CHAPITRE X
quoi il n'y a pas de portes de ce côté. « On remarque sur le plan dWmiens les escaliers posés à l'extrémité des bas-côtés du chœur et précédant les chapelles. Ces escaliers sont comme un dernier reflet des tours placées sur ces points dans les églises normandes, et qui, comme nous l'avons dit se voient encore à Chartres. Nous les retrouvons dans les cathédrales deBeauvais, de Cologne, deNarbonne, de Limoges, qui sont toutes des filles de la cathédrale d'Amiens. » (Viollet-Le-Duc.) Il en est de même à Rodez, et c'est du côté du nord, près de l'escalier, que fut bâti le grand clocher à la fin du xiv® siècle.
« Dans la plupart des plans des églises du moyen âge du xi^ au xm siècle, on observe que l'axe de la nef et celui du chœur forment une ligne brisée au transept. On a voulu voir dans cette inclinaison de l'axe du chœur (ordinairement vers le nord) une intention de rappeler l'inclinaison de la tête du Christ mourant sur la croix. Mais aucune preuve certaine ne vient appuyer cette conjecture qui n'a rien de contraire, d'ailleurs, aux idées du moyen âge, et que nous ne donnons ici que comme une explication ingénieuse sinon complètement satisfaisante. » (Yiollet-Le-Duc.) Rien de semblable ne se voit à la cathédrale de Rodez. La ligne qui coupe l'édifice en deux parties égales est droite et régulière. Au reste, cette déviation de l'axe longitudinal n'a encore été constatée formellement dans aucune église du Rouergue.
Dimensions générales. La cathédrale de Rodez mesurée intérieurement a de longueur totale 107 mètres, de largeur, entre les deux portails latéraux, 36 mètres, de hauteur, sous la clef de voûte du transept, 30 mètres. Telles sont, ou plutôt telles devaient être à peu près les dimensions de la cathédrale de Narbonue, car le chœur seulement a été terminé. Les cathédrales de Ciermont et
de Limoges sont un peu moins grandes. Celle de Clermont, par exemple, n a pour longueur totale de l'édifice que 80 mètres hors d'oeuvre et 70 mètres dans œuvre. Les voûtes ont près de 28 mètres de hauteur. La cathédrale d'Amiens est conçue d'après des données beaucoup plus vastes. Total de sa longueur dans œuvre IS^ mètres, longueur du transept, depuis le portail méridional jusqu'à celui du nord, 59 mètres, hauteur des maîtresses voûtes, 42 mètres. La plus haute des deux tours qui encadrent la façade occidentale de la cathédrale d'Amiens ne compte que 68 mètres d'élévation. La tour du clocher de Rodez en a juste 20 de plus, c'est-à-dire 88 mètres.
Fondations et appareil. Les fondations, bien que construites avec simplicité, nous paraissent excellentes. Les grandes pierres taillées n'y entrent pour rien ; c'est du pur blocage, fait en moellons schisteux et du bon mortier, de lapidibus et semento, comme l'indique un texte de 1465(1). On pouvait, il n'y a pas longtemps, en voir la preuve au sud et au nord, non loin des portes, sur des points où l'édifice a été déchaussé par suite de l'abaissement du sol environnant. Ces fondations sont établies sinon peut-être sur la roche vive, du moins sur un terrain très-résistant. Nulle part il n'y a d'excès d'épaisseur. Le fort empâtement en talus de l'ouest est nécessité tant par la hauteur des tours que par la déclivité du terrain. A l'intérieur les piliers ne portent pas sur des massifs isolés, ils sont tous reliés entre eux par des murs souterrains (2); on ne procéda jamais autrement dans les
(1) Voir ce texte dans le bail à prix-fait de la fondation d'un pilier de la cathédrale. Appendice n» X.
(2) Le bail à prix -fait de la construction des deux derniers piliers du chœur (Appendice n^ V) le dit en ces termes : Et fayre lo fundamen daquels, que la hun puesca atenge lautre daquels que so fachs.