CHAPITRE IX
5° Bassin de l'œuvre. Au moyen âge, on recueillait à l'église , comme encore aujourd'hui, les offrandes des fidèles dans des bassins. Un testament de 1320 en mentionne quatre à la cathédrale : un pour la fabrique, un pour le luminaire, un pour le vêtement des pauvres, et enfin un pour les pauvres honteux. En 1426 la quête du bassin de 1 œuvre produisait environ 20 livres tournois, déduit le salaire du quêteur qui se montait à 10 livres tournois. Le bassin de Tœuvre figure pour le même chiffre de 20 livres dans les comptes de la recelte de la fabrique de l'année 1507-1508.
6° Tronc de l'œuvre. C'était là bien mieux encore qu'au bassin, que les pauvres gens du peuple pouvaient verser leur denier pour contribuer selon leurs moyens à la construction du temple de Dieu. Dans les comptes de 1507- 1508 le produit du tronc est ainsi désigné : de pecuniis repertis in tronco fabrice ; il s'élève au chiffre minime de 11 livres, 10 sols, 3 deniers.
7° Produits des bénéfices vacants dans le diocèse. C'est là une ressource créée pour la construction de la cathédrale et qui finit après son achèvement au xyi^ siècle. Quand un bénéfice de la collation de l'évêque devenait vacant, la moitié des fruits pendant la première année de la vacance était attribuée à l'œuvre. Bertrand de Chalençon étendit celte charge à tous les bénéfices de la collation du chapitre et réduisit au quart la portion de fruits échus à la fabrique. Nous n'avons vu nulle part le chiffre de ce produit.
8° Legs testamentaires. Les testaments renfermant des legs pour l'œuvre sont très-nombreux ; on ne peut les rapporter tous. Bornons-nous à l'un des plus intéressants : c'est celui de Guillaume Malrieu, natif de la CitédiQ Rodez et curé de Curan, en date du 11 septembre 1460; il institue
la fabrique pour son héritière universelle, sous la condition que ses biens seront employés à garnir de vitraux les fenêtres du chœur (1).
Donations entre vifs. Souvent on n'attendait pas la mort pour faire acte de générosité envers la fabrique ; on donnait pendant la vie. Quelques-uns même surveillaient l'emploi des fonds et bâtissaient à leurs dépens, soit des chapelles, soit d'autres portions déterminées de l'édifice. Témoin Georges de Vigoureux en 1461.
Nous rangerons sous le même paragraphe les libéralités des évêques de Rodez. Raymond de Calment, Guillaume de la Tour, Bertrand de Chalençon, François d'Estaing, brillent entre tous ; leurs aumônes furent immenses. On peut dire en vérité que la cathédrale est surtout l'œuvre de nos évêques.
9° Quêtes dam la ville et le diocèse de Rodez. Dans les comptes de l'œuvre de l'année 1293-94, la quête de la Cité de Rodez est évaluée à 78 livres 17 sols rodanois, celle du Bourg à 4 livres 2 sols 5 deniers rodanois, celle du diocèse à 120 1. 8 s. 7 d. rodanois.
Les espèces monétaires n'étaient pas le seul objet des quêtes, on percevait aussi des denrées. Dans l'enquête faite en 1426 pour l'union des prieurés d'Aleyrac et de Curan, l'un des témoins, Raymond Vernet, curé de Moyrazès, ancien procureur de la fabrique , déclare que les quêtes produisaient annuellement 80 setiers de blé, 7 pipes de vin et 40 ou 50 livres tournois, payés les quêteurs qui d'ordinaire pour leur travail, prenaient le tiers des pro-
(1) Voîo eciara et ordino quod solutis funerariis legatis et debitismeis predictis, quod bona mea exponantur in dicta fabrica per exequutores {sic) raeos in vitriis superioribus chori dicte ecclesie cum consilio tamen honorabilis viri domini operarii dicte ecclesie. Arch. de l'Av., fonds du chapitre de Rodez, caisse de la fabrique, parchemin B E.