‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 14 sur 152 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

subsisla-t-elle jusqu'au xiii^? C'est difficile à croire. Néanmoins l'histoire ne mentionne aucune reconstruction dans cet intervalle.

Quoi qu'il en soit, celle qui existait au xiiP siècle s'écroula le 16 février 1276 (n. st. pour 1275). L'inscription dont il a été parlé plus haut contient des détails précieux sur cet événement.

Nous y voyons d'abord que l'église ne tomba pas tout entière, mais seulement le chevet (1), caput ecclesiœ^ c'est-à-dire le sanctuaire et le chœur. Le reste subsista encore quelque temps. Il est dit, en effet, dans un mandement de Pierre de Castelnau, évêque de Rodez, pour l'œuvre de la cathédrale, en date de 1325, que, depuis plusieurs années, la cathédrale s'était écroulée en grande partie, inmagnâ ejus parie, et qu'on avait commencé à la rebâtir dans cette partie , ei ibidem incepta edificari. L'évéque ajoute que ce qui reste de l'ancien édifice, quod superest de antiquo edificio, menace ruine et présente un grand danger pour le clergé et pour le peuple. Les mêmes expressions sont répétées dans un mandement de Raymond d'Aigrefeuille^ de 1355.

Cette partie de l'édifice ancien subsista cependant jusqu'en 1449; on le démolit alors pour construire les dernières travées du chœur actuel.

Le texte que nous venons de citer nous fournit encore quelques indications sur la forme et les dimensions de

(1) Le même fait est indiqué dans la note suivante que l'on trouve sur l'une des feuilles de garde d'un ancien calendrier de l'évêché de Rodez :

Anno ah incarnatione Domini ][P CC^ LXX° F» Xll° kalendarum martii corruit caput cum propinaculo et campants ecclesie Béate Marie Ruthenensis secundo anno episcopatus révérend i ac venerabilis patris nos/ri Domini R. de Calomonte^ Dei graiia episcopi Ruthenensis. Archiv. de l'Av. — Registre de parchemin, relié en bois, parmi les litres de l'évêché de Rodez.

l'ancienne calhédrale. Il semble qu'elle avait à peu près les dimensions du chœur actuel. C'était un carré long comme les anciennes basiliques des Gaules. De plus, elle avait une grande abside, deux absidioles, des bas-côtés, peut-être un transept, et, chose assez probable, le clocher, auquel on donne des proportions' considérables, était bâti sur le transept ou sur l'abside, ou du moins contigu, puisqu'il fut entraîné dans la ruine du chevet. Corruit caput ejus ecclesiœ. . . cum toto amplissimo campanili.

D'après l'inscription, l'ancienne cathédrale renfermait quatre autels : l'autel majeur, dédié à Notre-Dame, le même qui avait été consacré par Deusdedit; à droite celui de Saint-André, à gauche celui de Saint-Martial. Ces trois premiers autels étaient placés au haut de l'église sur une voûte en pierre, m alium primitivœ ecclesiœ supra lapideam testudinem. Un quatrième autel , dédié à saint Jean l'Évangéliste, était placé au-dessous du sanctuaire, sous la même voûte en pierre, in imum sub eâdem testudine. Cela semble indiquer qu'il y avait une crypte et comme une confession sous le chœur.

On y trouve aussi mentionnées un grand nombre de reliques : l'' les deux voiles en soie de la sainte Vierge; 2^ deux fioles de verre contenant, l'une du lait, l'autre du sang; S"* des ossements de saint Martin et de saint Etienne ; 4'' un fragment du bois de la Vraie Croix ; 5° un fragment de la mâchoire de saint Biaise.

Nota. La vieille église de Saint-Pierre-le-Doré s'élevait près de la cathédrale, au sud-est, à l'endroit que nous indiquions tout à l'heure. On n'y peut arriver maintenant que par l'impasse de la rue du Touat. Mais jadis les communications avec l'église Notre-Dame devaient être directes et très-courtes. Voyez sur ce point comment s'exprime le cadastre de la cité de 1666.

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