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CHAPITRE IX

Le chanoine ouvrier n'a pas été établi par Raymond de Calment, ainsi qu'on le prétend. Son origine remonte bien plus haut. Un statut rendu en 1215 (1) par révéque Pierre de Henry, pour la réorganisation du chapitre de la cathédrale, porte qu'à l'avenir il y aura quatre archidiacres et douze chanoines, qu'un des chanoines sera sacristain, un autre chantre, et un autre ouvrier, operarius. Parmi les archidiacres et les chanoines qui, en 1234, demandèrent au pape la confirmation de l'élection de B..., archidiacre de Beziers (2), comme évêque de Rodez, figure un Hugo operarius. En 1281 Raymond de Calment unit à Youvrerie l'église de Saint-Georges de Cam boulas. Les termes de cet acte (3) ont pu induire en erreur les historiens, car

(1) In nomine Domini nostri Jesu Christi anno ejusdem M^COXV, iionas julii, Nos Petrus Dei gratiâ episcopus Ruthenensis videntes et considérantes utilitatem Ruthenensis ecclesie, interveniente voluntate tocius capituli et consensu venerabilis Patris R, Sancti Stephani in Celio monte presbiteri cardinalis apostolice sedislegati, statuimus et decernimus quod in ecclesia Ruthenensi sint quatuor archidiaconi tantum et duodecim canonici tantum quorum numerus non liceat sine authoritate domini Pape

augere Volumus insuper ut unus canonicus sit sacrista, alius pre-

centor, alius operarius. Ut attamen hec omnia comodius fiant et honestius, domos circa ecclesiam pertinentes ad ipsam Volumus canonicis assignari... . Ebdomadarios Volumus esse IIIP' et quod unicuique assignentur L sol. pro vestibus annuatim. Arch. de l'Av. F. du chap. de Rodez, caisse des statuts, petit cartulaire coté A, 0.

(2) Pierre de Henry mourut le 2 des nones de mars 1223 (6 mars 1234 n. st.). Les chanoines élurent à l'unanimité pour évêque de Rodez, M" B. archidiacre de l'Église de Beziers, Ecclesie Bitferensis. \\& demandèrent au pape la confirmation de cette élection le 6 des nones d'octobre 1234. A cet acte assistèrent plusieurs archidiacres et chanoines et huit le certifièrent de leur sceau. Le siège de Bourges était alors vacant. Arch . de PAv. , fonds du chap. de Rodez, caisse des privilèges. Titre («riginal coté S.

(3) Officium vero opero sive ipsam operam, quod officium si nondura in ecclesia cathedrali fuerat, pro comodo et utilitate ipsius ecclesie de novo Creamus, de ecclesia Sancti Georgii de Cambolacio ad uostram collationem hactenus pertinente Dotaraus et Unimus in perpetuum et realiter Astiignaraus. Arch. de l'Av., fonds du chap. de Rodez, caisse des compositions. Original en parchemin.

ils semblent indiquer un établissement de Vouvrerie. Mais en réalité, Raymond de Calment ne fit que doter et ne créa pas l'office de chanoine ouvrier qui existait longtemps avant lui.

Vouvrerie quoique dénommée comme simple office était néanmoins un bénéfice, parce qu'elle avait été attachée à une prébende canoniale par le statut de 1215. D'après l'accord de 1281, elle était à la collation exclusive de l'évêque.

4° Le procureur de la fabrique percevait les fruits et les revenus de l'œuvre et en donnait quittance. Il nommait et révoquait les quêteurs. Il surveillait les constructions et les réparations de la cathédrale. C'était le mandataire, le negoiiorum gestor du chanoine ouvrier qui avait seul le droit de le nommer. Le procureur de l'œuvre était toujours un ecclésiastique. En 1386 son salaire était de 40 fr. d'or.

Recettes de l'œuvre. Elles comprennent les articles suivants :

1 ° Pension de 50 livres rodanois sur le prieuré de Saint- Georges de Camboulas, à payer par le chanoine ouvrier. Elle fut réservée dans l'acte d'union de cette église à Vouvrerie en 1281. Dans un relevé des biens de la fabrique en 1726, ces 60 livres rodanais sont cotées pour 33 livres, 6 sols, 8 deniers tournois. C'est le plus ancien revenu fixe de la fabrique.

2° Prieuré simple de Saint-Pierre de Curan, uni à la fabrique en 1426. Dans la déclaration de 1726, son produit est évalué à la somme de 1,900 livres.

3" Prieuré d'Aleyrac annexé à l'œuvre en 1426. Son revenu en 1726 était de 900 livres.

4° Champarts et rentes foncières du village du Pouget, paroisse d'Inières. En 1126 elles rapportaient 80 livres.

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