‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 143 sur 152 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

témoignage du miracle opéré à Béthanie : — Tune processio iniret civitaiem velvillam. Respons. Incipiat : « Cogitaverunt autem principes sacerdolum ut et Lazarum interficerent propter quem mulli veniebant et credebant in Jesum ^, Testimonium perhibebat turba que erat cum eo quando Lazarum vocavit de monument© et suscitavit cum a mortuis. n

Dans une autre répons qui se chantait sous le portique même de l'église, se remarque la même fidélité de conserver à la liturgie son caractère dramatique. En effet, dans la première partie, les prêtres et les pharisiens, inquiets de l'influence de Jésus sur le peuple délibèrent sur son sort et se troublent à la seule pensée de la fureur des Romains. Dans la seconde, quatre prêtres, revêtus de chapes rouges et vertes, chantaient devant les portes de l'église la prophétie du grand prêtre Caïphe, prophétie qui ne fut séparée que de quelques jours de son accomplissement au jardin des Oliviers et sur le Golgotha.

Ad introifum atrii cantor incipiat hanc antiphonam : « Collegerunt pontifices et pliarisei concilium et dicebant ; Quid facimus, quia hic homo multa signa facit. Si dimittimus eum sic, omnes credent et venient Romani et tollent nostrum locura et gentem. »

Tune quatuor presby ter i rubeis et viridibus cappis induti, cantent ante jamm ecclesie hune versum : « Unus autem ex ipsis Cayphas nomine, cum esset pontifex anni illius, prophetavit, dicens : Expedit vobis ut unus morialur homo pro populo, et non tota gens pereat. Ab illo, etc. »

Jusqu'ici rien n'est conforme aux usages liturgiques en vigueur dans nos églises le jour des Rameaux. Tout est plus complet qu'aujourd'hui et offre un sens plus profond. Actuellement il ne reste plus des anciennes cérémonies que le dialogue entre le célébrant et les enfants de chœur.

Les trois coups qu'il frappe à la porte de l'église en chantant : « Attollite portas^ principes^ vestras^ » sont un bien faible symbole, soit qu'on les compare à la station de la porte de la ville, soit qu'on les considère comme un vestige de l'importante cérémonie qui termine cette

magnifique procession du dimanche des Rameaux

Foi, histoire, enseignement, poésie, tels étaient les éléments qui composaient la liturgie au moyen âge.

Plût à Dieu qu'elle se fût maintenue à cette hauteur ! De nos jours, les offices divins n'offrent plus dans leur partie liturgique que des débris défigurés des grandes scènes dont nous donnons une imparfaite esquisse. Mal coordonnés, tronqués et dépourvus d'homogénéité, ils ne présentent plus qu'un symbolisme obscur, souvent inintelligible, et, conséquence funeste, le spectateur se moque souvent de ce qu'il ne comprend plus.

Ces drames liturgiques, tels qu'on vient de les décrire, étaient-ils usités dans notre cathédrale de Rodez, au moyen âge ? Rien n'empêche de le croire : ils avaient lieu partout en France, et surtout dans les cathédrales où l'espace et dont le nombreux personnel offraient des facilités qu'on aurait eu plus de peine à trouver dans les petites églises de paroisse. Un document ancien que nous publions à l'appendice , n° XVI, servirait à le prouver. C'est une ordonnance d'Yzarn de Cuzel, préchantre de la cathédrale au commencement du xiv^ siècle, pour la tenue des processions, l'exhibition des reliques, la décoration de l'autel majeur, le serment de l'évêque, etc. Voici ce qu'elle règle pour le dimanche des Rameaux. En ce jour, la procession sort de la cathédrale, précédée de la grand'croix (crux major), elle suit la Rue Neuve en chantant le Vexilla Régis et se rend dans le quartier dit des Jardins (in Ortis). Là, on prêche le peuple et on bénit

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