‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 23 sur 152 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Jacques apôlre (1). Pierre de Castelnau y rappelle que la cathédrale s'est écroulée en grande partie, il y a quelques années, et que ce qui subsiste de l'ancien édifice est aussi menacé d'une ruine évidente, quod superest de antiquo edificio evidenter etiam minatur ruinam^ que la rei'onslruction a été entreprise sur un plan tellement vaste qu il paraît tout à fait impossible impossibile penitus reputatur^ qu'elle soit terminée avec les seules ressources de la fabrique et sans les aumônes des fidèles. En conséquence, il ordonne aux curés en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication, de faire bon accueil aux envoyés de la fabrique de la cathédrale, qui munis des présentes lettres, iront dans leurs paroisses pour y instituer des confréries, remettre des cartels d'indulgences seu cartellù ponendis et pour recueillir les dons et les legs des fidèles. Il veut que, pendant le temps du carême, dans leurs sermons et au confessionnal, ils expliquent à leurs paroissiens les indulgences portées sur les cartels, et qu'ils les engagent à entrer dans les confréries de l'œuvre, il les exhorte à donner eux-mêmes l'exemple et à se faire inscrire en tête de ces confréries, pour une large aumône annuelle. Vient ensuite l'énumération des faveurs spirituelles qu'il accorde lui-même aux bienfaiteurs de l'œuvre et de celles précédemment accordées par le pape Jean XXII et par l'archevêque de Bourges. Pierre de Castelnau maintint la concession faite à la fabrique par ses prédécesseurs de la moitié des fruits des bénéfices vacants dépendant de sa collation. Il mourut

(1) Arch. de l'Av. Fonds du chapitre de Rodez, caisse de la fabrique, parchemin coté E. En 1321, par lettres datées d'Avignon, le 20 avril, Pierre de Castelnau, évèque de Rodez, avait donné à la fabrique la moitié des revenus des églises vacantes dont la collation lui appartenait en propre. Ibid., Registre de l'évèché.

en 1334 (1) à Paris, où il était allé pour traiter les affaires de son Église ; son corps fut transporté à Rodez et inhumé dans le cathédrale.

Bernard d'Albi son successeur, 1334-1338, ne fit que passer sur le siège épiscopal ; il eut néanmoins le temps d'accorder à la fabrique par son statut du 26 octobre 1336 la moitié des fruits des bénéfices vacants dépendant de sa collation (2). Le motif qu'il allègue, c'est l'extrême pauvreté de la fabrique ex causa summe necessitatis eipaupertatis fabrice ecclesie Ruthenensis. Bernard d'Albi étant devenu cardinal le 18 octobre 1338, se démit de son siège en faveur de Gilbert de Cantobre.

Gilbert de Cantobre (1339-1349), s'occupa de l'ornementation intérieure de l'église ; il décora la chapelle qui portait autrefois son nom, et fit élever pour lui-même le magnifique tombeau qu'on y voit encore. Dans son testament daté de Chaudesaigues, diocèse de Saint-Flour, le 12 mars 1349, il n'y a pas de legs pour la fabrique en vue de la construction de l'église. En 1342 , sur la

(1) Pierre de Castelnau mourut èn 1334 et non en 1336 comme le veut - Bosc. Cela résulte de plusieurs actes de cette année, où il est dit que le siège de Rodez était vacant. Le samedi après la fête de saint Pierre-aux- Liens^ 1334-, Aldebert de Pierrefort, chanoine ouvrier, Fortanier de Gordon et Bérenger M..., chanoines et vicaires généraux, «ec^eyacawie, approuvèrent l'échange fait entre Zacharie Roget, de Testet, et Jean Barthelemi, d'Auzits, d'un jardin contre une maison située sur la place de la Cité et relevant de l'évêque de Rodez. Le samedi après la fête de Saint-Jean - Porte-Latine, 1334, les mêmes vicaires généraux au même titre que cidessus, toujours setie vacante, confirmèrent par l'intermédiaire de Jean Icher, chanoine, leur procureur fondé, la vente d'une pièce de terre sise au Mas de Floyrac, paroisse de Saint-Sauveur, relevant aussi de Tévêque de Rodez et de son église de Saint- Amans de Salmiech. Ibid. Registre notaire de Guillaume Canac, 20 et 29.

(2) Ibid. ( laisse de la fabrique. Parchemin original coté lettre M, et scellé de deux sceaux pendants, celui du chapitre et celui de l'évêque. Le sceau de l'évêque est très-dégradé.

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