CHAPITRE XII
à célébrer le premier vendredi après le dimanche de la Passion, tout le luminaire nécessaire pour la solennité de l'Assomption et autres fondations, au capital de 630 livres tournois. Sur le luminaire voici ce que l'acte dit :
« Secundement au jour de la feste et solempnité de l'Assomption de Nostre-Dame au moys d'aoust, comme estant patronne et chief d'autel en la dite esglise et la principalle festivité d'icelle, toute la lumière nécessaire au grand autel du dit cueur en la forme et manière, et tout ainsin qu'est accostumé estre faicts et alumés les jours han monseigneur l'evesque de Roudez faict l'office et célèbre en pontisfical, c'est assavoir : six cierges sur le dit grand autel, six aultres sur les six grands piliers qui sont à l'entour du dit autel, quatre au grand chandelier du milieu du dit cueur et dix-huit sur les petits chandeliers qui sont au devant du dit grand autel qui est en tout trentequatre cierges cire ; et que soient chascung du prix de troys cartons, qui puyssent durer touts alumés durant les premières et secondres vespres, matines et la grand'messe du dit jour de la solempnité. — Et s'il advenait que le dit évêque voulût faire l'office au dit jour de l'Assomption, et que le dit evesque étant tenu de faire et fournir le luminaire ce jour-là, le Chapitre ne voulût pas ce jour exécuter la dite fondation, que le cas advenant la dite lumière par lui ainsi fondée soit réservée et faite à l'autre prochaine fête de Notre-Dame ou toute autre que sera advisé par Messieurs du Chapitre (1). d
Nous connaissions déjà par le livre du P. Beau {Vie de François d^Estaing, 1656) les six grands piliers ou colonnes en laiton qui environnaient l'autel ; elles sont dues à la munificence de F. d'Estaing : il avait même fait « une
(1) Archives de VAveyron. Titres du chap. de Rodez. Registre dit des Contrais, (<> 31,
fondation notable pour obliger à perpétuité un maître orfèvre de tenir toujours cet ouvrage net et en bon état ». Cette disposition se retrouve d'ailleurs dans toutes les cathédrales françaises. Sur chaque colonne se dressait un ange portant un chandelier pour le service des grandes fêtes et des messes solennelles.
Les dix-huit petits chandeliers placés au devant du grand autel reposaient sur la traverse de laiton qui fermait le sanctuaire. Cette traverse n'est autre chose que la poutre, trabes ou tref qu'on trouve partout , en bois dans les modestes églises (1), en bronze dans les riches cathédrales.
Le P. Beau la décrit ainsi : une grande et haute balustrade de laiton avec divers rangs de piliers. Elle s'appuyait d'un côté sur les deux colonnes les plus éloignées de l'autel, et de l'autre sur le chambranle des portes du chœur, et peut-être, comme le dit l'abbé Magne, le milieu venait s*arrondir devant l'autel en forme d'arcade pour supporter une croix.
Le testament de Jean Vedel ne mentionne pas de couronnes ou ivues de lumière suspendues à la voûte. Le grand chandelier du milieu du chœur pouvait, à la rigueur, y suppléer. Mais s'il n'y en avait pas au grand autel, il pouvait y en avoir aux autels secondaires. Plusieurs églises du diocèse en possédaient. En 1401, Pierre Peyrand lègue aux roues de la sainte Vierge et de saint Biaise de l'église
(1) La poutre surmontée d'un grand crucifix existe encore dans l'église romane de Saint-Laurent, de Salles-la-Source, près de Rodez. Je l'y ai vue au mois d'août 1866. C'est un exemple rare de conservation. On le doit surtout, à ce que Saint-Laurent n'est plus église paroissiale depuis le commencement de ce siècle. Le vandalisme n'a eu là ni l'occasion, ni
motif de se produire. Les trous symétriques que l'on voit, dans beaucoup d'églises, aux piliers de l'arc triomphal (l'arc qui sépare le chœur de la nef)j servaient pour placer la poutre