Thurot (Charles-Nicolas), 22 avril
On a quelque peu voilé Porigine de ce régiment. Il a été formé par ordre du 24 mars 1668, pendant que Louis XIV, qui venait de mettre la main sur la Franche-Comté, traitait de la paix avec l'Espagne à Aix-la-Chapelle. Celui qui fut chargé d'organiser le régiment du Dauphin, soit qu'il ait été choisi spontanément pour cette opération, soit qu'en bon courtisan il eût sollicité cette faveur, est le frère de M"« de La Vallière, qui possédait déjà la compagnie des chevau-légers du Dauphin. La formation eut lieu à la Bassée et le corps fut composé d'une compagnie d'ordonnance qu'avait le Dauphin et que commandait M. de Cornélius, et de huit autres compagnies tirées des régiments que l'on réformait en ce moment. La paix ayant été signée le 2 mai, le régiment du Dauphin fut réformé lui-même et réduit, le 1 4 mai, à une seule compagnie, comme tous les autres corps de cavalerie. Pendant ce temps, la pauvre La Vallière était supplantée par M™® de Montespan, et ce fut le marquis de Saint-Gelais qui fut chargé le 1 5 avril
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1669 de remettre sur pied le régiment du Dauphin.
Fort de six compagnies, Dauphin débute en 1 672 dans la campagne de Hollande. Il assiste à la prise d^Orsoy, Rheinberg, Doèsbourg et au passage du Rhin. Il est en 1673 au siège de Maëstricht, en 1.674 à la bataille de Séneff, en 1675 à la réduction de'Dinant, Huy et Limbourg, en 1676 aux sièges de Gondé, de Bouchain et d'Aire, et au secours de Maëstricht, en 1677 ^ ^^ prise de Valenciennes et de Cambrai, en 1678 à cell« de Gand et d'Ypres et à la bataille de Saint-Denis.
On le voit en 1680 au camp d'Artois et pendant les deux années suivantes au camp de la Sarre. En 1684, il couvre le .siège de Luxembourg. En 1688, il est au capip de la Meuse, d'où il part pour se rendre au siège de Philisbourg, Il coopère en i68g au ravitaillement de Mayence, reste sur le Rhin en 1690, est appelé Tannée suivante en Flandre pour prendre part au siège de Mons, revient ensuite sur la Moselle pour être rappelé encore en 1692 dans les Pays-Bas, où il assiste aux sièges de Mons et de Gharleroi et à la bataille de Steenkerque. Ramené en Allemagne en 1693, il demeure sur cette frontière jusqu'à la paix, et il se distingue en 1 697 dans un combat de cavalerie occasionné par un fourrage.
Il part en 1701 pour l'Italie, combat cette année à Garpi et à Ghiari, se trouve à la surprise
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et à la défense de Crémone dans la nuit du 3 1 janvier au i®' février 1702, et plus tard à la bataille de Luzzara. Il demeure attaché à la même armée jusqu'au désastre de Turin où le mestre de camp marquis de Murçay est mortellement blessé.
Après l'évacuation de l'Italie, Dauphin est envoyé à l'armée du Rhin. Il fait avec elle les expéditions conduites par Villars en Souabe et en Franconie. Appelé en 1708 en Flandre, il assiste aux déroutes d'Audenarde et de Malplaquet. A partir de l'année 17 12, il est employé sur la frontière du Rhiii, et participe aux^ affaires de Spire, Worms, Kayibrslautern, Landau et Fribourg.
En 17 19, il est aux sièges de Fontarabie, de Saint-Sébastien et de Roses.
En 1733, il combat avec l'armée d'Italie devant Géra d'Adda et Pizzighetone ; l'année suivante, il est à Tortone, Novarre, Colorno, Parme et Guastalla. Il contribue en 1735 à la prise de Gonzague, Reggiolo, Révère et Governolo, et il rentre en France en septembre 1736, où il prend ses quartiers à Gaen.
En 1 741, il fait partie de l'armée de la Meuse, sous le maréchal de Maillebois. II quitte Givet le 3 1 août pour marcher en Westphalie et il passe l'hiver à Munster. Il se rend en 1742 sur les frontières de la Bohême et hiverne à Dingolfingen . En 1 743, il est du secours de Braunau, du ravitaillement d'Egra. Pendant la retraite, il assiste
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à plusieurs combats en Bavière et sur les bords du Rhin et vient hiverner à Montmédy. En 1 744, il contribue à la défaite du général Nadàsty près de Saverne, à l'attaque de Suffelsheim et à la prise de Fribourg. Il part de là pour Tltalie, fait les sièges d'Acqui, de Tortone, Novarre, Plaisance, Pavie, Alexandrie, Valence, Casai, et il se trouve au combat du Refudo, aux batailles de Plaisance et du Tidone. Après avoir passé Thiver en Bourgogne, il joint le camp de Valence en mai 1 747, fait une apparition sur les Alpes et le Var, et vient prendre ses quartiers à Lons-le-Saulnier. Il est à Auch en 1748, à Issoire en 1749, puis à Sarrelouis. On le voit en 1750 a Vesoul, en 1 76 1 à Landau, en 1 752 à Dole, en 1 754 à Colmar et en 1 755 au camp de Richemont, sur la Moselle. Après le camp il va à Beauvais, puis à Lille en 1757, et c'est de Lille qu'il part pour rallier l'armée du maréchal d'Estrées, qui combat à Haastenbeck et fait la conquête du Hanovre. En 1758 il partage les revers de l'armée à Créfeld, et est envoyé à Vassy pour se refaire; on le voit en 176 1 à Mulhausen et à Limbourg, et en 1 762 en Allemagne.
Les compagnies du régiment Dauphin étranger y furent incorporées à la paix, et le régiment fut reconstitué d'après la dernière ordonnance le 6 avril 1763. Il était alors en garnison à Sedan, d'où il est allé en 1 764 à Saint-Mihiel, en 1 765
Le Dauphin, ^'- ttg,
à Strasbourg, en 1766 à Vesoul, en 1768 à Thionville, en 1771 à Doullens, en 1772 à Verdun, puis à Redon et Pontivy, en 1773 à Dole, en 1775 à Dole, Dijon, puis Schlestadt, en 1777 à Gray, en 1778 à Toul, en 1779 à Verdun, Guise, Lille, Jussey, en 1780 à Strasbourg, en 1783 à Joigny, en 1788 à Besançon, et en 1792 à Gray.
Devenu le 12® régiment de cavalerie en 1791 et le 12® cuirassiers en 1804, avec augmentation de 3 compagnies, versées par les 20® et 22® de cavalerie, il sert d'abord aux armées du Rhin jusqu'en 1800. Il occupe alors successivement les garnisons de Belfort, Metz, Mayence, Worms et Deux-Ponts. En 180 5, il est au corps de réserve de cavalerie de la grande armée; de 1806 à 1 808, il fait partie du 4® corps de réserve de cavalerie; en 1809 et 18 10, il est au 3® et au 2® corps de cavalerie de réserve ; en 1 8 1 1 et 1 8 1 2, il est au corps d'observation de TElbe; il passe Tannée i8i4.à Hambourg, arrive en juillet à Lille, reçoit pwîttcorporation 4 escadrons du 14® régiment de cdta^ers et fait partie en 181 5 delà i'® divisàn ^^ réserve de cavalerie. Licencié à son tour, scÉ: fend est versé, en 1816, dans le 2® cuirassiers nouveau, en même temps que le fond de l'ancien régiment du Roi. Le colonel de Curnieu était mort de fatigues, le 2 février 181 3, à Witepsk. Le régiment du Dauphin avait des étendards II. 10
bleus avec le soleil et la devise royale en or^ quatre fleurs de lys et quatre dauphins brodés en or et argent dans les coins, frangés d'or.
Il a porté jusqu'en 1 763 Thabit et le manteau bleus, avec doublure et parements rouges, boutons de cuivre de chaque côté, groupés de trois en trois, chapeau bordé d'or; équipage bleu bordé d'un galon aurore.