‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 13 sur 68 · Lefaivre (Louis -Jean -Claude -Clément), 29 mars · texte numérisé non relu

Lefaivre (Louis -Jean -Claude -Clément), 29 mars

2 3. Garavaque (N.), 19 avril 181 5.

Si les souvenirs transmis sur le régiment

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Royal étranger s'étaient plu à exagérer F ancienneté de ce corps, on avait agi d'une manière inverse pour les Cuirassiers du roi, auxquels on a retranché vingt-sept ans de leur vie.

Ce qu'il y a de singulier dans un pareil oubli, c'est que ce régiment, avant de prendre définitivement rang parmi les corps dont le roi avait voulu être le chef, était constamment resté la propriété d'une famille considérable, la maison d'Aumont, et que, depuis sa formation en i638, il n'avait pas eu un jour d'interruption dans son existence. On ne peut s'expliquer l'erreur dans laquelle on est tombé à son sujet que par la diversité des titres que portaient les membres de la famille d'Aumont, diversité qui aura dérouté la tradition.

Ce qui rend l'erreur encore plus surprenante, c'est que ce régiment paraît avoir toujours constitué dans l'armée l'exception qui lui a valu son nom. Il semble avoir seul conservé l'usage de la cuirasse, et il a été agréé dès l'année i656 comme régiment des Cuirassiers du roi. Dans la revue que Louis XIV passa le 1 1 juillet r656 à La Fère, des régiments qui lui appartenaient, le régiment de M. de Villequier figure sous le nom de Cuirassiers du roi, fort de 5 00 hommes.

Ce régiment n'a donc pas été créé en i665 ou 1666, comme le veut la tradition. Il est le i3* des 36 régiments de cavalerie organisés le

24 janvier i638, d'après les idées du cardinal de Richelieu, et son premier mestre de camp a été Charles, marquis d'Aumont.

Il a débuté en i638 au siège de Saint-Omer.

En 1639, il est à celui d'Hesdin. En 1640, au siège d'Arras, il chasse Tennemi du fort Rantzau ; il combat plus tard à Bapaume. En 1641, il fait les sièges d'Aire et de Bapaume. En 1643, il est aux batailles de Rocroi et de Thionville, et, à la fin de cette année, il est envoyé en Poitou pour y réprimer des troubles. Appelé en 1644 sur le Rhin, il assiste aux sièges de Fribourg, de Spire, de Philisbourg et de Landau. Le marquis d'Aumont, mortellement blessé le 5 octobre devant Landau, est remplacé par son frère le marquis de Vîllequier, devenu plus tard maréchal et duc d'Aumont.

Sous ce nouveau chef, le régiment participe en 1645 à la prise de Cassel, Mardyk, Lencke, Bourbourg, Menin, Béthune et Saint- Venant. En 1645, le mestre de camp cède le régiment à son neveu le marquis de Chappes, et sous ce nouveau nom on le trouve aux sièges de Courtrai, de Bergues et de Dunkerque ; à ceux de Lens et de La Bassée en 1647 ; à ceux d' Arras et d' Ypres et à la bataille de Lens en 1648. En 1649 on le voit au blocus de Paris, au combat de Charenton^ puis aux sièges de Cambrai et de Condé. En .i65o, il marche au secours de Guise et de Mou-

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zon. Il se distingue à la bataille de Rethel, où il fait prisonnier le général Beck et son fils. Le 5 janvier i65i, le mestre de camp marquis de Chappes monte en grade dans sa famille par suite de rélévation de son oncle au maréchalat, et prend le nom de marquis de Villequier. Le régiment passe deux années en garnison à Boulogne. En i653, il va servir au siège de Sainte-Ménehould. En 1654, le maréchal d'Aumont qui avait, dans les grandes nécessités de Tannée i652, levé à la date du 14 février un nouveau régiment de son nom, rincorpore dans le vieux régiment de famille et reprend celui-ci à son compte, tout en laissant le commandement à son neveu, et c'est sous le nom diAumont qu'il paraît devant Stenay et Arras. En i655, il est devant Landrecies, Condé et Saint-Ghislain ; en i656, devant Valenciennes; en lôSy, devant Montmédy, et en 1659 devant Dunkerque. Il prend part à la victoire des Dunes et il reste en Flandre jusqu'au 18 avril 1661, où il fut réduit à une seule compagnie, celle qui appartenait au maréchal d'Aumont.

Il y a quelques raisons de croire que les autres compagnies ont fourni des éléments au régiment de cuirassiers que le comte de Richelieu fut autorisé en 1664 à lever pour le service de l'Empereur d'Allemagne menacé par l'armée ottomane et qui s'illustra en Hongrie.

Quoi qu^il en soit, le régiment fat rétabli le ■2 décembre i665, sous le nom de Cuirassiers du Roi, avec le rang qu'il a toujours occupé depuis, et il a eu pour noyau la compagnie d'Aumont que le maréchal céda expressément à cette fin à son neveu le marquis de Villequier. Le capitaine César de Flahaut de La Billarderie entra ^ dans cette formation avec une compagnie de cuirasâers allemands. Ne serait-ce point un retour à leur berceau d'une partie des cuirassiers de Hongrie ?

Les Cuirassiers du roi sont en 1666 au camp de Compiègne. Ils assistent en 1667 à la con- <ïuête des places de la Flandre, et en 1668 à celles de la Franche-Comté. A la paix, ils occupent Lille et Courtrai. Réduits une seconde fois à une compagnie, les cuirassiers sont rétablis en février 1672 sur le pied de 6 compagnies, par M. de Revel qui venait d'acheter la compagnie de M. de Villequier. Ils s'illustrent cette année au passage du Rhin à Tholhuys. Guidés par le comte de Revel, ils se jettent les premiers dans le fleuve -et le franchissent à la nage sous une grêle de projectiles. Ils marchent ensuite avec Turenne à la rencontre des troupes de Brandebourg et servent à la prise d'Orsay et de Rheinberg. En 1673, le régiment est au siège de Maëstricht. En 1674, il se couvre de gloire à la bataille de SéneflF; le capitaine, depuis maréchal de Bezons, y fut blessé.

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En 1675, il couvre les sièges de Dinant, Huy et Limbourg. Il fait le même service en 1676 devant Condd, Bouchain et Aire. En 1677, il est à la prise de Valenciennes, à la bataille de Cassei^ puis à la reddition de Saint-Omer et de Cambrai. Ela 1 678 il sert devant Gand et Ypres, et cgmbat à la )oumée de Saint-Denis.

Les Cuirassiers sont en 1680 au camp d'Artois. Us passent les deux années suivantes au camp de la haute Alsace. Us étaient en i683 au camp de la Saône, d'où ils partirent pour aller faire les^ sièges de Courtrai et de Dixmude. On les voit en 1684 devant Luxembourg, de i685 à 1688 au camp de la Saône, et cette dernière année aux sièges de Philisbourg, Manheim et 'Franckenthal. Us font encore trois campagnes sur le Rhin, celle de 1692 sur la Moselle et en Flandre, au siège de Namur.

Eja 1693 ils combattent à Neerwinden et devant Charleroi. Us servent en 1694 et 1696 sur le Rhin, et en 1697 ^^ Flandre. En 1698 ils étaient au camp de Compiègne.

La guerre de la succession d'Espagne conduisit le régiment en Italie. On le voit cité à Luzzara, à la défaite du général Visconti en 1703, aux affaires de Castelnuovo di Bormia, de Verceil,. d'Ivrèe et de Verrue en 1704, à Chivasso et Gassano en 1705, et à la malheureuse bataille de Tudn en 1 706. Le mestre de camp de Bonneval

y est fait prisonnier et le capitaine de Rochechouartyfiittué. En quittant l'Italie, le régiment commandé par le lieutenant-colonel de Langeais se rendit sur le Rhin, au camp d'Offembourg:

il a servi, sauf une courte apparition en Flandre en 1712, sur la frontière du Rhin jusqu'à la paix, il a pris part aux sièges de Landau et Fribourg.

En 1727, il est au camp de la Saône, et en 1733 il reprend la route de Tltalie. Il participe à toutes les* opérations de cette guerre et notamment au siège de Pizzighetone, aux victoires de Parme et de Guastalla. Rentré en France en juin 1735,11 est mis en garnison à Cambrai et Bouchain.

Il reste à la garde de la frontière de Flandre pendant les deux premières campagnes de la guerre de la succession d'Autriche, occupant d'abord Arras, puis les environs de Sedan. Ce n'est qu'après les désastres de l'armée de Bohême qu'il passe en Allemagne. Il est cité pour sa bravoure à la déroute de Dettingen en 1743, et fut alors jeté dans Landau.

De retour en Flandre en 1744, il passe cette année devant Menin et Ypres et au camp de Courtrai. Il se bat à Fontenoy en 1745, à Raucoux en 1746, se distingue à Lawfeld en 1747, et termine cette guerre en 1748 devant Maëstricht. Envoyé à la paix à Sens et Montereau, il (ut depuis à Valenciennes en 1 749, à Vitry et Saint-

Cuirassiers du Roi, y 3

Dizier en lySo, à Condé en 1762, au camp de Mézières et à Sens en lySS, à Metz en 1765, à Haguenau en 1756, à Landau en 1757, et il rallia à Neuss Tarmée du maréchal d'Estrées.

Il est cette année à la bataille d'Haastembeck, à Minden et à la conquête du Hanovre ; en 1768 aux batailles de Lùtzelberg et de Créfeld, en 1759 à celle de Minden, où le chevalier de Ray, alors lieutenant-colonel, fut blessé par un boulet à la cuisse droite et par une balle à la cuisse gauche. Après cette campagne qui Ta ruiné, le régiment va passer Thiver à Pont-Audemer pour se refaire et se remonter, et il reparaît en Allemagne en 1760 aux affaires de Corbach et de Warbourg, à Tattaque des quartiers de Duderstadt et de Stattworbes. Il passe Phi ver en Allemagne, et en 1761, à Vilingshausen, il attaque Tarrière-garde ennemie dans sa retraite près d'Embeck et la bat. Il prend alors ses quartiers d'hiver à Gottingen, et rentre en France, où il reçoit par incorporation les compagnies du régiment réformé de Ray. Sa réorganisation suivant la nouvelle ordonnance est du 3o avril 1763.

A partir de ce moment on voit les Cuirassiers à Vesoul en 1763, à Vendôme en 1764, à Toul en 1767, à Vitré en 1769, à Pontivy et à Toul en 1772, à Alby et Castres en 1774, à Ancenis et Redon en 1777, ^ IàIIq en 1778, à Metz en 1779, à Arras, Dunkerque et Hesdin, puis II. 5

à Saint-Jean d^Angély en 1780, à Moulins en 1781, à Béthune en 1782^ à Aire en 1784, à Arras en 1786^ à Aire en 1786, à Arras et au camp de Saint-Omer en 1788. Il détache 2 escadrons à Rouen en juillet 1789 et se rend à Béthune en 1792.

Sous le nom de 8® de cavalerie, il rallie Tarmée du Centre et il se trouve le i o juin 1 793 à la défense de Saumur. Il passe plus tard à l'armée de la Moselle, puis à Tarmée du Nord, appartient de 1 794 à 1 796 à Tarmée de' Sambre et Meuse, et se distingue à AltendorfF. Le colonel Doré est tué au passage de la Rednitz le 6 août 1796. Après avoir fait un instant partie de Parmée de rOuest, le régiment revient à Tarmée de Mayence, et il combat sur le Danube et le Rhin jusqu'à Tannée 1800. Il prend alors ses quartiers à Thionville, à Toul, puis à Lodi. En 1802, il reçoit la moitié du 24* de cavalerie licencié. Il a servi depuis à Parmée dltalie jusqu'en 1806. Il part cettç année pour Augsbourg, fait les compagnes de Prusse, de Pologne et d'Autriche, et rentre en 1 8 1 o en France, où il demeure pendant deux ans à Évreux et Beauvais. Il fait avec Davout les campagnes de Russie et de Saxe, occupe Hambourg de la fin de 181 3 au milieu de 18 14, et arrive à Charleville en juillet

Le régiment a fait la campagne de Waterioo

Royal-Cravates: y 5

à la 4® division de cavalerie de réserve et a été licencié en décembre 1 8 1 5 .

En i8i6, le fond du corps a été versé en même temps que celui du 2® cuirassiers, ex-Royal, dans le 3® régiment de cuirassiers nouveau, cuirassiers d'Angoulême.

Les Cuirassiers du Roi avaient des étendards bleus , entièrement pareils à ceux de Royal étranger.

Les Cuirassiers avaient la même tenue que Royal étranger. Ils avaient en plus la cuirasse et en moins la veste-buffle. On leur imposa en 1 768 un costume singulier quUls portèrent jusqu'en 1776. Habit chamois, bordé d'un galon rouge, épaulette chamois bordée de même ; basques retroussées en équerre et bordées du même galon ; boutons blancs n° 7; parements écarlate en équerre bordés d'un galon blanc ; doublure blanche, veste blanche bordée d'un petit galon rouge; équipage bleu, bordé d'un galon blanc à deux lézardes rouges.

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