CHAPITRE X
mur et qui se profilent comme une moitié d'arc ogive ou (l'arc-doubleau prennent le nom d'arcs-formerets. Quoiqu'ils entrent dans le système de la voûte gothique, on peut à la rigueur s'en passer; le mur et l'archivolte de la fenêtre les remplacent. A Rodez (non à Clermont) la voûte est pourvue de formereis; ils sont spécialement mentionnés dans le bail à prix fait du chœur de la petite église de Palmas.
Les arcs ogives ne sont pas liés avec les moellons de la voûte; ils s'en détachent et se soutiennent par leur épaisseur et par la coupe de leurs claveaux. Ce sont comme des cintres permanents en pierre sur lesquels reposent les triangles de remplissage. Nous disons les triangles parce qu'eu effet les espaces couverts les plus irréguliers sont toujours réduits en triangles. Ces voûlains faits de petits moellons taillés à l'équerre, à angles rentrants et à pendendifs trèsinclinés, sont très-minces et très-légers. L'épaisseur est de centimètres. Ils sont séparés et indépendants les uns des autres et les poussées sont dirigées sur les piliers et sur les arcs-boutanls extérieurs. — Au rond-point du chœur les triangles de la voûte sont égaux, et les arcs rayonnants viennent buter leur tête à une clefplacée à la même hauteur que l'arc-doubleau (Clermont, Limoges). Pour en arrêter le gauchissement on a bandé deux branches d'arc ogive destinées à contrebuter puissamment la clef.
Clefs de voûte. Les clefs placées à l'intersection des arcs ogives furent, pour les architectes du moyen âge, un des plus beaux motifs de décoration intérieure. Dans la cathédrale de Rodez les clefs des voûtes hautes n'offrent pas de sculptures; elles sont seulement, au centre, percées d'un trou pour le passage d'un fil de suspension. Aux bas-côtés et aux chapelles de la partie primitive les
clefs sont sculptées de rosaces à plusieurs lobes. Les armoiries commencent à se montrer sur les clefs de voûte des chapelles carrées du chœur. Ce système d'ornementation dure jusqu'aux dernières travées. Au bas de l'église on voit plusieurs fois l'écusson de François d'Estaing peint sur bois ou sur pierre. Il a été rapporté après coup , et semble ne tenir à la clef réelle que par une tigette de fer passant à travers le trou central avec une clavette au travers de ce trou à l'extrados. — Dans le bail à prix fait de l'église de Pal mas du 3 décembre 1516, le maître maçon s'engage à placer en la clef de voûte du chœur ung fer mis avec du plomb sous la condition que François d'Estaing le fournira.
Pavage, 11 consiste (sauf pour le chœur qui a son dallage spécial de bois et de marbre) , en grandes et fortes dalles calcaires d'environ 0,75 cent, de côté, jointes ensemble et disposées d'une façon irrégulière. Peut-être y eut-il jadis, çà et là, quelques pierres tombales gravées et incrustées. L'usage où l'on fut jusqu'en 1775 d'enterrer les prêtres et même les laïques sous le pavé de l'église semblerait justifier cette hypothèse. On cite notamment la belle dalle funéraire de l'évêque Gaston de Corn en 1303, dans les bas-côtés, en avant de la chapelle de Cantobre. Mais, ni celle-ci ni aucune autre du même genre n'ont été conservées. Le sol n'offre maintenant qu'une vaste surface grise d'un ton uniforme et froid sans profit pour la décoration intérieure du monument. Il paraît qu'au xvn<= siècle les chanoines avaient été frappés de ce défaut, car ils entreprirent de rehausser le dallage grisâtre de la nef par six lignes de pavé rouge rangées symétriquement, trois dans le sens de la longueur, trois dans celui de la largeur. Nous donnons ci-après, l'ana-