conservant un service paroissial distinct du service capitulaire. On n'en eut pas même l'idée ; tant les habitudes sont difficiles à changer.
Autel paroissial avant 89. Il était placé non dans la nef, mais tout à côté, au fond du collatéral sud, contre le mur (1). Sa position dans un angle de l'édifice le rendait très peu apparent, et il ne devait pas trop contrarier le système général des autels de l'église. Les fidèles pouvaient assez facilement voir les cérémonies ; nous savons par le témoignage d'un contemporain, qu'ils assistaient en très-grand nombre, le dimanche, à la messe paroissiale (2).
il y avait dans la nef centrale, vis-à-vis de l'autel paroissial, un vaste enclos pour les hommes. Là étaient
(1) On avait établi juste au môme endroit l'autel des Congréganistes. La dernière chapelle de la nef sous la tour du sud-ouest réunie avec la partie correspondante du bas-côté, formait une enceinte réservée pour les membres d'une association de Kotre-Darae dite la Congrégation des Artisans. Cette association doit son origine aux Jésuites, dans le xvii» siècle- Les Pères de cette illustre compagnie la dirigèrent. Les associés se réunissaient dans l'église de leur ancien collège. Ils ne vinrent à la cathédrale que vers 1815. On les a affublés d'un sac pareil à celui des pénitents. Pour les enterrements, pour les processions et autres cérémonies publiques, ils remplissent le même office que les pénitents de Saint-Amans de Rodez, ils se reunissent maintenant dans une des chapelles de la nef, côté nord. — C'est ici que fut placé, en 1873, le calorifère destiné à chauffer la cathédrale.
(2) A la cathédrale de Rodez, le service de la paroisse fut toujours distinct de celui du choeur. Les frais du culte étaient payés par la commune. Cette dépense figure dans les comptes du trésorier. Les consuls de la cité étaient les marguilliers de Vautel paroissial. — Aujourd'hui le çuré de la cathédrale est toujours un chanoine, Ce n'était pas de même