CHAPITRE II
febroarîi, horâ sextâ, obiit reverendus pater dominus R. de Calomonte episcopus istius Ecclesie Ruthenensis^ qui rexit episcopatum amis X¥'i i7ibus et duobus mensibus ; sepultus fuit in medio chori prima die mensis mardi in nonis, Cujus anima requiescat in pace.
A la suite de cette note nous en trouvons une autre concernant Pierre de Castelnau. Elle confirme admirablement tout ce que nous venons de dire sur le lieu de la sépulture des deux évêques. Elle porte en effet que Pierre de Castelnau mourut à Paris le 18 mai 1334, qu'il y fut honorablement enseveli, et qu'au mois de juin suivant il fut porté à Rodez, et placé au milieu du chœur de la cathédrale, aux pieds ad pedes de Raymond de Calment, son oncle.
Anno Domini M'^CCC' XXXniîl'^ die XVIII mensis madii, obiit Reverendus in Christo pater dominus P, de Castronovo episcopus Ruthenensis Parisiis qui pro jure istius Ecclesie ibi moram traxerat^ et fuit ibi ejus corpus tumulatum honorifice, et deinde mense junii eodem anno deporiatum in medio chori ecclesie Ruthenensis ad pedes domini Ramundi de Calomonte episcopi supradicii avunculi quondam. De isto nobili domino et reverendissimo Petro quidam dixerunt :
Nulli sua usurpavii nec dédit consilium, Ecclesie conservavit posse patrimonium, Parisiis convolavit injuris subsidium.
Nota. Au dernier siècle, à une époque où les traditions de la cathédrale étaient encore vivantes, le monument en question ne passait pas pour être le tombeau de R. de Calment. En 1774 , le chapitre présente requête à l'évêque pour qu'il soit défendu d'inhumer dans l'inté-
rieur de la cathédrale. Il y a un réquisitoire de Dumas, promoteur du diocèse; réquisitoire très-bien motivé et s'appuyant entre autres documents, sur plusieurs chartes anciennes tirées des archives capitulaires. De ces actes le promoteur conclut <l que l'usage d'inhumer dans l'église (( n'était pas encore introduit dans ce diocèse au xii^ siècle « même pour les prêtres et chanoines de l'église cathé- (( drale, et qu'on regardait alors comme une faveur d'être <i enseveli autour de l'église. Privilège que les chanoines a même n'obtinrent que par l'intervention de l'autorité « du pape et de l'évêque. — Ce fut sans doute en consé- « quence de cette permission, qu'ils firent bâtir des tom- « beaux dans les murs mêmes de l'église en dehors. — a On en voit encore quelques-uns attenant le mur de (( Véglise cathédrale, derrière le chœur ^ dans le jardin « d'une des maisons appartenant au chapitre, occupée à « présent par M. Vabbé Delisle, chanoine chantre de cette a église. )) Voilà ce qu'on croyait au xvni^ siècle sur le tombeau faussement attribué à R. de Calment. C'était la sépulture d'un chanoine ou de quelque riche laïque mort au xye siècle; car il ne semble pas qu'on puisse assigner au monument une date plus ancienne. V. Ordonnance de i/sr de Cicé, évêque et comte de Rodez , portant défense de faire des inhumations dans l'église cathédrale de Rodez. 1774. Amans Devic, imprimeur à Rodez.