‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 3 sur 152 · PRÉFACE. XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XI

gin dont on se servait pour monter les pierres à une si grande hauteur (1).

On connaît à présent les matériaux employés à la composition de ce livre. Il nous reste à dire quelques mots sur leur mise en œuvre. La méthode que nous avons suivie est des plus simples. Nous nous sommes borné à résumer les détails que fournissent les documents originaux, et, tant que nous avons pu, nous les avons classés d'après l'ordre chronologique. Nous ne voulions pas que le lecteur fût forcé de nous croire sur parole; pour lui donner le moyen de vérifier l'exactitude de nos assertions, nous rapportons soigneusement en note les textes sur lesquels nous nous appuyons. Nous avons même reproduit in extenso m\i dans ces notes soit à l'Appendice les documents les plus importants (2).

Plusieurs, peut-être, vont se récrier contre la longueur des pièces justificatives. Pour notre excuse nous dirons que ce qui manque le plus chez nous ce sont les documents, non les documents classés et numérotés, mais les documents transcrits en entier ou du moins très-largement analysés. Il me semble que l'histoire duRouergue changerait d'aspect si une foule de pièces qui

(1) Du point où s'élevait jadis la Chartreuse, au fond des allées du Foirai, on aperçoit dans le lointain, vers l'Orient^ le rempart de la ville et la cathédrale avec son grand clocher à moitié construit.

(2) Monteil, Traité des matériaux manuscrits, t. II, p. 370, dit : « Je ne croirai jamais un auteur d'une histoire des siècles anciens quand il n'aura pas de notes. »

gisent dans la poudre des archives publiques ou particulières étaient enfin mises au jour. Celles que nous publions ont servi pour notre ouvrage, mais elles ne seront pas sans utilité pour d'autres. Il en est des vieux textes comme de ces mines riches où l'on peut encore découvrir quelques parcelles d'or, même en venant après un grand nombre de chercheurs.

Nous sommes assurément bien loin de croire que ce travail soit parfait et qu'il n'y manque rien. Dans la description de la cathédrale, par exemple, on trouverait, sans doute, plus d'une chose à critiquer. Ce qui nous paraît incontestable et ce que nous nous sommes attaché à faire ressortir, c'est la ressemblance de la cathédrale de Rodez avec les cathédrales de Glermont, de Limoges et de Narbonne, avec cette dernière surtout. Elle peut, comme les trois autres, servir à montrer ce que devint l'architecture ogivale à la fm du xiii^ siècle en quittant l'Ile-de- France et la Picardie, son pays d'origine, pour s'établir au Midi dans des contrées où l'architecture romane dominait exclusivement.

Un autre fait important qui n'échappera pas à l'attention du lecteur, c'est que la cathédrale de Rodez a été bâtie par des maçons du pays (1). —

(1) Suivant M. Crozes, Monographie de la cathédrale d'Alby, page 32, « le jubé et le chœur de Sainte-Cécile furent construits par une de ces compagnies d'ouvriers maçons qui, dans les xiii^ et xiv^ siècles, parcouraient la France, la truelle d'une main, le ciseau de l'autre, et

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