‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 88 sur 152 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

coiffée d'un chapeau de cardinal (1) muni de houppes; il tienl dans ses mains la patle d'un lion dressé devant lui.

4 La stalle de l'évéque est encore plus remarquable. Elle est formée de trois panneaux, dont les deux latéraux sont découpés à jour. Le dôme supérieur a de curieux une magnifique clef pendante, la seule que l'on remarque dans toyute la cathédrale ; il s'élève ensuite en forme de pyramide flanquée à chaque angle de quatre clochetons toujours sculptés avec la même élégance et la même variété. C'est dans toute l'acception du mot percé à jour. » (L'abbé Magne.) Ce couronnement pyramidal rappelle la flèche d'un clocher gothique. L'ange qu'on voit au sommet, sonnant de la troinpette, fut, il y a trente ans, refait par un artiste ruthénois.

Les parois du chœur, au-dessus des stalles , étaient tendues de tapisseries de haute lisse. On voit encore les pitons à crochet qui servaient à suspendre ces tapisseries. Elles étaient maintenues seulement au chef, tombaient jusqu'à la boiserie et cachaient les archivoltes. La Révolution les avait épargnées ; elles étaient encore intactes en 1825 lorsqu'on entreprit la restauration intérieure de la cathédrale. L'architecte fut alors contraint de les détacher du mur. Mais la restauration finie, comment n'eut-on pas l'idée de les remettre en leur place et d'en assurer ainsi

(1; D'après une concession de l'évêque Pierre de Plaine-Chassaigne, au commencement du xiv^ siècle , les quatre archidiacres de la cathédrale avaient le droit de porter la soutane rouge et les quatre chanoines chapiers celui de porter la mitre dans les grandes cérémonies. Ils étaient donc alors quelque peu cardinaux et quelque peu évêques, du moins par le costume. Ici l'artiste a voulu peut-êlre faire allusion à ce privilège du chapitre. — Le bref récent (29 décembre 1874) et si honorable du pape Pie IX, pour l'érection de la cathédrale de Rodez en basilique mineure, rappelle des privilèges presque du même genre.

la conservation pour de longues années? Pour l'architecte sans doute, comme pour MM. les fabriciens de Notre-Dame, les tapisseries du chœur étaient des objets sans valeur. L'avenir le montra bien. Ces grandes tentures à personnages destinées à orner verticalement les murailles se changèrent bientôt en vulgaires tapis de pied ; ils furent employés à toute sorte d'usages. De là Tusure précoce et inévitable des tissus, de là des accrocs, des déchirures et des suppressions sans nombre. C'est maintenant un ouvrage perdu à jamais et perdu, hélas! par la négligence et l'incurie de la fabrique. Tous les vandalismes ne datent pas de 93.

Le nombre des pièces de tapisserie placées au-dessus des stalles était au moins de cinq ou six. Que représentaient-elles? nous ne le savons pas. C'étaient peut-être des scènes tirées de TEcriture Sainte ; on y voyait, dit-on, Moïse frappant le rocher de sa baguette dans le désert de Sin. Ces belles tapisseries d'un travail si remarquable dataient du xvi« siècle (1) et je crois même, qu'elles avaient été données à la cathédrale par le chanoine François Bilhart.

Nous voici maintenant dans la partie ronde du chœur où est placé l'autel principal et où se célèbrent les saints mystères, c'est le sanctuaire. On disait autrefois le pre^by luire en souvenir de l'enceinte sacerdotale autour de l'autel sous le ciborium des basiliques. Il s'élève de plu-

(1) M. l'abbé Alibert, Congrès archéologique de Rodez, 1863, p. 96, signale un lambeau de tapisserie « représentant la naissance du Sauveur et sur lequel brillent , plusieurs fois répétées , les armes de la maison d'Estaing. » — Le chaîioine François Bilhart, dans son testament du 17 août 1567, donne, pour commencer d'orner sa chapelle du Saint- Sacrement, aujourd'hui de Saint -Roch, dix pièces de tapisserie de Flandre, et il veut qu'elles ne soient employées qu'ûwa: usages de l'église.

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