CHAPITRE IV
OU à l'établissement qu'on voulait doter, revenait la plus grosse part des fruits, sans la charge des âmes et sans l'obligation de résider. Voilà ce que l'on appelait être prieur. Le curé ou vicaire perpétuel prenait le reste des fruits, il administrait la paroisse et par conséquent il était tenu à la résidence.
Pour rentrer dans notre sujet , disons donc que rien n'était plus conforme aux usages de l'époque, que cette double union des églises d'Aleyrac et de Curan à l'œuvre de la cathédrale. Aussi le pape Martm V, par sa bulle du 2e des calendes d'août 1428 , chargea-t-il l'évêque de Vabre, l'abbé de Conques et l'official de Narbonne de les confirmer (1). Il s'éleva pourtant quelques difficultés au sujet de l'église d'Aleyrac. Antoine de Castelnau, seigneur de Calmont-d'Olt dans la mouvance duquel ce prieuré était situé, sous prétexte que l'union préjudiciait à ses intérêts, mit la main sur les revenus et les retint injustement durant plusieurs années. Le motif allégué, c'est que d'après l'acte d'union, il ne devait plus y avoir à Aleyrac qu'un vicaire nommé par le chapitre vicarius conductiiius au jieu d'un vicaire perpétuel vicarius perpetuus. Toutes les remontrances qui furent faites au seigneur de Calmont étant demeurées sans résultat, le pape Eugène IV l'excommunia le 9 juillet 1431 (2). Contraint par ces mesures de rigueur, Antoine de Castelnau finit par céder. Un accord amiable régla qu'il y aurait dans la paroisse d'Aleyrac un vicaire perpétuel dont la nomination appartiendrait au seigneur de Calmont, la présentation au chapitre et l'ins-
(1) La bulle du pape Martin V est datée de Genezani, Penestrin. Diœc, II, Kal. Augusti, pontificatus nostri, anno undecimo. — - Arch. de VAv. Fonds du chap. de Rodez, caisse de la Fabrique. Parche min coté lettre &.
(2) îbid. Pièces originales, cotées A. H. et A. I.
titution à l'évêque (1). En 1436 le pape Eugène IV confirma cet accord (2). Ainsi se termina le différend relatif à l'union du prieuré d'Aleyrac à la fabrique.
Vital de Mauléon se démit de son siège en 1429. Peu de temps après, le pape Martin V nomma pour lui succéder Guillaume de la Tour d'Oliergues, prévôt de Clermont- Ferrand. De son côté, le chapitre ne voulant pas laisser périmer son droit d'élection, choisit pour évéque Pierre d'Ëstaing, archidiacre de Conques, l'un de ses membres les plus distingués. Entre les deux prétendants il y eut une lutte longue et vive qui se termina par l'entremise du Saint-Siège. Guillaume de la Tour prit possession du siège de Rodez en 1432.
Sous cet épiscopat qui dura plus d'un quart de siècle, et qui fut si bien rempli, notons d'abord quelques faits relatifs à la dotation de l'œuvre. En 1433, le pape Eugène IV, commet l'abbé de Conques pour confirmer les statuts des précédents évêques de Rodez qui attribuaient à la fabrique la moitié des fruits des bénéfices vacants de leur collation pendant la première année de la vacance. Raymond, abbé de Conques ne mit celte bulle à exécution que le 12 avril 1437 (3). On trouve de semblables confirmations du même pape Eugène IV en 1438, des Pères du concile de Bâle en 1435 et 1438 (4).
M. de Gaujal dit que Guillaume de la Tour poussa vivement la construction de la cathédrale, et MM. Magne et H. de Barrau assurent qu'il fit bâtir les deux dernières travées du chœur, le transept et les deux premières travées
(1) Arch. de l'Av., Fonds du chap. de Rodez, caisse de la Fabrique, Pièces cotés A. G. et A, K.
(2) Ibià. Parchemin coté A. F.
(3) Ibid. Deux parchemins cotés N.
(4) Ibid. Pièces cotées des lettres 0. P. Q.
Armoiries de G. de laTour , évêque de Rodez