Richardot (Claude- François), 2 juillet
La tradition a quelque peu violenté Thistoire en faisant remonter la vie de ce régiment à Tannée i635. Larmée française a reçu, en effet, dans ses rangs un grand nombre de régiments de cavalerie étrangère, soit en i635, soit dans les années suivantes, mais aucun de ces régiments étrangers ne peut être rattaché à celui qui nous occupe en ce moment.
Il n^ a pas moyen de vieillir ce régiment de plus de deux années, ce qui est insuffisant pour
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justifier le rang que T Assemblée nationale a jugé à propos de lui assigner le i®' janvier 1791, et qu'il possédait sous la monarchie, non pas à cause de son ancienneté, mais parce qu'il appartenait au roi.
Voici les faits. Il a été formé, au moment de la paix des Pyrénées et par ordre du 16 février 1659, avec les débris de plusieurs régiments étrangers licenciés, et notamment avec le reste d'un régiment que le comte de Roye, son premier chef, avait levé le 3 février 1657.
Le titre de Royal étranger exprimait, au moment de sa création, une chose vraie, mais elle a bientôt cessé de l'être, ce régiment s' étant toujours recruté en France. Ce titre ne représente qu'un souvenir et une politesse faite aux troupes étrangères, qui ont pendant si longtemps recherché l'honneur de combattre avec la France.
Nous commencerons donc, pour être aussi large que possible, la notice de Royal étranger au 3 février lôôy, date de la formation du régiment de Roye, qui lui a servi de noyau.
Le régiment de Roye a servi l'année même de sa création à la prise de Saint- Venant et d'Ardres. Il était en i658 à la bataille des Dunes et à la conquête de Dunkerque, Bergues, Audenarde, Menin etYpres.
Fondu le 16 février lôSg dans Royal étranger, dont il forma probablement la meilleure partie et
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auquel il fournit certainement la compagnie mestre de camp, il prit ses quartiers en Picardie, et fut un des quatre régiments de cavalerie que le roi conserva sur pied. Les trois autres étaient les régiments Royal-Cavalerie, du Roi et des Dragons du Roi.
Royal étranger fit en 1 664 la courte campagne . d'Allemagne sous M. de Pradel et se trouva au siège d'Erfurth. En i665, le corps dont il faisait partie marcha au secours des Hollandais menacés par révêque de Munster. Il passe en Hollande Tannée 1666 et revient en 1667 pour prendre part aux sièges de Tournai, de Douai et de Lille. Il contribue Tannée suivante à la conquête de la Franche-Comté, et à la paix ses neuf compagnies s'établissent à Lille et Courtrai. Il y subit la réforme qui le réduit à la seule compagnie de M. de Roye.
Reconstitué le 4 février 1672 sur le pied de 6 compagnies, il fait la campagne de Hollande. En 1673, il est au siège de Maëstricht dans Tarmée de Monsieur. Après ce siège, il va rejoindre Turenne en Allemagne et combat avec lui à Sintzheim, Ladembourg, Ensheim et Mulhausen. Il souffrit beaucoup à Ensheim. En janvier 1675, il est à Taffaire de Turckheim et passe en Flandre. Conduit bientôt sur la Sarre, il se trouve au combat de Consaarbriick, et sert ensuite sur la frontière du Rhin avec le maréchal de Luxembourg. Il est II.. 4
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en décembre à la prise de Montbéliard. En 1677, il est avec le maréchal de Gréqui à Kokersberg et à la prise de Fribourg; en 1678, aux combats de Rheinfeld, d'Ortenberg et de Gegembach et au siège de Kehl*, en 1679, aux deux combats de Minden.
En 1680, Royal étranger est en garnison à Caen. L'année suivante, on le trouve au camp d'Artois commandé par M. de Sourdis. Il reste à ce camp jusqu'à Touverture de la campagne de 1684. Il assiste cette année au siège de Luxembourg. De i685 à 1688, il est au- camp de la Saône. Attaché en 1689 à l'armée d'Allemagne^ il est à la prise de Betten, Staffurth, Dourlach et Ettlingen et se distingue au combat de Kockheim^ sur la Moselle, au commencement de 1690. Il passe ensuite en Flandre et se trouve à la bataille de Fleurus. En 1 691, il est au siège de Mons et au bombardement de Liège; en 1692, à la prise de Namur et à la bataille de Steenkerque. Renvoyé sur le Rhin à la fin de 1693, il se distingue au combat de Memmingen, est signalé à la prise d'Heidelberg, et il continue de servir pendant deux campagnes encore sur cette frontière. Envoyé en 1696 en Italie, il y assiste au siège de Valencia. Enfin il termine cette guerre en Flandre au siège d'Ath et sur la Meuse. Il fait partie du camp de Goudun en 1 698.
Pendant la guerre de la succession d'Espagne^
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Royal étranger ne quitte pas la Flandre jusqu'en ryiS. Il occupe Bruxelles en 1701, puis Ruremonde et Venloo. Il est en 1702 au combat de Nimègue et au secours de Kayserswaërth. En 1703, il détruit au combat livré près de la Tombe de Vaux un régiment de 400 dragons impériaux ; il ramène prisonniers le colonel, 7 officiers et 3oo dragons. Il prend part encore cette année au combat d'Eckeren. On le rencontre en 1705 au siège d'Huy, en 1 706 à la bataille de Ramilles, en 1708 à celle d'Audenarde, et en 170g à Malplaquet. En 1712, il est avec Villars à Denain, Douai, le Quesnoy et Bouchain. Envoyé sur le Rhin en 171 3, il fait les sièges de Landau et de Fribourg.
Royal étranger a fait la campagne de 1 7 1 9 en Espagne.
On le rencontre depuis au camp de la Moselle en 1727, à celui de la haute Meuse en 1730, au camp d''Aimeries-sur-Sambre en 1732 et au camp du pays messin en 1733. Cette année il occupe Nancy, capitale du duc de Lorraine, puis marche sur le Rhin, où il assiste à la prise de Philisbourg et au combat de Klausen. A la paix, il est mis en garnison à Étain.
Pendant la guerre de la succession d'Autriche, Royal étranger a fait les mêmes campagnes que le régiment du Roi. Il était aussi au combat de Mesle, près de Gand. Les garnisons qu'il a occu-
pées à partir de la paix sont Béthune en 1748, Ploërmel en 1 749, Vannes en 1 7 5 1 , Laon en 1 7 5 2 . En 1754, il va au camp d^Aimeries, puis à Valenciennes, et de là à DôIe en 1755, Neufchâteau et Sedan en 1757.
La guerre de Sept ans le ramène en Allemagne. Il s est trouvé à la bataille d'Haastembeck et à la conquête du Hanovre, au combat de Bork, à la bataille de Créfeld, à celle de Minden en 1769, à Gorbach, Warbourg et Clostercamps en 1760. Pendant les deux dernières années, il a servi sur les côtes.
Le régiment de Charost y fut incorporé en 1 76 1 . Réorganisé le 26 mars 1763 à Lille, le régiment a depuis fait partie du camp de Compiègne en 1 766 et il a stationné à Niort en 1 766, à Strasbourg en 1768, à Neufchâteau en 1771, Valenciennes en 1773, Redon en 1776, Joinville en 1776, Douai et Béthune en 1777, Metz en 1779, Bourbourg, Aire et Guise en 1780, Belfort en 1782, Dole et Dijon en 1788, et Metz en 1792.
Sous le nom de 7*^ de cavalerie, le régiment a servi aux armées de la Moselle, des Ardennes et du Nord jusqu'en 1 794, puis à celles de Sambre et Meuse, de Mayence, du Danube et du Rhin jusqu'à la paix. Il s'est distingué aux combats de ri lier et d'Hochstedt et au passage du Danube, et fut placé à la paix à Trêves, puis à Stenay et Givet, Thion ville, enfin à Verdun en 1802, où il
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reçut par incorporation le 3® escadron du 23* régiment.
Devenu 7® de cuirassiers, il a fait les campagnes de 180 5 à 1806 en Italie, et celles de 1806 à 1 809 avec la grande armée d'Allemagne. Revenu à Strasbourg après la victoire de Wagram, il alla prendre du repos à Rouen et quitta cette ville au milieu de 1 8 1 1 pour aller à Bruxelles et ensuite au camp d'Utrecht; en 1812, il est au 3" corps de cavalerie, avec lequel il fait la campagne de Russie. Il passe les années 181 3 et 18 14 à Hambourg, arrive à Abbeville en juillet 18 14 et fait partie en 181 5 de la i""® division de cavalerie de réserve. Licencié après Waterloo, ses débris ont été versés dans le 4® cuirassiers, de Berry, de nouvelle formation.
Les étendards de Royal étranger étaient bleus, avec le soleil, la devise : Nec pluribus impar, et les quatre fleurs de lys aux angles, brodés et frangés d'or.
La tenue de Royal étranger n'avait différé jusqu'à Louis XVI de celle des deux régiments précédents, que par la couleur du bouton et du galon, qu'il portait blancs.