Courtier (N.), i3 avril i8i
Avant d'^aller plus loin, et pour ne pas l'oublier, disons de suite que le colonel Brancas, qui prit le commandement du régiment en 1807, et qui se fit bravement tuer à Essling en combattant à sa tête, était le fils de Sophie Arnould et du spirituel comte de Lauragais, dont le nom figure un peu plus haut dans la liste des mestres de camp-lieutenants. Quelque philosophe que fût le comte de Lauragais, on peut admettre qu'il n'avait pas prévu cet effet des révolutions.
On doit faire remonter l'origine de ce régiment à l'année i652. Le i3 octobre, le baron de Montclar, gentilhomme catalan attaché à la France, reçut commission pour lever sur les deux versants des Pyrénées orientales un régiment de cavalerie, qui s'appella Montclar catalan, et que l'on rencontre pour la première fois l'année suivante à l'armée de Picardie et à la prise de Vervins, de Rethel et de Mouzon, En 1654, il est aux sièges de Stenay et d'Arras, en i655 à ceux de Landrecies, de Gondé et de Saint-Ghislain, en i656 aux opérations autour de Valenciennes. En lôSy, il est fort de neuf compagnies qui sont employées aux sièges de Montmédy, Saint- Venant, Ardres, La Mothe.
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En i658, il est à la bataille des Dunes, et il coopère à la soumission des places de la Flandre maritime.
Montçlar catalan fut licencié le i8 avril 1661, à l'exception de la compagnie mestre de camp qui fut maintenue sur pied. Cette compagnie servit de noyau, le 7 décembre i665, au rétablissement du régiment de Montçlar, qui, réorganisé d'abord à 4, puis à 8 compagnies, servit en 1667 à la soumission de la Flandre. Le 10 janvier 1668, pendant les préparatifs de Pexpédition de Franche- Comté, le régiment fut partagé en deux. Quatre compagnies restèrent sous les ordres de Montçlar et firent la campagne. Les quatre autres formèrent le régiment de Bartillat, qui demeura en Flandre.
Après cette courte expédition le régiment de Montçlar fut renvoyé à Lille, et c'est là que le baron reçut le i®*" avril Tordre de réorganiser le corps sous le titre de Royal-Roussillon et sur le pied de 9 compagnies.
Cette création n'eut, du reste, pas de suite immédiate, tous les régiments de cavalerie ayant été séparés en compagnies indépendantes, le 24 mai suivant.
Le 4 février 1672, Montçlar rétablit Royal- Roussillon à six compagnies, et le conduisît en Hollande. Le régiment hiverna dans l'électorat de Cologne. Il prit part en 1673 à la réductroo de Maëstricht, et suivit Turenne dans le Brande-
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bourg. En 1074, il est à la seconde conquête de la Franche-Comté, puis sous Turenne aux combats d'Ensheim et de Mulhausen, et en 1675 au combat de Turckheim. Il servit sur la frontière d'Allemagne jusqu'à la paix de Nimègue, sans prendre part à d'autre affaire importante que le combat de Kokersberg en 1677.
On le voit en 1 68 1 au camp de la haute Alsace, qu'il quitte la même année, avec d'autres troupes, pour aller en Piémont prendre possession de Casai. Il est en 1684 au siège de Luxembourg, et de 1 685 à 1 688 au camp de la Saône.
Rappelé en 1688 en Allemagne, il sert aux sièges de Philisbourg, Manheim et Frankenthal. Il est en 1 690 en Flandre et à la bataille de Fleuras; en 1691 , devant Mons et au combat de Leuze, en 1692 aux sièges de Namur et de Charleroi et à la bataille de Steenkerque. En 1693, il était à la bataille de Neerwinden, où son chef le marquis de Montfort se fit tuer en chargeant à la tête de toutes les compagnies de carabiniers réunies. Le capitaine du Puy, qui commandait le compagnie de carabiniers de Royal-Roussillon, fut aussi tué. Le régiment continue de servir dans les Pays-Bas les deux campagnes suivantes ; il y soutient un combat à Boneff en 1695 et il achève la guerre à l'armée du Rhin ; en 1698 il fait partie du camp de Compiègne.
Royal-Roussillon possédait à cette époque un ca-
pitaine, nommé Lefebwe, entré comme soldat au corps. Il ne savait ni lire ni écrire, mais il passait pour le meilleur partisan de Tarmée*
Parti pour r Italie en décembre 1700, le r^iment combat en 1701 à Garpi et Chiari et passe rhiver à Crémone, Il se trouva, par conséquent, à la fameuse surprise de Villeroy dans cette ville et se distingua plus tard à Luzzara. On le voit en 1703 à Tattaque d'Ostiglia et de la Mirandola, en 1 704! aux sièges de Verceil et de Verrue. Ce dernier se prolongea jusqu^en 1705. Dans la nuit du i^"" au 2 mars, un détachement à pied du riment attaqua la courtine du pont de Crescentino. Le marquis de Praslin, qui commandait naguère Royal-Roussillon, a été mortellement blessé en 1705, à la bataille de Cassano; son successeur le marquis de Bonnelles fut blessé le 6 novanbre suf vant dans un combat livré près d'Asti. Après les affaires de Turin en 1 706 une partie du régiment, commandée par le mestre de camp et qui escortait un convoi, fiit faite prisonnière à Piannezza.
Envoyé en 1707 à Tarmée du Rhin, le régiment coopéra à toutes les expédidons de Villars en Franconie et en Souabe. En 1708, on le dirigea sur l'armée de Flandre, et il prit sa part aux défaites d' Audenarde et de Malplaquet et à la victoire de Denain. En 171 3, il est aux sièges de Landau et de Fribourg et contribue à la déroute des troupes impériales du général Vaubonne*
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A rarmée d^ Espagne en 17 19, Royal-Roussillon assiste à la prise de Fontarabie, Saint-Sébastien, Urgell et Roses.
En 1 727, il est au camp de la Moselle, en 1 730 à celui de la Meuse et en 1733 il fait partie de l'armée du Rhin, dont les principales actions sont les sièges de Kdh, Philisbourg et Worms et les combats d'Ettlingen et de Klausen. A la paix il est envoyé à Lille.
Placé en 1741 à l'armée de la Meuse, Royal- Roussillon passe avec elle en Westphalie et va reconnaître les postes de TOwer-Yssel. En 1742, il marche au secours de l'armée de Bohême, se trouve aux affaires d'Ellenbogen et de Caaden et à la prise de Dunkelfingen. En 1743, il est du secours de Braunau, de la reconnaissance dans révêché de Saltzbourg, de la défense de Dunkelfingen et de l'arrière- garde dans la funeste retraite des troupes françaises sur le Rhin. Il va se refaire pendant l'hiver à Sedan, Donchery et Mouzon.
Employé en Flandre pendant les années suivantes, Royal-Roussillon prit sa revanche à Fontenoy, à Raucoux et à Lawfeld. A Fontenoy, il reste exposé au canon et à la mousqueterie depuis six heures du matin Jusqu'à midi, et quoique des files entières fussent emportées, il ne perd pas un pDuce de terrain, empêche, par sa fermeté, la redoute du Barry d'être entourée, et au moment de
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la fameuse charge, il entre un des premiers dans la colonne anglaise. Le roi fit témoigner sa satisfaction à Royal- Roussillon et à son chef, le prince de Croï. A Lawfeld, il franchit un ravin, dégage 4 pièces de canon compromises et culbute un régiment hessois. Après un séjour de quelques semaines sur le champ de bataille, il rallie Tarmée devant Berg-op-Zoom, et pendant ce siège il exécute quelques courses, où il enlève plusieurs détachements de hussards ennemis. En 1748, il quitte Bruxelles, où il avait passé Phiver, pour se rendre au siège de Maëstricht.
Envoyé à Dole à la paix, on le voit à Sarrebourg, Verdun et Vaucouleurs en 1 761, et à Landrecies en 1764 : cette année il fait partie du camp d'Aimeries, après lequel il est envoyé à Pont-Audemer. Il occupe Amiens, puis Châlons en 1756, Haguenau et Landau en 1757, et part de là pour l'Allemagne sous les ordres du maréchal d'Estrées, qui Pavait commandé autrefois sous le nom de marquis de Courtenvaux. Il assiste à la bataille d'Haastembeck et aux affaires de Minden, Hanover et Zell. En 1758, il fournit une charge magnifique à Créfeld, et assiste encore à la bataille de Lùtzelberg. Rentré en France à la fin de T759, il passe l'hiver à Louviers pour se remonter, et reparaît à l'armée en 1760, pour combattre à Gorbach, Warbourg et Glostercamp, et en 1761 à Villingshausen. En 1762, il sert sur
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les côtes. Le régiment réformé de Balincourt est versé dans ses cadres. La date de la réorganisation réelle du corps est le 26 mars 1763.
Royal-Roussillon, qui était alors en garnison à Bourges, va la même année à Cambrai, en 1 764 à Niort et Auch, en 1765 à Montauban, en 1766 à Thionville, en 1768 à Gray, en 1770 à Schlestadt, en 1771 à Saint-Mihiel, en 1772 à Hesdin, en 1774 à Fougères, en 1776 à Sedan, en 1778 à Clermont, en 1779 à Charleville, en 1780 à Douai, en 1788 à Guise, en 1786 à Amiens, puis Maubeuge et Givet, et en 1 788 à Saumur, d'où il détache en 1791 un escadron à Vendôme et un autre à Saint-Jean-d'Angély. En 1792, devenu II® de cavalerie et établi à Toul, il détache au commencement de la guerre deux escadrons à l'armée de Custine et un escadron à Belfort. Les escadrons de guerre défendent Thionville et occupent Trêves au mois de décembre. En 1793, le régiment est tout entier à Belfort. Il fait les campagnes de 1794 et 1795 à Parmée du Rhin et Moselle. Le chef de brigade Clapiers est tué dans une rencontre à la fin d'août 1794. Passé en 1796 à Tarmée d'Italie, il prend part aux victoires du général Bonaparte et fait en 1 798 les expéditions de Rome et de Naples. Il reste en Italie jusqu'en 1802, revient en France, est augmenté de i escadron par le versement du 3® escadron du 19® régiment de cavalerie supprimé et parcourt les gar-
nîsons de Rouen, Évreux, Amiens, Abbeville, Aire, Versailles et Landau.
Devenu ii® de cuirassiers, il faisait partie en 1804 et i8o5 du corps de réserve de cavalerie de la grande armée. De 1806 à r8o8, il est attaché au 4® corps de cavalerie, de 1809 à r8io aux armées d'Allemagne. Rentré en France à la fin de 18 10, il passe Tannée 181 1 à Thionville, joint le i®*" corps de cavalerie, fait avec lui les camp;agnes de Russie et de Saxe, et vient* rallier son dépôt à Thionville en juillet 18 14. Il a fait la campagne de 181 5 avec la 4® division de cavalerie de réserve et il accomplit son dernier exploit à Ligny, où il enleva le drapeau du 64® de ligne anglais.
Le II® régiment de cuirassiers, licencié après Waterloo, le 18 décembre 181 5, a versé son fond dans les cuirassiers d'Orléans, 5® cuirassiers actuel, qui a aussi reçu les débris de l'ancien 5®, ex-Royal-Pologne.
Royal - Roussillon avait des étendards bleus comme tous les régiments appartenant au roi.
Sa première tenue s'était composée d'un habit et d'un manteau bleus, avec doublure, parements, bavaroise ou revers descendant jusqu'à la poche, rouges ; boutons jaunes ; aiguillette plate bleue et blanche; équipage rouge bordé de blanc. En 1763, il eut le collet, les revers et la doublure jaunes, et les boutons blancs timbrés du n^ 9.
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ROYAX-PIÉMONT.
Mestres de camp-lieutenants et Colonels.
t. Comte tie Lucinge (Prosper), 9 août 1671.