‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 144 sur 152 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

les rameaux. La procession rentre à la cathédrale par la rue des Frères Mineurs (les Cordeliers). 11 était d'usage que les moines de Saint -Amans vinssent à la procession.

Notre texte n'en dit pas davantage; mais, il est clair, d'après l'itinéraire, que la procession du dimanche des Rameaux, en longeant la Rue Neuve arrivait jusqu'à la porte qui, en cet endroit, séparait autrefois la Cité du Bourg ^ porte flanquée de tourelles, et c'est là que pouvait s'accomplir, avec toutes ses circonstances les plus minutieuses, le drame liturgique mentionné plus haut.

Dans l'ordonnance du préchantre, notons encore quelques particularités sur les usages liturgiques de la cathédrale.

Le premier jour du Carême, on allait en procession à la petite église de Saint-Pierre-le-Doré, près de la cathédrale. Au retour, distribution des cendres devant le portail au clergé de tout ordre (et aux simples fidèles?). Il y avait non loin de là un cimetière attenant à l'église. L'endroit était bien choisi pour parler de la mort aux fidèles et pour leur dire : Mémento^ Homo quiapulvis es, et in pulverem reverieris.

La fête des Saintes -Reliques ou du Saint-Voile était une des fêtes religieuses les plus populaires et célébrées avec le plus de pompe à Rodez (1).

Procession en chapes hors de l'église sur la place Neuve (la place de la cité). On portait le Saint- Voile et toutes les reliques. On prêchait le peuple.

Au retour de la procession , le Saint-Voile était exposé sur le portail de la cathédrale, et deux chanoines étaient

(1) La commune contribuait à la dépense. On en trouve de nombreuses preuves dans les comptes de la Cité.

commis à sa garde. Après les secondes vêpres, procession intérieure pour vénérer les reliques.

La fête des Rogations durait trois jours. Premier jour, procession sur la place, sous l'oratoire, subtus oratorio. On portait deux reliquaires. C'était l'usage de prêcher le peuple. Deuxième jour, procession sur la place (du faubourg) Saint-Cirice , près de l'Oratoire juxfa oratorium. On porte deux reliquaires. Les moines de Saint- Amans doivent être présents. — Troisième jour, procession à l'église de Saint-Amans et sur la place du Bourg. On porte l'image de la Très-Sainte-Vierge et la grand'croix. On prêche le peuple dans l'église ou hors de l'église, suivant le temps.

Le jour de la Pentecôte, procession en chapes à l'extérieur de l'église avec toutes les reliques. On bénit le pain de V Aumône que le chapitre faisait distribuer ce jour-là. Pendant ce temps le curé de la paroisse, capellanus parochiaiis, lit l'évangile Abiens Jhesus (sic). C'est le magnifique évangile de la multiplication des pains par Notre - Seigneur , sur une montagne près du lac de Tibériade. La signification symbolique se découvre facilement. Longtemps, ces distributions, tant celles du Chapitre que celles de la confrérie du Saint-Sacrement et des autres confréries, eurent lieu dans l'église même. Mais de graves désordres étant survenus, l'évêque de Rodez ordonna le 5 mars 1388 (n. st.) qu'elles se fissent au dehors.

Dans la vigile de l'Assomption, après la messe, on parait l'autel majeur, c'est-à-dire qu'on le revêtait d'ornements analogues à la fête. Le jour de l'Assomption, avant matines, on portait sur l'autel majeur la statue de la sainte Yierge. Après les secondes vêpres, procession en chapes sur la place Neuve avec la statue de la très-

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