‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 89 sur 152 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

sieurs marches au-dessus du niveau du chœur, et présente deux plans successifs. Ledallage est formé d'une couverture uniforme de marbre rouge. Il se composait jadis d'une mosaïque de marbre noir et blanc ; on en peut voir encore quelques fragments au bas des marches du sanctuaire.

Pour tout ameublement, le sanctuaire n'a qu'un bel autel de marbre blanc avec gradins construit sur le deuxième plan au fond de l'abside. Un grand crucifix surmonte le tabernacle, et derrière, sur un échafaudage en bois, paraît la statue de la Vierge immaculée due au ciseau de rilluslre Gayrard. Il ne sera pas difficile de prouver que l'aspect de l'ancien sanctuaire ne ressemblait en rien à celui d'aujourd'hui et même qu'il valait mieux, ne fût-ce qu'au point de vue pittoresque. Il y avait d'abord deux autels ; un petit autel dédié à saint Martial et l'autel majeur sous l'invocation de Notre-Dame.

L'existence de l'autel de Saint-Martial est prouvée par plusieurs titres anciens. Les chanoines et les prêtres hebdomadiers avaient seuls le droit d'y célébrer la messe. En 1392, certains prêtres s'étant permis d'y placer une image de sainte Cécile, le chapitre ordonna qu'elle fût enlevée. L'ordonnance est motivée sur ce qu'il ne convenait pas qu'il y eût dans le chœur d'autres images et d'autres lampes que celles de Notre-Dame et de saint Martial (1). En 1426, le chapitre s'engage à célébrer

(J) Le 10 mai 189â , \e bedeau, bedellus, de l'église de Rodez, publia à haute voix, au milieu du chœur, que de cette heure en avant, « nuUus presbiter cujuscumque status et condicionis existeret, nisi esset hebdoraadarius aut canonicus vel in antea major, auderet, atemplaret, presumerel ab illa hora in antea celebrare in allure beaii Marcialis ecclesie prelibate nisi vocatus, subdelegatus per hebdomadarios aut per unura eorumdem pro missis cura nota ordinariis celebrandis ut antiquitus extiterat observatura et ordinaturn, et diclara ordinationem, inhibitionem et statu-

douze obits pour le maréchal de Sévérac à Tautel de Saint- Martial, près de l'autel majeur, ud allare Sancti Marcialis situm propre altare majus ejusdem ecclesiœ. En 1649, le pape Innocent X transféra le privilège de Tautel du Saint-Soulier à celui de Saint-Martial, situé dans le chœur. Ce petit autel s'élevait à l'extrémité du rond-point dans l'axe de l'église et touchait les piliers comme l'autel de Saint-Guillaume à la cathédrale de Bourges et comme celui de Saint-Vaast à l'ancienne cathédrale d'Arras. Il y avait un autel semblable à la cathédrale d'Alby (1). Nous savons que la destination du petit autel de derrière dans toutes les églises était, en général, de recevoir les reliquaires, et de servir en quelque sorte de trésor. A Rodez, par exception, les reliquaires furent toujours conservés dans un local particulier en dehors du chœur.

Le maître-autel venait après celui de Saint-Martial. 11 était placé sous la clef absidale. Sa forme a subi quelques variations dans la suite des âges.

L'autel de l'ancienne cathédrale consistait en une table de marbre blanc supportée par quatre colonnettes. Cette table existe encore ; elle est attachée au mur, dans la chapelle du Sacré-Cœur, au-dessus du tombeau de G. de Cantobre; elle a 2^,40 de long sur 1™,30 de large ; elle est creusée en forme de plateau, à neuf centimètres de

tum (licti venerabiles domini de capitule prelibato voluerunt hic scribi ad rei memoriara per in perpetuum duratururn. Item jusserunl dicti venerabiles domini de capitule procuratori fabiice ut amoveret quamdam ymaginem béate Cecilie quam aliqui dominorura fecerant mitti in dicto altari Heati Marcialis et eara poneret in quadam decenti capella, quod non erat conveniens, quod nuUa altéra ymago neque lampas raaneret intra chorum predictum, nisi tantum Béate Marie et Beati Marcialis^ ut in exordio ecclesie fuerat ordinatum et observatum. » Archives de l'Aveyi^on, fonds du chapitre de Rodez. Ordo officiorum, P 19, v».

(1) Voir dans le Bulletin monumental j vol. XL, p. 124, un intéressant mémoire sur la cathédrale d'Alby, par le baron de Rivières.

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