‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 20 sur 152 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

quatre ans à peine, fut enseveli dans la cathédrale ; la large dalle qui recouvrait ses cendres se voyait jadis au rondpoint (i), en face de la chapelle de Canlobre. Vers 1299, un chanoine appelé Bérenger d'Arpajon est enterré dans la chapelle de Saint-Joseph. A la même époque un autre chanoine du nom de Geraldus de Montealto fut inhumé dans la chapelle de Sainte-Ursule près du pilier rond ; des inscriptions funéraires l'attestent. Et l'on voudrait que Raymond de Calmont, l'illustre fondateur de la cathédrale, n'eût pas suivant ses désirs formels, trouvé une place dans l'intérieur de l'édifice qu'il venait de faire bâtir ! Cela n'est pas croyable.

La seconde preuve se tire du testament de Pierre de Castelnau, neveu et quatrième successeur de Raymond de Calmont. Celui-là pouvait savoir où était le tombeau de son oncle. Or, lorsqu'il s'agit de se choisir à lui-même une sépulture, il ordonne que son corps soit déposé dans l'intérieur de sa cathédrale, ad cathedralem ecclesiam Béate Marie Ruthenensis, à côté du tombeau de Raymond de Calmont, juxta sepulchrum seu tumulum quo jacet corpus bone memorie domini Raymundi quondam episcopi Ruthenensis.

Il est vrai que cette preuve ne serait pas convaincante, s'il fallait en croire l'historien Rose, car il soutient dans ses Mémoires, que Pierre de Castelnau voulut être inhumé

(1) Et non dans la chapelle, comme le dit, par erreur, l'abbé Servières, Histoire de l'Église du Rouergue, p. 253. Sur cette dalle l'auteur fournit quelques détails bons à recueillir : « La pierre tumulaire qui recouvrait les restes du prélat a été transportée à l'évêché [dans la cour du palais épiscopal ou dans l'annexe du musée lapidaire de l'Aveyron ?] Son écusson s'y trouve gravé en creux : de gueules à deux cornets de chasse, au lambel de cinq pendants d'or. » Puisque la dalle tumulaire est encore si bien conservée, ne conviendrait-il pas de la remettre à son ancienne place ? Elle ne déparerait pas le pavé de l'église.

dans l'église des Frères Prêcheurs de Paris. C'est une erreur évidente, et on en voit de suite la cause, quand on lit le testament de Pierre de Castelnau (1). Cet évêque ordonne en effet que son corps soit déposé dans le couvent des Frères Prêcheurs de Paris. Mais si Bosc avait continué la lecture du testament, il aurait vu que ce corps ne devait être là qu'en dépôt, m comwendâ seu deposùo, comme porte l'acte; ses exécuteurs testamentaires étaient obligés dans le délai d'un an, de le faire transporter dans son église cathédrale de Rodez, et de le placer à côté de Raymond de Calment.

L'ancien calendrier de l'Église de Rodez, que nous avons cité plus haut, nous fournit une troisième preuve de l'opinion que nous soutenons touchant le lieu de la sépulture de Raymond de Calment : il ne dit pas seulement qu'il fut inhumé dans la cathédrale, mais encore il précise la place où il fut mis dans cette église ; c'est au milieu du chœur. Voici le texte complet de cette note qui offre tous les signes de la pl,us exacte authenticité.

Anno Domini M^'CO'LXXXXVII'' ultimâ die mensis

(1) Pierre de Castelnau testa à Paris le 16 mai 1334. Nous donnons ici la partie du testament oîi il exprime ses volontés touchant le lieu de sa sépulture : « Et primo animam suam commendavit altissimo Creatori et Beatissime Virgini ejus matri ac toti curie supernorum, corpus vero suum cum ab ejus anima exutum fuerit, poni voluit in commenda seu deposito in ecclesiâ Fratrum Ordinis Predicatorum Parisiensium , usque ipsum vel ejus ossa transferatur ad cathedralem ecclesiam Béate Marie Ruthenensis in quâ, juxta sepulcrum seu tumulum quo jacet corpus bone memorie Raymundi quondam episcopi Ruthenensis avunculi sui, ubi fieri voluit vas, tumulus seu sepulcrum prout convenit dignitati prelature, sine auro taraen et argento, suam elegit perpetuam sepulturametvoluitetordinavitut executores sui infrascripti dictum corpus suum seu ejus ossatransferrifaciant quam citius comode fieri poterint et ad lôngius infra annum, de dictâ ecclesia Fratrum Predicatorxim Parisiensium ad dictam cathedralem Ruthenensem ecclesiam et ibi honorifice tumuletur. » Arch. de F Av. Fonds de Vévêché de Rodez. Liasse des chapelleries et aussi le registre Nos Gilbertus.

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