‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 80 sur 152 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de portail à Toccidenl. Est-ce un système particulier de plan? Non. Il n'y a là qu'un accident, motivé par des besoins locaux, et qui ne détruit pas la rèj^le commune. En 1474, Bertrand de Chalençon, pour terminer l'édifice, tut obligé de couper la ligne des remparts, et nous avons vu plus haut les embarras que lui suscitèrent à ce propos les consuls de la Cité. Ils mettaient en avant le prétexte de la sûreté de la ville. Que n'auraient-ils pas dit, si l'évêque eut tenté d'ouvrir de grandes portes en cet endroit ! Mais Bertrand de Chalençon qui avait de Tintelligence et du tact, et qui n'était pas moins bon patriote que les consuls, se garda sagement de le faire. Les portes eussent été d'ailleurs sans but et sans utilité, car la ville, au xv^ siècle, ne dépassait pas l'enceinte des murailles et ne s'étendait pas comme de nos jours sur le quartier de la place d Armes et du Foirai. Voilà certainement pourquoi la cathédrale n'a pas de porté sur la façade occidentale et pourquoi elle est réduite à ses deux grands portails latéraux (1).

Cette façade qui servait de rempart à la ville répond bien, du reste, à sa destination. En la regardant on se croirait devant la muraille d'un château fort du moyen âge. Les deux tours qui flanquent l'édifice sont massives et sans ornements. On n'y voit que trois ou quatre bandeaux carrés, quelques écussons armoriés, de rares et étroites baies, deux surtout au bas du mur-pignon, étroites et longues comme des meurtrières. (Exception pour la

(1) Ceux qui dans un but d'unité chimérique réclament une porte à l'occident, se fourvoient incontestablement. Elle n'était pas dans le plan de l'architecte. En cherchant le neuf et le prétendu beau, on s'expose à ne rencontrer que le laid. Car, dit M. de Caumont, si on creuse la porte à l'extrémité de la nef, quelle dimension pourra-t-elle avoir, resserrée qu'elle sera entre deux contreforts? Dans quel rapport sera-t-elle avec la hauteur de l'édifice? {Congrès archéologique de Rodez, 1863.)

tour sud-ouest qui a trois étages de grandes fenêtres.) Les tours sont inégales de hauteur. Ni l'une ni l'autre ne sont achevées. Un modeste toit d'ardoises à quatre pentes les recouvre. Au droit des grosses tours, deux tourelles peu saillantes renferment deux escaliers en vis. L'un, celui de la tour sud-ouest, s'appelle l'escalier du serpent ; il est très-beau ; l'autre, dans la tour du nord-ouest est construit en labyrinthe. A cause de la rupture et de l'usure de plusieurs marches, il est devenu presqu'impraticable. Ces deux escaliers aboutissent à une même porte, située au fond de l'église. Le mur-pignon est plus orné dans le haut. Il y a d'abord une galerie avec balustrade en claire-voie au niveau de la coursière des fenêtres, ensuite la rosace dont il a été question dans l'intérieur, par-dessus la rosace une autre galerie avec balustrade crénelée, enfin le pignon en style de la Renaissance (1).

Une figure symbolique. Dans une niche carrée, au bas de la tour nord-ouest, du côlé septentrional, on voit une grande figure emblématique, très - difficile à expliquer. M. de Gaujal, Etudes historiques sur le Rouergue, vol. III, p. 395, lui consacre deux ou trois pages. Dans son opinion, ce ne peut être qu'une représentation de Ruth, la fameuse divinité erotique ? des Ruthénois. Mais est-ce le sphinx? Est-ce Jupiter? Est-ce la figure symbolique de l'Hercule phénicien, patron de la civilisation gauloise?

{1 ) On prétend que la cathédrale est bâtie sur une crypte ou plutôt sur un étage souterrain, reproduction exacte du plan du chœur et de la nef. Quelques-uns même, par trop crédules, affirment qu'on y descend par la petite porte du bas de l'église. C'est une grande erreur. L'inspection des lieux ne laisse pas le plus petit doute à cet égard ; et les documents écrits n'y font pas la moindre allusion. L'espèce de crypte qui parait avoir existé sous l'autel majeur de la cathédrale ancienne ne fut pas, tout l'indique, conservée ni reproduite dans la nouvelle. On n'a pas même, ce qui se voit pourtant dans beaucoup de cathédrales, songé à construire une crypte pour la sépulture des évêques de Rodez.

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Clocher vu de la place de la Cite.

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