‹ Histoire de la cavalerie française (volume 2)Chapitre 22 sur 49 · Schncit (Pierre- Henri- Joseph), 25 septembre · texte numérisé non relu

Schncit (Pierre- Henri- Joseph), 25 septembre

Les Arquebusiers de Grassin, levés en 1744, les Fusiliers de La Morlière, levés le 1 6 octobre 1745, et les Volontaires bretons qui dataient du 20 octobre 1 746, furent réunis en un seul corps le i^' août 1749, sous le nom de Volontaires de Flandre. Les trois corps qui furent ainsi réunis, après la paix d' Aix-la Chapelle, avaient des effectifs assez élevés. Chacun d'eux comptait i ,060 fusiliers et 640 dragons ou hussards. Leurs costumes étaient bizarres. Ainsi les fusiliers de La Morlière portaient Thabit brun, couleur inusitée jusque-là dans Tarmée française, avec les parements, le collet, la veste et la culotte demi-écarlate, des brandebourgs de laine de la même couleur, des guêtres noires et un bonnet noir bordé de blanc. Les dragons portaient en outre une aiguillette demi-écarlate. Leur veste était jaune, la culotte de peau de chamois ; leur coiffure était un casque de fer, portant sur le devant trois fleurs de lys de cuivre jaune, avec un turban écarlate. Leur équipage était en peau de mouton bordée de jaune.

Les Volontaires bretons avaient une pelisse à la hussarde, de couleur ventre de biche, avec des agréments bleus; la veste bleu de roi portait des parements et des agréments ventre de biche. Ils avaient une écharpe ou ceinture mi-partie ventre de biche et rouge. La culotte était bleue, le bonnet noir bordé d'un galon jaune et orné

Guyenne. io5

d'une aigrette blanche. La pelisse des hussards était bordée de peau noire, et leur équipage était bleu.

L'uniforme des Volontaires de Flandre fut bleu, habit, veste et doublure, avec des poches en long, la culotte blanche, les parements et les revers rouges, les boutons et boutonnières blancs, le chapeau bordé d'argent.

Ce corps fut partagé en deux le i^^ avril 1767, conformément à l'ordonnance du 25 mars, à Touverture de la guerre de Sept ans, les Volontaires de Flandre et les Volontaires du Hainaut, chacun de 6 compagnies de 70 hommes, dont 3o de cavalerie.

Les Volontaires de Flandre ont fait toutes les campagnes d'Allemagne de 1767 à 1762. Ils se sont fait remarquer dans une foule d'actions partielles et aux batailles d'Haastembeck et de Corbach. L'organisation du 21 décembre 1762 transforma le corps en Légion de Flandre, ayant la même composition que la légion royale, et pour arriver à cette composition on versa dans ses rangs les Volontaires du Dauphiné supprimés.

La légion de Flandre prit alors un costume singulier : habit jaune, doublé de jaune; collet, revers et parements verts ; veste jaune à patelettes vertes sur les manches, boutons blancs. L'équipage des dragons était jaune et bordé d'un galon blanc. C'était sans doute une fantaisie de

io6 Histoire de la Cavalerie,

M. de Jaucourt, alors mestre de camp. Elle ne dura guère, puisqu'en 1 766, toujours sous M. de Jaucourt, la légion quitta le jaune pour prendre l'habit bleu céleste foncé , avec le collet, les revers, les parements, la veste et la doublure blanches, avec des patelettes bleu céleste à la veste. L'équipage des dragons devint en même temps une schabraque en peau de mouton bordée en drap bleu céleste.

La légion de Flandre, après avoir occupé les garnisons de Givet en 1763, de Sarreguemines en 1764, de Vienne en 1765, de Guise en 1766, de Bourg en 1767, de Montbrison en 1769, du Puy en 1772, de Strasbourg en 1775, fut supprimée à Falaise, par suite de l'ordonnance du 25 mars 1776, et versa ses 4 escadrons dans les régiments de dragons de la Reine, du Dauphin, de Monsieur et d'Artois.

Repris en 1779, ces 4 escadrons réunis à Bouquenom formèrent le 2® régiment de chasseurs à cheval, qui, associé à un bataillon de chasseurs à pied, porta de 1784 à 1788 le titre de Chasseurs des Pyrénées, et, rendu à lui-même en 1 788, est devenu le 8® régiment avec le titre de Chasseurs de Guyenne. Le corps reçut alors un 5® escadron formé d'hommes provenant de Nassau , Franche-Comté, Septimanie, Évêchés et Quercy.

Pendant ces transformations, le régiment était allé en 1779 à Toul, en 1780 à Vitry, en 1782 à

Guyenne. 107

Maubeuge, en 1784 à Guingamp, Pontivy et Ploërmel, en 1786 à Philippeville, en 1786 au Puy, en 1788 à Saint-Avold, en 1789 à Sarrelouis, eii 1 79 1 au Fort-Louis du Rhin et en 1 792 à Neubrisach. La même année, il fournit 2 escadrons à Tarmée du Centre et 2 escadrons à l'armée du Nord, Tescadron de dépôt demeurant en Alsace.

Le 2® chasseurs a fait, en 1792, la campagne de Valmy, et poursuivit les Prussiens jusqu'au Rhin. Il a contribué à la conquête du Palatinat et fait les sièges de Mayence et de Landau. Une partie de ses escadrons passa en Vendée et figura à la bataille de Laval. C'est sans doute à quelque incident de cette campagne qu'il faut attribuer la condamnation par le tribunal révolutionnaire, le i3 novembre 1793, et Texécution à mort du chef de brigade de BériU

Les autres escadrons servaient contre l'étranger et se distinguèrent à Fleurus et à Altenkirchen. Le régiment , réuni à l'armée du Rhin et Moselle, puis aux armées du Danube, d'Helvétie et du Rhin, se signala à Freising, à Bibetach, à Zurich, à Schaffausen, à l'Iller et à Hohenlinden. En 1 80 1 , après un repos à Thionville, il servait en Batavie, et après la paix il demeura en garnison à Bréda, Leyde, Flessingue, La Haye, Utrecht et Deventer jusqu'en 1804. Il était réuni au camp d'Utrecht lorsqu'il reçut l'ordre de join-

io8 Histoire de la Cavalerie,

dre la grande armée. Il se trouva, en i8o6, à la bataille d'Iéna, et partit ensuite pour rallier l'armée d'Italie.

En 1809, il marcha avec l'armée italienne contre PAutriche, et combattit d'une manière brillante au passage de la Piave, à Raab et à Wagram. En 1810, il fut employé dans le Tyrol. En 18 12 il fait la campagne de Russie; en 1 8 1 3 et 1 8 1 4, une partie du corps fait partie de la garnison de Hambourg; l'autre suit la fortune de la grande armée et se distingue à Montereau, à la Fère-Champenoise et devant Paris. En 181 5, le régiment fait partie du 4^ corps d'armée. Il avait pris, le i®' juillet 18 14, à Gray, le nom de Chasseurs de Bourbon. Licencié en 181 5, il semble avoir complètement disparu. Nous ignorons ce que son fond est devenu. Si les hypothèses que nous avons faites sur cinq des anciens régiments de chasseurs qui se trouvaient dans le même cas que celui-ci, ne sont pas vaines, il ne resterait qu'un seul corps de la formation de 1 8 1 6 qui eût pu recevoir le fond de l'ancien 8® de chasseurs, c'est le 14® régiment de chasseurs du Morbihan, formé à Pontivy le i«' janvier 1819, et qui est devenu le 9® chasseurs en i83i.

Lorraine, 109

Page 1