Baron Dukermont (Eugène-François d'Avranges
3 mars 181 3.
iio Histoire de la Cavalerie.
Les Volontaires du Hainaiit, résultat du dédoublement opéré le i®^ avril 1767, conformément à Tordonnance du 2 5 mars, des Volontaires de Flandre, ainsi qu'il a été dit dans la notice du f
8® chasseurs, reçurent alors un uniforme qui ne différait de celui des Volontaires de Flandre, qu'en ceci : les parements, les revers et le collet, au lieu d'être rouges, étaient noirs. Ce corps s'est extrêmement distingué pendant la guerre de Sept ans. En 1757, il débute à la bataille d'Haastembeck et à la conquête du Hanovre. Il s'empare d'Harbourg par surprise, y fait 888 prisonniers, prend deux drapeaux et vingt pièces de canon. Moins heureux en 1758, il est en grande partie fait prisonnier à Minden. Rétabli à la fin de Tannée, il fait la campagne de 1769 embrigadé avec les Volontaires de Flandre, les Volontaires étrangers et les Volontaires liégeois. Cette brigade couvre la marche de l'armée, dissipe les ennemis qui occupaient Borck de l'autre côté de la Lippe, s'empare de Borck le 29 juin. Elle prend part, le i^^août, à la bataille de Minden^ enlève au mois de septembre un régiment de dragons hanovriens à Mandorf, attaque le 27 octobre un détachement baraqué à Nordecken, le disperse et lui prend 5o cavaliers. A la fin de la campagne, aidée de 3oo hommes d'infanterie, elle attaque, dans le village de Langhaus, 1,200 chasseurs de Freytag, force les gardes et les barricades et
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fait prisonniers 5o hommes avec tous les chevaux et les équipages.
En 1760, la cavalerie des Volontaires de Hainaut dégage le régiment des hussards de Bercheny, enveloppé par le prince de Brunswick.
Au mois d'août, le corps emporte d'assaut Munden, et fait prisonniers 400 Hanovriens. En septembre il brûle le pont de bateaux à Hameln sur le Wéscr, et prend deux canons. Il passe Thiver à Gottingcn.
En mars 1 76 1 , avec les hussards de Chamborant, les Volontaires de Hainaut marchent sur Waldeck dont Tennemi bloquait le château. Ils surprennent, le 26, dans le village de Netze, un bataillon de la légion britannique, et l'attaquent avec tant d'impétuosité, qu'ils le forcent à mettre bas les armes. Le lieutenant-colonel d'Origny fut tué d'un coup de feu dans la poitrine. Dans la nuit du 22 au 2 3 août, 600 hommes du corps, après avoir franchi 20 lieues en 24 heures, surprennent à Nordhausen le général Geschray, et le font prisonnier avec 400 chevaux polonais. En septembre, le corps bat sous Hirzbourg les chasseurs de Stackhausen et leur prend 60 chevaux. Apres cet exploit, il prend ses quartiers d'hiver à Langensalza. Ses derniers combats en 1762 sont la surprise d'Halberstadt en juillet, et l'affaire de BruchmUlh, près d'Amenebourg, en septembre.
A la fin de 1762, les Volontaires du Hainaut et les Volontaires d^Austrasie, amalgamés en un corps, devinrent la Légion du Hainaut, organisée sur le même pied que la Légion royale. La légion du Hainaut eut l'habit bleu, la doublure ventre de biche, le collet et les parements noirs, la veste ventre de biche à patelettes noires sur les manches, les boutons blancs. L'équipage des dragons était bleu, bordé d'un galon blanc traversé au milieu par une raie noire.
En 1766, l'habit eut des revers de la couleur du fond. En 1768, quand la légion prit le titre de Légion de Lorraine, la tenue fut quelque peu modifiée. Le collet de l'habit devint bleu; l'infanterie prit la culotte blanche. Les dragons eurent la culotte de peau de chamois, et leur équipage fut fait en peau de mouton, avec une bordure de drap bleu de roi taillée en dents de loup.
La légion de Lorraine, après avoir séjourné quelque temps en Flandre après sa rentrée d'Allemagne, se trouvait en 1764 à Tournon, en 1765 au Puy, en 1766 à Givet, en 1767 au Puy, en 1768 à Annonay, en 1769 à Tournon.
Elle a fait la campagne de Corse en 1769. En 1770, l'infanterie était en Corse et les dragons en Languedoc. En 1771, le corps était réuni à Bitche, d'où il est allé en 1773 à Saint- Lô, en 1774 à Falaise et en 1775 à Tournon. Supprimée en
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1776, la légion de Lorraine a versé ses 4 escadrons dans les 4 régiments de dragons d^Orléans, de Chartres, de Condé et de Bourbon. Ces 4 escadrons, réunis de nouveau en juin 1779, à Neufchâteau, ont formé le 3® régiment de chasseurs à cheval, qui a pris, en 1 784, le titre de Chasseurs des Vosges, et en 1788, avec le numéro 9, celui de Chasseurs de Lorraine.
Depuis sa formation, en 1779, ^^ régiment avait occupé les garnisons d'Epinal en 1779, de Marsal en 1780, de Jussey en 1781, d'Huningue en 1782, de Sedan en 1784, de Vienne en 178G. Il était à Saint-Mihiel en 1788, puis à Rambouillet en 1790, Tétat-inajor à Versailles. En 1792, il avait 3 escadrons sur la Moselle et un à Sarreguemines.
Le 9® chasseurs s'est distingué à Valmy et surtout au combat de Pirmasens, où il tailla en pièces, le 14 septembre 1793, 3 régiments de cavalerie allemande. Pendant les campagnes de 1795 et 1 796, il faisait partie de Tarmée de Sambre et Meuse, et il se signala à Altenkirchen et au passage de la Rednitz. Le chef de brigade AUard fut tué le i3 novembre 1795. En 1797, il est au combat de Neuwied, et en 1798 il passe à Tarmée d'Italie. Le chef de brigade Liébault est mortellement blessé à la bataille de Novi, avant d'avoir vu confirmer le grade qui venait de lui être conféré par le général en chef Son succès-
seur, Gardanne, est blessé à Legnago. Pendant les années qui suivent jusqu'en 1809, le régiment reste en Italie. A la paix d'Amiens, il occupe d'abord les garnisons de Crémone et de Brescia, et en 1 804 il part pour le royaume de Naples, où il fit la guerre aux insurgés des Calabres et des Abruzzes. En 1809, il se distingue au passage de la Piave et fait la campagne d'Autriche avec le viceroi d'Italie. Il revient en 18 10 dans le royaume de Naples. En 1 812, il se remet en marche pour TAllemagne, avec la même armée, devenue le 4® corps de la grande armée, et il fait la campagne de Russie, inscrivant sur ses étendards les noms de la Moskowa, de Mojaïsk, de Krasnoë et de Polosk. En 181 3, il est au i®*" corps de cavalerie de réserve et combat à Leipzig. Le colonel Dukermont, remplaçant Sainte-Suzanne, mort de fatigues à Elbing, en janvier 181 3, avait été blessé d'une balle à l'épaule gauche au combat de Colberg. Le régiment fait la campagne de France au même corps, 'et celle de Belgique avec le 2® corps d'armée.
Le 9® régiment de chasseurs, après la campagne de 18 14, était en garnison à Caen ; il y reçut le titre de Colonel général de l'arme. Après le licenciement de 1 8 1 5, il a versé son fond, en 1 8 1 6, dans le 3^ chasseurs nouveau, des Ardennes. Ce corps est devenu, en i83i, le 3^ régiment de lanciers. C'est aujourd'hui le 1 5» dragons.
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