‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 69 sur 152 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Bases. La base des piliers est formée d'un socle, d'une plinthe et d'un tore très-aplati. Les plinthes et les socles sont octogones ; il n'y a ni griffes, ni feuilles d'attache. Ce genre de base se voit à tous les piliers du chœur et à toutes les piles de tête des chapelles jusqu'à la troisième travée de la nef inclusivement. Ici commence un autre système. La plinthe disparaît pour faire place à un second tore. Entre les deux tores règne une large et profonde scotie.

Archivoltes. On appelle de ce nom les arcs bandés sur les piles et supportant la charge des murs (VioUet-Le- Duc, Dict. de VArch. française)^ ou seulement les bordures simples ou ornementées qui régnent autour des arcs. Les archivoltes font communiquer le milieu de l'édifice avec les bas-côtés et les chapelles. Nous n'avons pas ici, bien entendu, des arcs plein cintre ; ce sont tous des arcs brisés dits en tiers-point. A l'abside, les piliers étant plus rapprochés les uns des autres, l'ogive est très-surhaussée et très-pointue ; ce qui donne aux archivoltes du rond-point une légèreté et un élancement remarquables. Les archivoltes des chapelles ont à peu près la même ouverture et la même hauteur que les archivoltes qui s'ouvrent sur les bas-côtés. Celles-ci n'ont pour décoration que des tores, des gorges et des filets. Au chœur et à la nef il y a même nombre de gorges, trois; mais au chœur les gorges sont plus profondes et les tores plus gros. Toutes ces moulures viennent expirer inachevées contre le pilier même avant d'avoir atteint le tailloir.

Bandeau. Un peu au-dessus des archivoltes règne une assise de pierre saillante, assez basse et décorée seulement de deux tores. Ce bandeau est un repos pour l'œil ; il marque le niveau du sol du triforium et sépare les étages du monument. Il court tout autour de l'édifice,

mais s'arrête aux piliers sans passer par-dessus. M. Magne dit que le bandeau ne paraît pas être à la même élévation des deux côtés de la nef. Quand cela serait vrai, il ne faudrait y voir qu'une de ces négligences d'exécution si communes dans les meilleurs édifices de toutes les époques. Mais en fait, nous croyons que l'assertion n'est pas exacte. La différence de niveau tient peut-être seulement à une illusion d'optique.

Triforium. Ce terme que nous devons aux archéologues anglais, désigne la galerie pourtournant intérieurement l'église au-dessus des archivoltes des collatéraux et par extension à l'arcature qui s'ouvre sur la nef centrale. Nos maçons du Rouergue, au moyen âge, se servaient d'un mot plus simple et plus clair. Us appelaient la galerie du triforium une allée, en langue vulgaire a%a. A Rodez, comme à Narbonne, l'arcature du triforium est d'une simplicité rare. Elle offre tantôt deux baies, tantôt quatre baies, comme la fenêtre dont (bien que séparée par un bandeau) elle semble n'être que le prolongement. Chaque baie rectangulaire encadre un arc trilobé pris dans toute l'épaisseur du mur. Partout les moulures qui entourent l'arc et les jambages sont rondes ou toriques excepté dans les trois dernières travées de la nef où elles deviennent prismatiques. On n'aura pas oublié que ces travées datent de l'épiscopat de François d'Estaing (1505-1529). La galerie étroite du triforium fermée par un mur mince est prise aux dépens des reins de la voûte des bas-côtés. Elle est basse, trapue (trois mètres de haut sous plafond et un mètre de large), obscure. Elle tourne extérieurement autour des piliers (Clermont, Limoges, Narbonne surtout) et se prolonge dans tout le circuit de l'édifice. Au transept et sur le mur pignon de l'ouest la galerie quitte l'extérieur pour passer dans l'intérieur. Au sud et à

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