CHAPITRE III
Bessourccs de l'œavre et travaux de construction au XIV« siècle
La construction de la cathédrale n'avança pas beaucoup durant le xiv^ siècle. Soit que les ressources personnelles des évêques ne leur permissent pas de faire de grands sacrifices , soit que par les malheurs du temps , les aumônes des fidèles fussent devenues moins abondantes, on vit après la mort de Raymond de Calment, les travaux se ralentir peu à peu et cesser même tout à fait pendant de longs intervalles. Il ne faudrait pas croire néanmoins que le découragement fût entré dans le cœur des évêques de cette époque, et qu'ils eussent peut-être renoncé à l'achèvement d'un édifice impossible. Non certes ; malgré tous les obstacles, ils voulurent toujours, d'une volonté ferme, continuer l'œuvre de Raymond de Calment, et comme l'argent était la condition indispensable, ils firent les plus grands efforts pour s'en procurer. On en jugera par les documents que nous nous proposons d'analyser dans ce chapitre. Reprenons la suite des évêques à la mort de Raymond de Calmonl.
Bernard de Monastier (1 ) et Gaston de Corn ses deux successeurs immédiats, n'occupèrent le siège épiscopal de Rodez que pendant l'espace de trois années, de 1298 à 1318. On ne trouve pas qu'ils aient rien fait pour l'avancement des constructions.
Après eux vint Pierre de Pleine-Chassaigne (1302- 1318). Son épiscopat dura seize ans; mais les missions lointaines qu'il reçut du Souverain Pontife le tinrent longtemps éloigné de son diocèse. Il confirma la donation faite à la fabrique par Raymond de Calmont de la moitié des fruits des bénéfices vacants dépendant de sa collation, pour la première année de la vacance. En 1309 le pape Clément V par sa bulle datée d'Avignon, XVII kalend. decemb. pontificatus nostri anno quarto^ accorda, sur la demande du chapitre, trois ans et trois quarantaines d'indulgences aux fidèles qui vraiment contrits et s'étant confessés , visiteraient l'église cathédrale aux principales fêtes de l'année et contribueraient à sa construction par leurs aumônes (2).
Pierre de Castelnau succéda à Pierre de Pleine-Chassaigne en 1318. Le pape l'ayant retenu pendant six ans à la cour d'Avignon, il ne put entrer à Rodez qu'en 1324, le dimanche après la Saint-Géraud. Un de ses premiers soins fut de s'occuper de l'avancement de la cathédrale. En 1325, il adressa pour cet objet, des lettres très-pressantes au clergé de son diocèse. Ces lettres sont datées de Cardaillac près Rodez, le lundi après la fête de saint
(1) Bernard de Monastier revenant de Bourges après sa consécration, arriva à Rodez le 28 octobre, fête des saint Simon et saint Jude, apôtres, 1298. Ce jour-là, à trois heures, il prêta le serment accoutumé devant le grand autel de Notre-Dame. Arch. de l'Av.^ Reg. de Canac, notaire, parmi les titres du chapitre de Rodez.
(2) Arch. de l'Av. Fonds du chapitre de Rodez, caisse de la fabrique, parchemin original, coté lettre B.