Prévost (Louis-Charlemagne), 14 octobre
Les traditions vivantes sous la monarchie ne faisaient pas remonter Torigine de ce régiment aii delà de Tannée 1674; le décret du i®*" janvier 1791, en le faisant passer avant les trois régiments de Royal-Picardie, Royal-Champagne et Royal-Navarre qui le précèdent ici, semble avoir tenu compte de Texistejice antérieure à 1674 de dei4X régiments qui, avant cette date, avaient appartenu à la famille de Broglie.
L'exan^en des faits semble donner raison à l'Assemblée nationale. Mais il y a une lacune qui empêche d'être complètement affirmatif.
Les Broglie sont d'origine piémontaise et leur fortune en France a été faite par le cardinal Mazarin. Arrivé au faîte de la faveur et de la puissance, Mazarinse donna de 1643 à 1645, sans compter les régiments d'infanterie, cinq régiments de cavalerie, savoir Cardinal-Ma^arin, levé le
Royale Normandie, i/^j
1 1 février 1 643 ; Ma:{arin français, levé le 5 mars 1 644 ; Ma:(arin étranger, levé le 5 août 1644; Ma:{arin italien, levé le 21 octobre 1644, et les Dragons étrangers du Cardinal, levés en Allemagne à la fin de la campagne de 1 645 .
Mazarin italien avait pour mestre de camplieutenant François -Marie, comte de Broglio. Celui-ci poussa sa fortune, céda le commandement du régiment à son frère Carlo de Broglio, qui obtint le 4 septembre i65i la propriété du corps et se fit bravement tuer en 1 656 au siège de Valencia en Piémont. Ce régiment fut donné le 26 juillet de cette année au prince Alméric d'Esté qui le commanda Jusqu'à sa reforme le 20 juillet 1660. Ce n'est pas au régiment du Pritice Alméric que l'on peut rattacher l'hfstoire de Royal-Normandie.
Mais François -Marie de Broglio avait levé, polir son compte et sous son nom, un autre régiment au titre étranger le 25 février i652. Celui-ci débuta cette même année à l'armée de Flandre, assista en i653 au siège de Sainte-Ménehould ; en 1654 il fit les sièges de Stenay et d'Arraset culbuta un régiment irlandais auprès de La Bassée. Envoyé en Italie en i655, il contribua aux sièges . de Bersello et de Pavie et en i656 à celui de Valencia. Rappelé en France en i658, il était à la bataille des Dunes et, après avoir occupé les places de la Flandre pendant trois ans, il fut licencié le 18 avril 166 1.
La compagnie du mestre de camp fut-elle conservée comme compagnie franche ? Là est toute la question. Cela est probable en tenant compte de la position que s'était déjà faite la famille de Broglie, mais rien ne le prouve. Le nom de Broglie ne figure dans aucune des listes des compagnies maintenues sur pied, et notamment dans la liste des 65 escadrons organisés en 1670, et il faut arriver jusqu'au i^'mars 1674, date de la levée ou du rétablissement du régiment de famille par Victor-Maurice, comte de Broglie et premier maréchal de France de ce nom en 1 724.
Le régiment de Broglie a débuté le 1 1 août 1674 à la bataille de Séneff. Après cette victoire, il alla renforcer l'armée que Turenne commandait sur le Rhin et il était le 29 décembre au combat de Mulhausen. Il servit en Flandre en 1675 à la prise de Limbourg, et, en 1676, il est devenu la propriété de la famille de Lévis qui lui a fourni cinq mestres de camp.
Nous savons que le régiment a subi des réductions, mais qu'il n'a pas été réformé en 1679 ^^ 1684; nous ne le retrouvons cependant qu'en 1688 à la prise de Philisbourg, de Manheîm et de Frankenthal. En 1 689, il marche au secours de Mayence-, en 1690, il est en Flandre et à la bataille de Fleurus ; en 1 69 1 , au siège de Mons ; en 1692, au siège de Namur, à la bataille de Steenkerque et au bonibardement de Charleroi ;
Rojral-Normandie. 1 49
en 1693, aux sièges d'Huy et de Gharleroi, et à la bataille de Neerwinden. Il fait encore en Flandre les deux campagnes suivantes et sur le Rhin les deux dernières de la guerre. En 1698, il fit partie du camp de Coudun, près Compiègne.
Revenu à l'armée d'Allemagne en 1 701, on le voit, en lyoS, au siège de Kelh, à Tattaque des lignes de Stolhoffen, à celle des retranchements de Homberg, au combat de Munderkingen et à la première bataille d'Hochstedt. Devenu La Vanpalière au commencement de 1 704, il est traité en régiment de peu dUmportance et envoyé en surveillance au camp du pays messin, puis en Flandre en 1706, en Piémont en 1706 et en 1707 en Allemagne. Il était devenu du Bessqy. Sous ce nom, on le voit en Roussillon au printemps de 1 708, et il fait deux campagnes sur cette frontière, sans prendre part à aucune autre opération importante que celle du siège de Tortose. Ramené, en 1 7 1 o, au camp de Metz, il y reste deux ans, et passe en Flandre en 1 7 1 2 , pour assister à la bataille de Denain et à la prise de Douai, du Ques* noyetde Bouchain. En I7i3, sous le nom de Nopton, il fait partie de Tarmée d'Allemagne et il contribue à la prise de Landau et de Fribourg.
En 17 17, le régiment rentre dans la famille de Lévis. Il fait en 1719 la courte guerre d'Espagne et assiste à la prise de Fontarabie, de Saint- Sébastien et de Roses.
'/ - »- ~uT"
i5o Histoire de la Cavalerie,
En 1730, il fait partie du camp de la Saône et en 1732 de celui de Gray. Envoyé sur le Rhin en 1735 il est aux sièges de Kelhet de Philisbourg;à la paix il prend ses quartiers à Jussey.'
Le régiment a fait sous le nom de Châtecmmo^ rand la campagne de Bohême. Il a assisté à toutes les affaires de Prague, de Piseck, de Sahay, et de Frauemberg. Après l'évacuation de Prague, il rentre en France en janvier 1743, et occupe les quartiers de Thionville, puis ceux de Valenciennes. En 1744, après avoir passé Thiver à Gravelines et Bourbourg, il fait partie de Tarmée de Flandre, et assiste aux sièges de Menin, d'Ypres et de Furnes. En 1745, sous le nom de Rohan-- Chabot, il est à la bataille de Fontenoy et à la prise de Tournai, Termonde et Ath. Il combat encore à Raucoux en 1746, passe Tannée 1747 sur les côtes de Normandie et reprend sa place, en 1 748, dans Tarmée de Flandre pour faire le siège de Maëstricht. Il eut ses quartiers d'hiver à Bruxelles, d'où il se rendit à Cambrai, puis à Saint-Maixent en 1 749, à Fontenay, puis à Lille en 1750, à Lamballeet Guingamp en 1751, enfin en 1757 à Longwy, d'où il partit pour Neuss, rendez-vous de l'armée du Hanovre.
Sous les noms (ïHenrichemont et d'Escou^ loîibre^ le régiment a fait en Allemagne toutes les campagnes de la guerre de Sept ans.
Il a pris, le i«' décembre 1761, le titre de
Royal-Normandie , 1 5 1
Royal-Normandie et a reçu par incorporation les compagnies du régiment de Poly. Sa réorganisation est du 3i mars lyôS. Il eut alors Thabit bleu avec collet, parements et revers roses, et boutons blancs n*> 17.
Au moment où la paix se signait, Royal-Normandie était en garnison à Landau, qu^ii quitta pour se rendre à Épinal. Il est allé depuis au camp de Compiègne en 1764, revîint à Épinal après le camp, passe en 1 766 à Belfort, puis en 1767 à Dole, en 1769 à Redon, en 1770 à Cambrai, en 1773 à Charleville, en 1774 à Moulins, en 1776 à Arras, en 1778 à Maubeuge, en 1779 à Verdun, puis Ardres et Calais, en 1780 à Arras, en 1782 à Vitry, en 1784 à Maubeuge, en 1 788 à Toul et au camp de Metz, en 1791a Vesoul et en 1792 à Belfort. Il était alors le 19® régiment de cavalerie, devenu 18® par suite de la suppression de Royal allemand.
Le 1 8° de cavalerie a fait sur le Rhin les campagnes de 1792 à 1794, celles de 1795 à 1797 à Tarmée de Rhin et Moselle ou de Mayence; toutes les autres, jusqu'en 1802, en Helvétie et en Italie. En i8o3, il était à Auch, faisant partie du corps d'observation de la Gironde, quand il est devenu le 27® régiment de dragons en recevant les 4® et 6® compagnies du 22® de cavalerie supprimé. Après un court séjour à Versailles, il part en 180 5 avec le corps de réserve de cavalerie de
i52 * Histoire de ta Cavalerie.
la grande armée* Il fait la campagne de 1 8oÇ au 1*'' corps de cavalerie, et celle de 1807 au corps de réserve de cavalerie. Il passe alors en Espagne. Le colonel Lallemand est blessé et a trois chevaux tués sous lui pendant Texpédition de Portugal, en 1809. En 181 3, le 27® dragons quitte TEspagne et rallie l'armée d^ Allemagne. En 18 14, il faisait partie du 6* corps de cavalerie.
Licenciera la première Restauration, le 27* dragons a concouru à la réorganisation des régiments ci-après nommés. Les 4 premiers escadrons et le colonel Prévost sont entrés à Saintes dans le 1 1* dragons, ex-Gondé, le 21 août 18 14. Le 5^ escadron a été versé dans le 4* dragons, réorganisé à Épinal le 25 août.
Quand le régiment était entretenu au titre des gentilshommes qui le commandaient avant 1762, les étendards du corps étaient rouges avec le soleil et la devise du roi, brodés et frangés d'or.