‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 136 sur 152 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Le trésor

Le trésor formait une partie de la richesse mobilière de la cathédrale, et on peut se convaincre en lisant les inventaires publiés ci-dessous, que ce n était pas la partie la moins précieuse. Nous y avons compté, en effet, plus de quarante ustensiles en argent, tels que calices, burettes, croix, candélabres, encensoirs, reliquaires, coffrets, etc., plusieurs objets en ivoire, des candélabres en laiton avec émaux, des pierreries et un grand nombre de vêtements sacerdotaux.

Tous ces objets furent longtemps déposés au fond de grandes armoires, dans la chapelle jadis de Sainte-Magdelaine, aujourd'hui de Notre-Dame-des-Indes. Vers la fin du xvi« siècle, la cathédrale étant terminée, on les transporta dans la dernière chapelle de la nef, sous la tour du nord-ouest, où est à présent la sacristie de la paroisse ; ils y restèrent presque jusqu'en 1793.

Le trésor, comme nos musées modernes auxquels on peut à certains égards le comparer, s'accroissait à la longue par des acquisitions souvent indispensables, par des dons volontaires et par des legs. Il n'y a pas de legs

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plus importants que celui de Pierre de Pleine-Chassaigne, évêque de Rodez et patriarche de Jérusalem en 1318 ; on en lira l'inventaire plus loin. En 1348, Gilbert de Cantobre lègue à l'église cathédrale ses trois chapelles, la blanche, la noire et la rouge (1).

On conserve àl'évêché de Rodez l'anneau et la croix pectorale de François d'Estaing. Parmi les objets précieux sauvés du naufrage révolutionnaire de 93, nous mentionnerons la statuette d'argent qu'on peut appeler plus spécialement la Notre-Dame-de-Rodez. Elle est fort ancienne. Le célébrant la porte aux processions du Rosaire. Elle mesure au plus cinquante centimètres de hauteur y compris le socle. La couronne de la Vierge est fleurdelisée ; celle de l'enfant Jésus est une couronne ordinaire. Il nous faut signaler encore un ex voto assez riche. C'est une lampe d'argent offerte à Marie en 1628, en reconnaissance de ce que la ville de Rodez avait été préservée de la peste. Il y a trois écussons ovales. Sur l'un est l'inscription suivante : Seviente per Rutenos pestilentiâ urbe incolumi^ Cap. B, M. V. R. Ex voto anno 1628. Dans un autre ovale on lit ces mots : Refecit anno 1786. Ce qui signifie, sans doute, que cette année la lampe a été refondue. Le troisième ovale renferme une Yierge mère, bien drapée, tenant l'enfant Jésus des deux bras sur le côté gauche.

(1 ) Le testament de Gilbert de Cantobre contient ce legs intéressant :

Hem volo et ordino reddi et restiiui monasterio Sancti Egidii (Saint- Gilles) unam mitram de diaspro albo cumymaginibus in medioet in fronie circumdatam quam emi dum fui abbas ipsius monasterii, et unam pixidem de ebore quam consuevi continue ienere pro osliis in missa, et unum coyssinetum de iela virgatapro tenendo missale in altare. Raymond d'Aigrefeuille , dans son testament du 14 juillet 13ôl, lègue à son successeur, Faydit d'Aigrefeuille , un beau missel richement enluminé, unum missale pulcrum quodeciam perfici feci etsolemniter illuminarii

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