‹ Histoire de la Cathédrale de RodezChapitre 93 sur 152 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

suspendue au-dessus de l'aulel et où autrefois était renfermé le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. On ne l'y conservait plus alors , parce que le Dom était trop pauvre pour entretenir une lumière devant le Saint-Sacrement.

Le Dom lit remarquer à l'évêque que cette colombe creuse, tournant en tous sens sous l'impulsion du vent, pourrait donner lieu à quelque superstition idolâtrique. Pour couper court à ce péril par trop imaginaire, François d'Estaing prescrivit au Dom d'enlever la colombe (1). Il ne restait plus alors que le moyen de faire sur l'autel un tabernacle-armoire comme partout ailleurs.

Quant au ciel qu'on dit avoir subsisté à la cathédrale de Bourges, il est certain que s'il n'y en avait pas à l'autel principal de la cathédrale de Rodez (2), ce que les textes ne permettent pas de dire, les ciels ou surciels étaient

(1) Visitatio ecclesie bodoraie sive dompnate sancti Michaelis de Cadamarans. Ibidem ecclesia sive capella cum altari consecrato quod Dominus ipse visitavit. Campanella una, et in superficie altaris predicti uiia columba enea sive cuprea in qua olim, in ejus concavitate, condebatur corpus Cliristi ; tamen nunc non conditur, pro eo quod idem dompnus cessavit a reservatione eucharistie tenenda, cum paupertate oppressus non posset tenere lumen suis expensis ante ipsâm reservationera. Et antiquitus, quedam bona rauUer de Cadamarans solebat, caritate mota, intretenere (sic). Habet Dompnus parvam domum pro se. Et Dompnus asseruit domino, quod ipsa concavata columba semper ad faciem venti

vigeniis faciem versus vertebat (sic) Dominus precepit Dompno

quatenus amoveret columbam vacuam ad evertendam ydolatriam (sic). — Dans cette petite église les reliques étaient en grand nombre. J'ai noté celles-ci : Reliquiarium unum lusteum in modum capse in quo sunt reliquie videlicet : unus capillus Béate Marie, de sepulchro et cruce Domini, Béate Marie Magdalenes (sic), Sanctorum Marcialis, Martini, Laurentii,

Eustacliii De presepio Domini, de pelra super quara sedit Dominus,

de ligno de porta aurea, de ligno quod Deus plantavit, de pallio in quo sancta Fides fuit involuta. Ibid.

(2) Dans le mémoire cité plus haut sur la cathédrale d'Alby, nous lisons ce curieux détail : « 11 y a au-dessus du dit autel (1698), un grand dais suspendu à la voûte de l'église avec une chaisne de fer, qui couvre tout l'autel. Le dit dais est garny de pentes rouges de camelot ondé, fort vieux, »

parfaitement en usage dans le Rouergue, et ils existaient soit avec les custodes suspendues soit avec des tabernacles-armoires ; on les trouve même sur les autels des chapelles.

Dans son testament du 10 avril 1427, le chanoine Aimeric Gausserand lègue deux écus d'or à l'église de Cassagnes, sive de Gotrenx pour faire à la chapelle de Saint-Michel un surciel, supracelum, pareil à celui de la chapelle de Saint-Jacques (1). Le journal des visites pastorales, de l'évêque Bernardin de Corneillan en 1634, mentionne au grand autel de l'église de Grammond ung tableau de sainct Jean- Baptiste au détrompé, un petit retable de bois avec surciel sans façon, et à l'église de Trémouilles un surciel peint (2). En 1853, j'ai vu un surciel ou petit baldaquin à l'autel principal de l'église (ancienne abbatiale) de Silvanez.

Au milieu de l'autel s'élevait un crucifix, comme à Bourges, à Clermont et ailleurs. Cependant la présence de la croix sur l'autel n'était pas encore en Rouergue, au XVI" siècle, d'un usage général et obligatoire. Nous voyons que dans sa visite à l'église de Compreignac (1524), François d'Estaing prescrit d'enlever le crucifix de l'autel et de le placer dans un autre lieu convenable (3).

Les autres accessoires de l'autel sont indiqués dans un texte précieux que nous citerons. Le 17 septembre 1567, Jean Vedel, chanoine et officiai , fonde un quadruple obit

(Ij Item lego amore Deî ecclesie de Cassaneis sive de Gotrenx, pro faciendo unum supracelum iu capella sancti Michaelis sic et prout est in cripella sancti Jacoi)i ejusdem ecclesie vel prout visum fuerit operariis ejusdem ecclesie , duo scuta auri semel. Archives de fAveyron. Fonds du chapitre de Rodez. Caisse de la fabrique, parchemin coté A. &.

(2) Archives de l'Aveyron. Registre des visites pastorales de Bernardin de Corneillan, folios 13 et 302.

(3) Voyez page 176 la note sur l'église de Compreignac^

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