Martique (Charles-François), 29 mars
Ce régiment a été levé en 1670, à Turin, par le duc de Savoie, qui le céda à Louis XIV, au moment où le roi préparait ses armements contre la Hollande. Cette cession, stipulée le 9 août 167 1 , fut faite à deux conditions : la première, que la propriété et le commandement supérieur du régiment appartiendraient au prince du Piémont, Victor- Amédée, celui qui fut le premier roi de Sardaigne ; la seconde condition était que les mestres de camp-lieutenants seraient sujets du duc de Savfte, et il en fut ainsi des trois premiers mestres de camp. Le régiment, amené en France par le comte de Lucinge et le lieutenant-colonel baron de Saint- Joire, qui devait remplacer Lucinge, entra donc dans Tarmée française sur le pied étranger et, comme il était loin d'être complet, on y incorpora immédiatement des officiers et des soldats anglais catholiques réfugiés en France.
Ainsi organisé, le régiment est en 1672 à la conquête de la Hollande. Il prend part Tannée suivante aux opérations du siège de Maëstricht, et en 1674 il combat à SénefF avec le prince de Condé. Il a servi jusqu'à la fin de cette guerre sur la frontière des Pays-Bas, et en 167811 fut réduit à I seul escadron et mis sur le pied français. Il demeura toutefois la propriété du prince de Savoie.
Roy al' Piémont, 97
On le voit en 1 684 au siège de Luxembourg, ce qui donne le droit de penser qu'il avait, dès cette époque, été rétabli sur le pied de régiment. Dans tous les cas, il était sur ce pied en 1688. La guerre de coalition qui commença cette année modifia la politique du duc de Savoie, qui se déclara Tennemi de Louis XIV. Cela conduisit le roi à confisquer le régiment, qui n'avait plus guère d'étranger que son chef, et à le prendre pour lui» C'est ainsi qu'il est devenu Royal-Piémont à la date du 6 mai 1690, et il consacra immédiatement ce nom à Fleurus, où le mestre de camp-lieutenant marquis de Bouzols fut blessé à la tête, et eut un cheval tué sous lui. Il combattit en 1691 à Leuze, en 1692 à Steenkerque et autour de Namur et Charleroi. Il a fait la campagne de 1693 en Allemagne, les deux suivantes en Flandre, celle de 1696 en Piémont, où il prend part au siège de Valencia, et celle de 1697 sur les côtes de Flandre et au siège d'Ath.
Royal-Piémont est en 1698 au camp de Compiègne.
Renvoyé en Flandre à la fin de 1701 , il se trouve en 1702 au combat de Nimègue et il passe ensuite à l'armée d'Allemagne commandée par Villars, et qui remporte la victoire à Friedlingen. En 1703^ il est à la prise de Kelh, Brisach, Landau, Spire, à la prenîière bataille d'Hochstedt, où il culbute un régiment ennemi et lui enlève ses