CHAPITRE
La fabrique
Les revenus propres de la fabrique n'entrèrent jamais que pour une très-faible pari dans les moyens d'exécution. Il n'en est pas moins intéressant d'étudier à quel chiffre ils s'élevaient, et surtout par quels moyens ils s'accrurent au moyen âge. Disons quelques mots d'abord sur l'organisation administrative de l'œuvre.
Organisation de Vœuvre, Les personnes qu'on voit figurer dans l'administration de l'œuvre sont le chapitre , révêque , le chanoine ouvrier et le procureur de la fabrique.
1° Au chapitre revient la direction et l'intendance de la fabrique (1). Il délibère sur /es dépenses, arrête les comptes annuels du procureur et fait les baux à ferme par enchères
(1) Il y avait à la cathédrale trois branches de revenus : la mense capitulaire ou la grande mense ; 2" la mense des anniversaires ou des obits. A cette double source de revenus correspondaient les deux bayles ou commissaires ; 3° l'œuvre. Ce fut toujours la branche la moins prospère. L'autel de la paroisse avait aussi sa fabrique organisée comme toutes les fabriques paroissiales du Rouergue. L'élément laïque y occupe une grande place. Les consuls de la cité étaient les patrons de cet autel. Les charges matérielles du culte leur incombaient pour une très-grande part
publiques, dans la salle capitulaire, après avoir convoqué au son de la cloche tous les intéressés. Il intervient dans les traités passés avec les maîtres maçons pour la construction de la cathédrale. On en peut lire la preuve dans les textes publiés à l'appendice.
2° L'évêque participe à l'administration de l'œuvre. Cela résulte de plusieurs Monuments anciens. Les comptes du procureur de la fabrique des années 128^-1289 et 1293- 1294 sont rendus devant les délégués du chapitre et de l'évêque et c'est Raymond de Calment qui les approuve tant en son nom qu'au nom du chapitre par un acte scellé de son propre sceau. L'évêque est partie dans tous les marchés faits pour la construction de l'église. Au xyii^ siècle, on essaya d'exclure l'évêque de l'administration de la fabrique. Un accord du 28 mars 1642, entre Bernardin de Gorneillan et les députés du chapitre, vint bientôt reconnaître et confirmer ses anciens droits. Il fut réglé que l'évêque serait présent aux baux à ferme de l'œuvre, conformément à la bulle du pape Martin V pour la confirmation de l'union des bénéfices de Curan et d'Aleyrac à la fabrique, et en outre, qu'on procéderait annuellement à l'audition et à la clôture des comptes du procureur de l'œuvre au jour de Saint-Jean-Baptiste, et dans le palais épiscopal, quand l'évêque sera à Rodez et y voudra assister, et en son absence, dans la maison capitulaire où l'évêque pourra aussi envoyer un député de sa part (1).
3° Le chanoine ouvrier avait le soin et la sollicitude journalière de l'œuvre. Il proposait les dépenses au chapitre et signait les mandats qui étaient ensuite contre-signés par le secrétaire du Chapitre.
{l) Arch. de l'Aveyron, fonds du chapitre de Rodez, compositions entre l'évêque et le chapitre.