‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 92 sur 152 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

recevoir la sainte Hostie, de ces lourdes armoires qu*on appelle des tabernacles, a L'Eucharistie se conservait dans des vases faits, les uns en forme de colombe , les autres en forme de tour, qui étaient tantôt suspendus, tantôt renfermés dans des armoires placées à côté de Tautel dans la muraille. Ces deux modes de conservation étaient indifféremment usités (1). ))

Le rélable d'argent décrit plus haut semble exclure la possibilité qu'il y ait eu au xv^ siècle un tabernacle en forme d'armoire sur l'autel majeur (2). Mais au xvi% sous François d'Estaing, il y en avait un sur l'autel paroissial de la cathédrale (3); il y en avait même dans les autres églises du diocèse. C'était un usage presque général, et dans ses visites pastorales François d'Estaing s'attache à le faire prévaloir. Il veut que l'armoire de forme pyramidale soit placée sur un point culminant de l'autel, non à

(1) Caumont, Cours d'antiquités monumentales, VI, 166

(2) Pourquoi y aurait-il un tabernacle? Le Saint-Sacrement n'était pas conservé sur l'autel du chœur ; on le plaçait, au xv^ siècle, dans la chapelle du Sai.ît-Soulier ou des reliques. Après les formalités delà visite de la cathédrale, par B. de Chalençon, en date du 10 mai 1466, le procèsverbal dit : Quibus expletis prefatus dontinus episcopus continuando suam visitationem, sequentibus dominis canonicis , pervmit ad sanctum Sabatonem ubi sacrum corpus Domini consuevit servare. Il visita le ciboire qui renfermait le corps de Notre-Seigneur , et ensuite il regarda tous les reliquaires et joyaux de ladite église qui ibidem in armario Sabatonis servantur. Archives de l'Aveyron, tit. de l'évêché de Rodez. Registre. Cet usage était fort commun. Martène et Durand, religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, dans leur Voyage littéraire , citent plus de dix-huit autels majeurs, où , de leur temps (en 1717), il n'y avait encore aucun tabernacle.

(3) Cathédrale de Rodez, pénultième jour de novembre, 1505. Ad altare parochiale ipse dominus accessit pro videndo corpus Domini qiiod visitavit , eumdem de armario et custodia exeundo. L'évêque demanda ensuite au curé si l'autel de la paroisse était bien pourvu d'ornements : Qui dixit quod non multum; attamen domini de capiiulo ac consules ville ienebantur id facere. — Archives de l'Aveyron», fonda de l'évêché, Journal des visites pastorales de François d'Estaing.

côté et en dehors ; et pour que les fidèles distinguent mieux le lieu de la réserve eucharistique, il prescrit de faire représenter sur l'étoffe placée devant le tabernacle deux anges affrontés soutenant un calice surmonté d'une hostie (1).

Si les suspensions, en forme de tour ou de colombe, furent très-usitées en Rouergue pendant le moyen âge, elles ne l'étaient plus guère au xvf siècle. On en trouve cependant un exemple curieux à la petite église de Saint- Michel de Gadamarans près d'Estaing. François d'Estaing dans sa visite pastorale (1524), mentionne une colombe

(1) Eglise de Saint-Amans de Rodez, dernier jour de novembre 1505 : Et accessit apud altare ipsius ecclesie ubi dura fuit corpus Domini de armario exivit. Ibid. Visites pastorales de François d'Estaing. — Eglise de Montjaux, 24 mai 1524 : Precepitque domino Johanni Borias presbitero et Johanni Ricard operariis dicte ecclesie quatenus réservationem sacratissimi corporis Christi mutarent super altare, et fieri facerent unam capsam amodo (sic) pignaculi pro ponendo dictam sacratissimum eucharistiam. Ibid. — Eglise de Compreignac, 25 mai 1524. L'évêque ordonne aux deux ouvriers de l'église quatenus fieri facerent unam capsam ligni ad modum pignaculi pro ponendo saci^atissimam eucharistiam supra majus altare^ et quod ante dictam reservaiionem apponi facerent unum pannum depictum duobus angelis^ unum calicem cum hostia desuper tenentihus et etiam crucifixum supra dictum altare majus existentem amoverent et in alto loco condecenti ponerent. Ibid, — Eglise de Saint-Germain, près Millau, pénultième jour de mai 1524, L'évêque ordonne de faire un tabernacle de bois, custodia est ex lapide et reddit sacraiissimam hostiam humidam. Ibid. — Eglise de Prades d'Aubrac, 26 août 1524, Et precepit Petro de Lobrion et Anthonio Andrée operariis dicte ecclesie quatenus eucharistie fieri facerent armarium pulcfirum et phaleratum admodum pro reservando corpus Christi in modum pinaculif cuspidatum, et depictum ac deauratum; et illud in cornu altaris assignarent in loco alto quod ab hominibus videri possit. Et supra faciem ipsius armarii pannum apponant in quo depingantur duo angeli portantes calicem ma cum hostia supra, adeoque ineuntes^ possint cognoscere locum reservationis. Supra vero faciem parielis depingi faciant in panno hystoriam baptismi Christi et claves cuspidatos in coopertura fontium affigi faciant. Et cruces jacentes super turaulos sculptas deleant ne conculcenlur pedibus. Ibid

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