‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 135 sur 152 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

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signifie sonner en volée, en balançant la cloche sans discontinuation. Elle est reproduite plusieurs fois dans le règlement de 1371 et dans d'autres textes anciens. C'était la sonnerie la plus usitée et la plus belle; mais on ne l'exécutait pas toujours d'une manière normale. Les sonneurs d'autrefois comme ceux de nos jours renversaient les cloches sens dessus dessous et se livraient à l'exercice du quillage. M^r Delalle , évêque de Rodez, dans un avis à ses curés (1856), désapprouve cette manière de sonner qu'avec raison il appelle- affreuse. Je ne sais ce qu'en pensent messieurs les curés, mais une chose intéressante à constater, c'est, qu'au xvp siècle, François d'Estaing, n'éprouvait pas une moins grande répugnance pour le quillage des cloches, car il le proscrit formellement dans une de ses fondations. Il veut que la veille de l'Annonciation de la très-sainte Yierge, vêpres et compiles étant terminées, le chapitre fasse sonner la grande cloche seule à la mode française more gallico en la balan-

paneta de vînt escul ho treiila ho quaranta lieurras de métal, et mesa et pausada sus lo gran cloquier prés de las autras campanas ; et quant lo senier que sonara prima aura pausada prima, que encontinen sone una, ho doas, ho très petitas mieutas per demonstrar doas causas -, la una es, que prima es pausada, l'aulia es que lo capela s'aparelha per dire la messa. Quar o m'es avist, que messenhors de capitol devo estre contens, que la dicha campaneta hi sia mesa, ho ung pauc plus granda ho ung pauc plus petita, car be vese et ause que lo méytat del temps om no conoys pas que prima sian pausada. — Item voli et laissi et ordine, que lo cer que se fara mon obit, lo cer aqui meteys après vespras acabadas de sonar, voli et ordine et layssi, que l'eretier o heretiers del officii de ma sonoria sià tengut o tengutz de far sonar la campana Calmon à l'abando (le gaule en gaule et totas las autras campanas del dich cloquier per l'espasi d'un quart d'ora. E lo mati après primas al intran de la messa del obit, item voli, layssi et ordine, que sono autre cop la campana Calmon de gaule en gaule am totas las autras campanas coma ung clas per los morts duram per l'espasi de mieia hora. Testament de Pierre de Paulin^ chanoine de Rodez, archiprêire du Monastier en Vévêché d'Albi, du i 7nars 1475 (r. st. pour 1476). Arch. de l'Aveyron, fonds du chap Caisse des chapellenies, pièce cotée A U.

çant latéralement et non suivant l'usage de Rodez, more Ruthenensiy en la maintenant le cerveau en bas et la baie en haut, et un peu après les autres cloches toutes ensemble (1).

On voit qu'en fait de sonnerie, la supériorité de la France ne date pas d hier. Un savant archéologue (M, ie clianoine Barbier de Montault) qui a maintes fois constaté par lui-même combien en Italie et à Rome même, on sonne mal, a donc pu dire en toute vérité (dans les Annales archéologiques) qu'il n*y a qu'en France, et surtout dans la France du nord, que l'on sache véritablement faire parler les cloches.

(1) Et ideo ad Dei oranipotentis laudem et ipsius super-sanctae Dei genitricis honorera volumus et hsec est iiostra immutabilis voluntas quod de cetero perpetuis futuris temporibus singulis annis vicesimâ quartâ die mensis mardi in vigiliâ Annuntiationis ipsius sanciœ Dei Ge~ niiricis, capitulum ipsum statim persoluiis vesperis et completorio die ejusdem bona horâ pertractum hore seu ultra more gallico de gaulo in gaulum non autem more Ruthenensi in altum erigendo majorem campanam quœ pro tempore in pignaculo dicte ecclesie fueritsolamet deindepost paululum ceteris campanis tympanisantibus . Extrait de l'acte de fondation de François d'Estaing pour l'Annonciation delà sainte Vierge Archives de VAveyron^ fonds de l'évêché de Rodez.

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