De Saint-Sulpice (N. de Bonardy), 3 mai
Il nous a été impossible de remonter d'une manière certaine jusqu'à la première origine de ce régiment. Le décret de l'Assemblée nationale du I®' janvier 1791, qui a donné à Royal-Champagne le 20® rang dans la série des régiments de cavalerie, et qui Ta ainsi placé avant Royal- Picardie, créé en i652, et avant Royal-Navarre qui datait de 1647, était sans doute appuyé sur des documents ou des traditions qui ne sont point venus à notre connaissance. Avant ce décret et depuis l'organisation du i®' décembre 1761, Royal-Champagne marchait avec le numéro i5 après Royal- Picardie et avant Roy^J-Navarrc, mais ce classement de 1761 ne prouve rien quant à l'ancienneté des corps. Les trois régiments
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de rétat-major de la cavalerie, les régiments royaux et les régiments des princes avaient seuls un rang fixe sous la monarchie. Les régiments de rétat-major se primaient suivant le rang hiérarchique des officiers généraux de la cavalerie ; après eux les régiments royaux marchaient dans Tordre de leur admission au titre de royal ; enfin les régiments des princes suivaient dans Tordre que Tétiquette de la cour avait fixé pour les membres de la famille royale. Les régiments de gentilshommes n^avaient pas de rang ûxt. Ils roulaient entre eux suivant Tancienneté de leurs mestres de camp dans le grade de capitaine de cavalerie. L'ordonnance de 1 761, en supprimant tous les régiments français de gentilshommes, excepté Noailles qui prit la queue de la cavalerie, et les 5 régiments des Salles, de Fumel, de Surgères, de Damas et d'Escouloubre, qui prirent respeaivement les noms de Royal-Lorraine, Royal-Picardie, Royal-Champagne, Royal- Navarre et Royal-Normandie, avec les numéros de i3 à 17, ne nous apprend donc rien, sinon que tel était le rang d'ancienneté comme capitaines des 5 mestres de camp qui commandaient akrs ces corps.
Il est possible, il est même probable, que le régiment dont nous nous occupons, et qui a çté mis sur pied le i^ octobre 1682 par le marquis, depuis duc et maréchal de Tcdlard, a eu pour
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noyau une compagnie franche ancienne possédée par ce personnage ; mais ce qui interrompt pour nous la filiation, c'est que M. de Tallard a été de 1669 à 1679 mestre de camp-lieutenant de Royal-Cravates, et que le rôle plus étendu qu'il a joué comme mestre de camp de ce régiment efface complètement celui qu'il a pu jouer en même temps comme capitaine d'une compagnie franche, et ne nous permet pas de retrouver la trace de cette compagnie.
Les particularités du costume, la couleur des étendards et jusqu'au titre qui lui a été donné en dernier lieu, nous portent à penser que ce régiment a une origine étrangère.
Jusqu'à plus ample informé, le régiment date donc du T®' octobre 1682. Il fit ses premières armes en i683 aux sièges de Courtrai et de Dixmude. En 1684 il servit au siège de Luxembourg et en i685 il était au camp de la Saône. Il y fut réformé par ordre du 26 septembre- La compagnie du mestre de camp demeura seule entretenue. Elle devint en 1688 la propriété du duc de Duras, qui eut ordre de rétablir le régiment au mois de décembre, et qui le commanda au siège de Philisbourg, et depuis aux armées d'Allemagne et de Flandre, jusqu'à la paix. Le duc mourut en 1697 en Flandre de la petite vérole, et, comme dit Saint-Simon, de beaucoup d'autres, et il eut pour héritier et successeur son
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frère. Celui-ci le commanda en 1698 au camp de Compiègne.
En 1701, Duras est à Tarmée de Flandre. II est aux combats de Nimègue où il prend un étendard aux Hollandais, et à celui d'Eckeren. En 1704, il bat un parti de 400 hommes près de Lichtenau; en 1706, il est à Tattaque des lignes de Weissembourg ; en 1 706, il coopère à la levée du blocus du Fort-Louis, et à la prise de Tîle du Marquisat. En 1707, il est à l'attaque des lignes de Stolhofen, à la prise de Pforzheim, de Winhing, de Schorndorf, à la défaite du général Janus près de Lork, à la conquête de Suabs- Gemund, au combat de Seckingen, à la prise de Laufen et de Manheim. Passé en Flandre en 1708, il est à la bataille d'Audenarde, et en 1709 au siège de Warneton et à la bataille de Malplaquet. Sous le nom de Villequier, il continue de servir en Flandre jusqu'à la paix.
En 1723, il devient la propriété du futur maréchal de La Motlie-Houdancourt, qui le conduit en 1733 en Italie et le commande aux sièges de Sabionnetto et de Bozzolo, à la prise de Pizzighetone et du château de Milan. En 1734, sous le nom de Brissac, on le voit à la soumission de Trezzo, Lecco, Fuentès, à la prise de Serravalle, Novarre, Arona et Tortone, au combat de Colomo, à l'attaque de Borgoforte. Le lendemain de cette affaire, après avoir franchi la Fossa-