CHAPITRE PREMIER
noines et les religieux, relativement au droit de sépulture.
Conclusion. — L'église du Bourg, de Rodez, n'a donc jamais été la cathédrale. Elle n'a pas même été fondée par saint Amans ; elle est postérieure à ce saint et tire son origine de son tombeau.
Combien de fois la cathédrale de Rodez a-t-elle été reconstruite ? Nous possédons peu de documents sur ce sujet.
L'église de Rodez souffrit de grands dommages de la persécution arienne. Vers la fin du v*^ siècle, Euric, roi des Yisigoths, persécuta les catholiques de la Gaule méridionale. Sidoine Apollinaire, dans une lettre à l'évêque Basilius, décrit avec des couleurs bien noires l'état de la religion dans ces contrées. Il dit que les églises de Bordeaux, Périgueux, Rodez, Mende et autres ont vu leurs pasteurs moissonnés par la mort et que les églises sont abandonnées. W ne dit pas pourtant qu'elles fussent démolies et détruites, comme le lui fait dire M. de Gaujal (1). Il suffisait au prince arien que l'église fût fermée et le culte orthodoxe mis en oubli.
Ce qui paraît certain, c'est que le siège de Rodez devint alors vacant, et qu'il le fut pendant quelque temps, et c'est durant cet intervalle que Sidoine Apollinaire, sur la demande du prêtre Elaphe, vint à Rodez pour y consacrer un baptistère qui avait été bâti. Nos historiens, après avoir fait démolir la cathédrale par les ariens, se servent de ce fait pour prouver qu'elle fut reconstruite. Mais c'est fort mal à propos, car le texte de Sidoine parle d'un baptistère (2) et non pas d'une église ni d'une basilique. On sait que dans ces temps primitifs les baptistères étaient
(1) Sidoine Apoll., livre VII, ep. vi.
(2) Nam baptisterium quod olim fabricabimini, scribitis jam posse consecrari. — Sid. Apoll, liv. IV, ep. xv.
souvent des édifices séparés et indépendants de l'église, où l'on administrait le baptême solennellement.
Gomme nous l'avons dit plus haut, le baptistère de Rodez était ce bâtiment qui fut depuis l'église de Saint- Pierre- le- Doré, situé près de la cathédrale, au sud-est, et qui a subsisté pendani tout le moyen âge. C'est le lieu saint qui fut consacré par Sidoine Apollinaire.
La reconstruction la plus certaine de la cathédrale est celle qui eut lieu au commencement du vi^ siècle, sous saint Dalmas. Grégoire de Tours rapporte que ce saint évêque bâtil une église, et qu'après l'avoir plusieurs fois refaite pour une plus grande perfection, il la laissa inachevée (1). Ses successeurs la terminèrent.
Un évêque appelé Deusdediî consacra l'autel de cette église, qui était dédiée à Notre-Dame, et y reporta, diton, le siège épiscopal qui se trouvait dans l'église de Saint-Amans. Il était demeuré là en attendant l'achèvement de l'église épiscopale. G'est sans doute ce fait qui a donné lieu à la tradition d'après laquelle l'église de Saint- Amans aurait été pendant longtemps l'église cathédrale.
On conserve encore l'autel consacré par Deusdedit. Sur la foi d'une pancarte qu'on lisait autrefois dans la sacristie de la cathédrale (2) et qui a été reproduite i^axhBuihena Christiana de Sicard, et par Bosc, on a prétendu que cet autel remontait au vi^ siècle. Gela n'est pas certain. Le style des ornements accuserai!; une époque quelque peu postérieure. Un savant archéologue, feuDidron aîné, l'attribuait au xi^ siècle.
Cette cathédrale, bâtie au vi^ siècle par saint Dalmas,
(1) Dalmatius... ecclesiam construxit, sed dura eam ad emendationem sepius destruxit, incompositam dereliquit. — Greg. Tur., Historia Francorum, lib. V, cap. xlvi.
(2) Voir le texte de cette pancarte à l'appendice 1.