Privé (Sylvain Ithier), 3 septembre
Ce régiment est un des nombreux corps qui furent levés en France et en Catalogne après réchec subi en 1646 devant Lérida. Il a été levé, par ordre du 6 janvier 1647 ^^ ^^^^ ^^ direction du vice-roi de Catalogne , par le comte drilles, un seigneur catalan attaché au parti de la France. Il est souvent désigné sous le nom dCArdenne, qui était le nom de la maison à laquelle appartenait le comte d'Illes.
Il fait ses premières armes en 1647 au second siège de Lérida et à la prise d'Ager. En 1648 il contribue à la réduction de Tortose, et il reste en garnison à Barcelone pendant les quatre années suivantes. Il était à la défense de cette capitale de la Catalogne en i65o et 1 65 1. En 1 653, on le voit au siège de Girone et au combat de Bordilly ; en 1 654 à la prise de Villefranche et de Puycerda, en i655 au cap de Quiers et à Solsone. Au mois de septembre 1657, il quitta im instant la Catalogne pour aller renforcer Tarrnée d'Italie. Revenu en Catalogne en i658, il y fit les deux dernières campagnes de la guerre et fut réformé le 18 avril 1661. La compagnie du mestre de camp, conservée sur pied, est entrée dans les
organisations suivantes. Le régiment drilles fut rétabli une première fois le i®'' avril 1668 sur le pied de quatre compagnies. Cette formation eut lieu à Metz et à Gorze; le corps était destiné à faire partie de l'armée que Monsieur commandait sur la frontière de Lorraine. Il fut comme tous les autres réformé le 14 mai suivant. La compagnie du mestre de camp figure, à la date du 26 février 1670, dans les 66 escadrons dont Torganisation et l'instruction sont confiées aux soins du marquis de Fourilles , et le régiment fut remis sur pied le 3 mars 1672.
Il servit en Flandre pendant les deux premières années de la guerre de Hollande. Le 10 décembre 1673, M. d'Illes acheta le régiment devenu Berry, et celui-ci devint la propriété de M. de Lançon^ qui le compléta et le commanda en 1 674 à la bataille de SénefF. Après cette journée il passe en Alsace sous Turenne, et il assiste aux combats d'Ensheim et de Mulhausen. En janvier-1675, il enlève Ruffach et fait prisonniers 3oo dragons, 5o cavaliers et 200 mousquetaires de l'Électeur de Brandebourg. Rappelé la même année dans les Pays-Bas, où servait son nouveau mestre de camp, le futur maréchal de Be\on$, il contribue à la prise d'Huy et de Limbourg, passe l'hiver à Saint-Quentin, et se fait remarquer par les expéditions heureuses qu'il entreprend sur la frontière et jusqu'à Limbourg. Il servit jus^'à la
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paix à Tarmée de Flandre. On le voit en 1676 à la prise de Condé, de Bouchain et d'Aire, en 1677 au siège de Valenciennes et en 1678 à la bataille de Saint-Denis. Le 8 août 1 679, il fut encore une fois réduit à une compagnie, qui fut temporairement incorporée dans le régiment de Grignan, devenu Royal-Lorraine.
Rétabli le i5 janvier 1684, il ^st maintenu sur pied Jusqu'au 26 septembre et fut réduit encore une fois à la mestre de camp. Enfin le 20 août 1688, il est définitivement rétabli. Il joignit Parmée du Rhin devant Philisbourg; vint en Flandre en 1 689 et combattit à Walcourt. Ce fut cette année que M. de Bezons s'en démit en faveur du marquis de Balivières qui le commanda en 1690 à Fleurus et sur la Moselle. M. de Balivières étant passé aux gardes du corps, le régiment devient Auneuil, On le trouve sous ce nom au siège de Mons, au combat de Leuze, et plus tard sjAla Moselle, en 1692 devant Namur et à la batSlie de Steenkerque, en 1 693 à Neerwinden et devant Charleroi. Pendant les trois années suivantes il est employé à la surveillance des côtes de la Flandre.
Le marquis de Saint-Pouanges, qui en prit le
commandement à la fin de i6q6, le conduisit en
1 697 sur la Moselle et en 1 698 au camp de Com-
piègne.
• L^^guerre de la succession d'Espagne l'envoya
d'abord en Allemagne. Il se trouva en 1 702 à la bataille de Friedlingen, en lyoS à la prise de Brisach et de Landau et à la bataille de Spire, en 1704 à celle d^Hochstedt. A sa rentrée en France après le désastre de Tarmée, il vint sur la Moselle et prit part en îjo5 aux affaires qui eurent pour théâtre la basse Alsace, Drusenheim, Lauterbourg, île du Marquisat. En 1 706 il suit le maréchal de Villars en Franconie et en Souabe. Après deux autres campagnes sur le Rhin, il passe en Flandre et assiste à la bataille de Malplaquet, où il fut mis hors d'état de servir. Envoyé dans la Franche-Comté, il y passa les années 17 10 et 171 1, rallia Parmée du Rhin en 1712, et se trouva en 1713 à la prise de Landau et de Fribourg, à la défaite du général Vaubonne. En 1 714 il fait partie du camp de la haute Meuse.
Sous le nom dCAumont, il est en 1733 au siège de Philisbourg et il reste sur le Rhin jusqu'en la paix. Il prit alors ses quartiers à Beauvais*
Toujours sous le nom d'Aumont, il fait partie en 1741 de l'armée du Bas-Rhin, qui se rend bientôt en Westphalie, et il a ses quartiers d'hiver à Osnabrùck. En 1 742 il marche vers la Bohême, se distingue dans plusieurs combats d'avant-garde, concourt au ravitaillement de Braunau, et rentre en France en janvier 1743. Après quelques semaines de repos à Rethel, il joint le maréchal de Noailles sur le Rhin et assiste à la déroule de
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rarmée française à Dettingen. Il se retira alors à Calais, et devint la propriété du prince Camille ^ de Lorraine^ connu plus tard sous le nom de prince de Marsan, Il est en 1 744 de Parmée que le roi commande en Flandre, et. il assiste à la prise de Menin , dTpres et de Furnes. Placé ensuite sous les ordres du maréchal de Saxe , il fait partie du camp de Courtrai. En 1745, il se bat à Fontenoy et regarde prendre Tournai, Audenarde et Ath. En 1746, on le voit à la prise de Bruxelles et à la bataille de Raucoux ; en 1747, à la bataille de Lawfeld et au siège de Berg-op-Zoom ; enfin en 1 748 au siège de Maëstricht.
La guerre terminée, il va à Caen et Valognes et de là en 1760 à Bouchain et Valenciennes, en 1751 à Luxeuil, en 1753 à Landau, en 1764 au camp de Plobsheim, puis à Neufchâteau, et en 1756 à Thionville.
Sous les noms de Vienne et de Damas, il a fait en Allemagne les six premières campagnes de la guerre de Sept ans.
L'ordonnance du \^^ décembre 1761 lui donna le titre de Royal-Navarre avec le 16® rang dans la cavalerie , et le remit sur le pied du complet par rincorporatiçn des compagnies du régiment du Moustiers, réformé le même jour. Cette réorganisation est du II avril 1763. Il prenait au même moment Thabit bleu avec collet,, revers^
parements et doublure aurore, boutons blancs timbrés du n® i6.
Royal-Navarre, qui avait servi pendant la campagne de 1 762 sur les côtes du Languedoc, était en garnison à Lunel, Sommières et Massillargues. On le voit la même année à Lons-le-Saulnier, en 1764 à Metz, en 1765 au camp de Compiègne et à Gray, en 1 767 à Douai, en 1 768 à Vesoul, en 1771 à Thionville, en 1773 a Belfort, en 1774 a Carcassonne, en 1776 à Niort, en 1778 à Sedan, en 1779 à Douai, Gravelines, Mardyck, et plus tard réuni à Maubeuge, en 178 1 à Clermont, en 1788 à Auch et Tarbes, en 1789 à Limoges, en 1791 à Besançon, en 1792 à Gray, puis à Moulins et Nevers, enfin à Aurillac, où resta son dépôt quand la guerre commença.
Il était devenu le 22® de cavalerie en 1791 et le 21^ en 1792. Sous ce dernier numéro, il servit d'abord à Tarmée du Rhin en 1793, puis à celle du Nord jusqu'en 1795 : il se distingua à la malheureuse bataille de Neerwinden, sur ce même terrain où il avait combattu victorieusement cent ans auparavant. Il a fait les campagnes de 1 795 et 1 796 à Tarmée du Rhin et Moselle, celle de 1797 en Allemagne, celles de 1799 et de 1800 en Italie. Il était en garnison à' Nevers, quand il fut licencié par décret du 24 septembre 1 8o3 ; ses escadrons furent ainsi répartis et incorporés : le I" escadron dans le i5« de cavalerie devenu
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24® de dragons, le 2® dans le 16^ de cavaleri'e devenu 25® de dragons, et le 3® dans le 17® devenu 26® de dragons. Il fournit sa i'® compagnie au 2® de carabiniers.
Avant que le régiment eût pris le titre de Royal-Navarre, il avait des étendards rouges avec le soleil et la devise du roi, brodés et frangés d'or.