CHAPITRE XI
élage ; des fenêtres très-évasées laissent abondamment se répandre le son. Rien de remarquable à l'intérieur. La voûte en arcs d'ogive ressemble aux voûtes des étages précédents; seulement, au lieu des armes du chapitre que l'on voit au rez-de-chaussée, la clef de voûte, ici comme au troisième étage, porte les armes de François d'Estaing. A l'extérieur se montre la première de ces galeries avec balustrades ajourées et festonnées qui ceignent la tour comme d'un triple diadème et lui donnent un aspect si élégant et si léger.
Le cinquième et dernier étage est fortement en retraite sur les précédents. Une galerie marque cette retraite. Les murs pleins ont disparu ; il ne reste que des points d'appui minces et des vides. Les tourelles presque détachées du noyau central se relient entre elles par des contreforts et des arcs-boulants. Du milieu de cet étage part un escalier en limaçon qui conduit jusqu'à la plate-forme supérieure et la dépasse même de quelques mètres. Une lanterne couronne l'escalier. Sur le dôme se dresse la statue de la très-sainte vierge Marie ; au-dessous est placé le timbre de l'horloge. La plate-forme est dallée en grès et entourée d'une très-jolie balustrade. Nous voici à quatrevingt-sept mètres ou environ deux cent soixante-un pieds au-dessus de la butte de Rodez Le clocher domine la ville et tout le pays d'alentour à une grande dislance. C'est vraiment le roi de la contrée. Image, dit M. l'abbé Magne, de cette puissance spirituelle qu'exerce sur toutes les autres l'église mère du diocèse.
Escaliers du clocher. Il y en a de trois sortes. L'escalier inférieur construit en dehors du plan de la tour ne lui appartient pas en propre. Il servait pour monter sur la plate-forme des chapelles; l'architecte l'utilisa pour le service du clocher. Pendant plus d'un siècle, il n'y en eut vraisemblable-
io6 HISTOIRE DE LA CATHÉDRALE DE RODEZ.
ment pas d'autre. La reconstruction de la tour au xvr siècle, amena d'autres principes et d'autres besoins ; on y pourvut de la manière la plus simple et la plus facile. Un escalier en vis pratiqué dans l'une des quatre tourelles conduit sans peine aux troisième et quatrième étages. Pour s'élever jusqu'au sommet, il faut suivre le bel escalier tournant dont nous parlions tout à l'heure. Il tient peu de place, et monte de fond comme une échelle verticale. Les pleins sont tellement réduits, qu'il n'y a pour ainsi dire que des vides et des ajours.
Décoration du clocher. L'architecte a déployé une extrême magnificence dans le haut du clocher. Examinons d'abord les balustrades. Elles sont percées d'ajours et couronnées de festons. Les ajours au lieu des lignes contournées comme on en voit au portail méridional, au mur-pignon de l'ouest et sur les balustrades du sud, n'offrent que de très-élégants quatrefeuiiles inscrits dans des formes quadangulaires. De petits frontons surmontent les arcades; il s sont garnis de crochets et se terminent par des bouquets de feuillage. Des festons trilobés pendent à l'intrados des arcs comme des stalactites dans les cavernes. Sur le mur il serait difficile de rencontrer des parties nues ; toute la surface est remplie soit par des niches, soit par des sculptures symétriques qui ressemblent à des panneaux de boiserie. L'architecte du clocher au xvi*^ siècle les désignait par ces mots caractéristiques de menusarias de peyra menuiseries de pierre. Notons enfin que toutes ces sculptures un peu grossières d'aspect, sont taillées dans le grès. Elles gagnent à être vues de loin. C'est pour cela que l'architecte ne les a placées qu'au sommet de la tour.
Iconographie duclocher. François d'Estaingavaitsesidées particulières en iconographie. Nous en citerons seulement