‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 74 sur 152 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Deseription de la cathédrale À l'extérieur.

Après avoir traité dans le chapitre précédent des di~ verses parties de la cathédrale à Tiiitérieur, nous passons à l'extérieur. Là se trouvent aussi des membres d'architecture très-importants et très-caractéristiques. Nous allons les décrire tous de notre mieux. Puis nous donnerons quelques détails sur la tour du grand clocher.

Contreforts, Ce sont des piliers extérieurs bâtis pour contrebalancer les poussées intérieures des nefs. Ils présentent la forme rectangulaire. Les six grands contreforts du chevet ont une assez forte saillie (S"", 50 pris sur le socle). Quant aux autres, leur saillie ne dépasse pas 1",50. Ils conservent tous à leur sommet une saillie presque égale à celle de leur plan. On les voit se retraiter seulement de quelques centimètres par des bandeaux en larmier protégeant les parements des faces à diverses hauteurs. Il y a un premier ressaut en larmier qui se confond avec le bandeau continu du soubassement, un deuxième au niveau de l'imposte des fenêtres, un troisième à ta base des pinacles. Les pinacles sont Irès-élevés (plus élevés que dans les cathédrales du nord) atin sans doute de

mieux accroître par leur poids la stabilité des contreforts et de résister plus sûrement aux poussées des ars-boutants. Ils se terminent en triangle suivant la pente d*un comble à deux égouts d'une longueur inusitée. L'architecte n'a pas voulu que la pluie et la neige pussent séjourner longtemps à la surface. Dans un climat rigoureux comme celui de Rodez, ce système ne semble pas déraisonnable. — L'ornementation des contreforts est d'une grande sobriété (1). Ceux de la partie primitive de la cathédrale (fin du xiii^ siècle) n'offrent que des arcatures très-simples. Les autres n'ont pas même ce genre de décoration. Sur les derniers contreforts de la nef, bâtis au xvi^ siècle, sont creusées des niches destinées à contenir des statuettes, mais qui n'en eurent probablement jamais. Les pinacles sont garnis d'aiguilles prismatiques hérissées de crochets. — Deux tourelles terminées en pyramide forment contrefort aux extrémités du chevet, au nord et au sud. Les escaliers en vis qu'elles renferment conduisent sur la plate-forme. Depuis longues années on ne se sert plus de l'escalier méridional ouvrant dans la chapelle de Saint-Antoine.

Arcs-boutants. La première et la principale destination des arcs-boutants, c'est de contrebutter à distance et par-dessus les bas-côtés (2) la poussée des voûtes de la

(1) Les deux derniers contreforts, au midi, sont ornés de l'écusson de Georges d'Armagnac : EcarteM au iet i lion montant^ au 2 et d léopard lionne'. L'écusson a des dimensions extraordinaires; c'est un genre de décoration tout à fait exceptionnel.

(2) Nous disons que les arcs-boutants passent par -dessus les bas-côtés Là où il n'y a pas de bas-côtés, les arcs-boutants sont inutiles. Les églises à une seule nef n'en eurent jamais. On n'en voit pas à Sainte-Cécile d'Alby, à Notre-Dame de Villefranche, de Rouergue, aux églises de Villeneuve, de Belraont, de Saint-Alfrique , de Saint-Sernin , à la cathédrale de Vabre, etc. Le contrefort pousse directement, et sans arc-médiateur, contre le mur de la nef.

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