CHAPITRE III
demande de Gilbert, le pape Clément VI, par sa bulle datée d'Avignon le 16 des calendes de novembre, première année de son pontificat, accorda cent jours d'indulgence aux fidèles qui visiteraient l'église cathédrale et qui aideraient à sa construction par une aumône (1). Hugues Roger, évêque de Tulle et cardinal, frère du pape Clément YI, administra pendant quelques mois l'évêché de Rodez après Gilbert de Cantobre; il se démit en faveur de son neveu Raymond d'Aigrefeuille.
M. de Barrau dit (2) que Raymond d'Aigrefeuille (1349- 1361) était très-riche, et qu'il paya de ses propres deniers une bonne partie des fortifications que Rodez fit élever de son temps contre les Anglais. Peut-être contribua-t-il aussi à la construction du clocher qui dut être commencé vers cette époque, mais aucun document contemporain ne le constate. Son testament du 14 et son codicille du 17 juillet 1361 qui contiennent un si grand nombre de legs, n'en portent aucun pour la fabrique. Par ses lettres du 10 mars 1355, datées du château de Muret, il accorda des indulgences aux bienfaiteurs de l'œuvre (3). L'acte est presque la répétition de celui de Pierre de Gastelnau. On y recommande aux curés la bonne réception des quêteurs, l'institution des confréries de l'œuvre confratrie fabrice, le soin de s'y inscrire les premiers, de parler deux fois par an bis tantum in annum à leurs paroissiens de la pauvreté de la fabrique de la cathédrale, et de leur exposer les indulgences accordées
(1) Arch. de l'Av. Fonds du chap. de Rodez, caisse de la fabrique, parchemin coté lettre D.
(2) Chronologie des évêques de Rodez^ dans le tome IV des Mémoires de la Société' des lettres, sciences et arts de l'Aveyron.
(3) Arcti. de l'Av. Fonds du chap. de Rodez, caisse de la fabrique, parchemin coté lettre F.
à ses bienfaiteurs. Uaymond«d'Aigrefeuille eut pour successeur son frère Faydit d'Aigrefeuille.
Quoique, d'après les historiens, Faydit d'Aigrefeuille (1361-1369) ne soit jamais venu à Rodez, et qu'il ait fait administrer son diocèse par des vicaires généraux, il n'eut garde d'oublier l'œuvre de la cathédrale. En 1365 (n. st.), lettres datées d'Avignon le dernier jour de février (1), il accorda de nombreuses faveurs spirituelles aux bienfaiteurs de la fabrique, et fit aux curés du diocèse des recommandations semblables à celles que nous avons signalées dans les mandements de Pierre de Castelnau et de Raymond d'Aigrefeuille. La même année, par lettres datées d'Avignon le 28 mars, il chargea son vicaire général Aimeric Lavernhe, archidiacre de Monlpezat, de confirmer le statut de ses prédécesseurs qui donnait à l'œuvre la moitié des fruits des bénéfices vacants de sa collation (2). En 1365, le pape Urbain V, par une bulle datée d'Avignon, ni'' des ides de février, troisième année de son pontificat, accorda un an et quarante jours d'indulgences à ceux qui visiteraient l'église cathédrale de Rodez aux principales fêtes de l'année, et contribueraient à sa réédification par leurs aumônes (3). Faydit d'Aigrefeuille se démit de son siège en 1369.
Jean de Cardaillac, patriarche d'Alexandrie, administra le diocèse de Rodez pendant dix ans, de 1369 à 1379. En 1371, lettres datées d'Avignon 16 septembre, il confirma les concessions faites par Faydit d'Aigrefeuille en faveur de l'œuvre (4). Bertrand de Rafln (1379-1387), fut
(1) Arck. de VAv. Fonds de l'évêché. Caisse des privilèges, parchemin original coté lettre R.
(2) Ibid. Caisse de la fabrique, petit cahier de papier coté n» 3.
(3) Ibid. Parchemin coté lettre A .
(4) Ibid. Parchemin coté lettre H.