D'Hautefeuille (Eugène- Gabriel -Louis Texier
!•' mai i8i5.
Ce régiment tire son origine des Volontaires de Clermont'prince, créés le 7 mai 17 58 pour
Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont, sur le pied de 9 compagnies de fusiliers, 2 de grenadiers et 16 de cavalerie. En 1769, cette composition fut modifiée et ramenée à la forme de celle des volontaires de Flandre.
Ces volontaires, immédiatement envoyés en Allemagne, ont pris part aux six dernières campagnes de la guerre de Sept ans. Leur tenue était ainsi composée : habit ventre de biche, collet, parements et doublure rouges, boutons d'étain, boutonnières blanches, veste rouge, casque de cuivre jaune à turban écarlate, aigrette blanche pour les fusiliers, rouge pour les grenadiers. La cavalerie avait aussi Faigrette blanche et, de plus que l'infanterie, des revers rouges.
La réorganisation de 1 763 transforma le corps en Légion de Clermont-prince, ordonnée sur le même type que la Légion royale, c'est-à-dire à 9 compagnies, dont i de grenadiers, 4 de fusiliers et 4 de dragons. L'uniforme resta à peu près ce qu'il était : habit ventre de biche doublé de rouge, le collet et les parements pareils à l'habit, veste rouge à patelettes ventre de biche , boutons blancs. L'équipage des dragons était ventre de biche, bordé d'un galon blanc avec une raie ventre de biche par le milieu.
La légion occupa en 1763 la garnison de Longwy, en 1766 celle de Philippeville, et elle prit cette année le nom de Légion de Condé. Elle
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était en 1768 à Strasbourg, en 1770 à Bitche où sa tenue fut modifiée par Tadoption des revers, des parements et du collet rouge, et d'une schabraqûe en peau de mouton ornée de dents de loup chamois, puis en 1771 à Moncontour et Quintin, en 1772 à Lauterbourg, en 1774 à Haguenau, enfin en 1776 au Puy, où elle fut supprimée.
Sa cavalerie forma 4 escadrons de chasseurs à cheval qui furent versés dans les régiments de dragons de Conti, de Penthièvre, de Boufflers et de Lorraine.
En juin 1779, ces 4 escadrons, réunis à Sarreguemines, formèrent le 4® régiment de chasseurs à cheval, chasseurs des Çévennes, en 1784, et 10® chasseurs de Bretagne en 1788.
On voit ce corps en 1779 à Sarreguemines, au camp de Saint-Omer et à Abbeville, en 1 780 à Phalsbourg et Sarrebourg, puis à Schlestadt, en 1782 à Carcassonne, en 1785 à Huningue, en 1787 à Colmar, en 1788 à Gray, en 1791 à Orange et Lyon. L'année suivante, il avait trois escadrons à l'armée de la Moselle et le quatrième à Strasbourg.
Le I o® chasseurs était à Valmy sous les ordres du colonel d'Elbée, promu général de brigade le 8 mars 1793, et qui pourrait bien être identique, quelque improbable que cela paraisse, avec le futur généralissime des paysans vendéens. Il a III. 7.
fait les campagnes de 1793 et 1794 à Tarmée du Rhin, et s'est trouvé au blocus de Landau et aux affaires de Weissembourg et de Manheim. De 1795 à 1797, il est sur les Alpes et en Italie, et se distingue à Mondovi, à Lodi, à Borghetto, Lonato, Roveredo, Bassano, Trévise et Mantoue, au passage de la Piave et de Plsonzo. Ses services furent sans doute très-appréciés par le général en chef Bonaparte, car, à la formation de la garde des consuls, un grand nombre d'officiers et de soldats du 10® chasseurs furent appelés dans cette garde. Les deux premiers colonels de la garde des consuls, Ordener et Colbert, avaient été colonels du régiment. Rapp était capitaine au corps lorsque le premier consul en fit son aide de camp. Le régiment s'était surtout illustré le 19 mars 1797 au combat de Gradiska, où il culbuta^ i ,000 Autrichiens et en prit 800. Pendant que le gros du corps prenait part à ces immortelles campagnes de l'armée d'Italie, il avait deux escadrons attachés à l'armée de l'Ouest. Ces escadrons qui provenaient de la garnison de Mayence étaient commandés par le colonel Zeller, c'est-à-dire qu'à ce moment le régiment avait deux chefs de brigade. Les escadrons de Vendée s'étaient recrutés avec les volontaires de Rochefort et une partie des cavaUers jacobins supprimés par la loi du 21 nivôse an IL En 1798, le régiment entier combat sur le
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Rhin et sur le Danube, à Moëskirch, Néresheim, Landshut et Engen, où il est très-engagé.
A la paix, le 10® chasseurs se repose un instant à Stenai et à Fontainebleau, et se rend à l'armée des côtes de TOcéan, au camp de Montreuil. Il a fait les campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne au 6^ corps de cavalerie et s'est distingué à léna et à Elchingen. Il est envoyé en 1807 à Mayence, puis à Maëstricht et Bruxelles, enfin au corps d'observation des Pyrénées occidentales. Il passe en Espagne en 1808 et sert dans la Péninsule jusqu'à l'année 181 3, se signalant à Medelin, Rio-Seco, Almonacid, Ocana, Burgos et Talaveira.
En 181 3, le 10® chasseurs rallie la grande armée en Allemagne et se bat à Leipzig. Revenu à Carcassonne en janvier 18 14, il fait partie de r armée des Pyrénées et assiste à la bataille de Toulouse. Il faisait en 181 5 partie du 7® corps d'armée. Il a été licencié le !•' décembre 181 5, et Ton perd la trace de ses débris. Peut-être sontils entres dans le nouveau 10® chasseurs du Gard, formé à Nîmes le i®*" janvier 18 16, et qui est identique avec le 5* chasseurs d'aujourd'hui.
Le fameux chevalier de Sade a été lieutenant dans les chasseurs de Bretagne.