‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 32 sur 68 · Besnard (Louis-Pierre), 19 septembre · texte numérisé non relu

Besnard (Louis-Pierre), 19 septembre

L'origine du régiment de Berry est peut-être plus ancienne que la date que nous lui assignons ici. Dans tous les cas, cette origine est fort embrouillée par suite de la confusion toute naturelle qui a pu se faire entre Roussillon, province, et Roussillon, nom du premier mestre de camp, confusion encore compliquée par une composition d'éléments catalans.

Voici ce que nous avons pu démêler.

Le comte de Roussillon avait obtenu en 1 649 un régiment , levé le 1 3 février de l'année précé-

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dente en Catalogne, et qui était connu souh le nom de Moustaros» Ce corps, après avoir servi quatre ans en Catalogne, vint en \C)b'i en Guyenne , province que des troubles graves agitaient alors, et il y fut licencié à la fm de cette campagne. M. de Roussillon, qui fut placé le lo novembre à la tête du régiment de la Reine-mère, conserva-t-il une compagnie franche catalane qui serait.entrée avec lui dans ce corps, pour en sortir en même temps que lui en U)5C? C^était Tusage : mais rien ne prouve qu'il en ait été ainsi. l^ seul fait qui pourrait faire pencher vers cette opinion d'une continuité entre le premier et le deuxième régiment du comte de Roussillon, c'est qu'on voit a la queue de la liste des (îG escadrons , dressés en 1670 par les soins de Turenne et du nxarquis de Fourilles, un escadron de San-Esteban, nom de tournure catalane, qui a dû provenir d'un des régiments étrangers licenciés i\ la paix des Pyrénées et remis sur pied de lOOS à i0()8. Dans tous les cas, cet escadron de San-Ksteban a dû servir de noyau à l'un des régiments de cavalerie formés en 1C71, et nous ne trouvons pas ailleurs qu'ici le placement de cet escadron.

Le régiment de San-Ksteban avait certainement existé pendant la guerre de iGOy-GS. On le voit en quartiers à Haubourdin et Halluin, près de Douai, pendant l'hiver, et les quatre compagnies qui le composaient sont citées en janvier

Berry. i8i

1668, dans une liste des troupes qui doivent marcher à la conquête de la Franche-Comté. La correspondance de Louvois avec le maréchal de Navailles témoigne d'un autre côté que le régiment de Roussillon cavalerie a été mis sur pied le i5 décembre 1667, et celui-ci ne peut pas être confondu avec le régiment de Montclar qui n'a été mis sous le titre de Royal-Roussillon que le jer avril 1668.

Il y a donc probabilité d'identité et de continuité entre les régiments de Roussillon et de San- Esteban. Le régiment appartenait au comte de Roussillon qui, employé habituellement comme officier général, en laissait le commandement direct à San Esteban, premier capitaine ou major.

Quoi qu'il en soit, la formation définitive da régiment qui nous occupe est du 3o janvier 1673. Le comte de Roussillon le céda à la fin de cette année à un de ses compatriotes, le comte avilies, précédemment mestre de camp du régiment dedevenu Royal-Navarre, et qui comme lui était officier général, et se fit remplacer à la tête du corps par un vieil officier de fortune nommé M. de Saint-Louis.

Cette circonstance a donné naissance à une nouvelle série d'interprétations , faute d'avoir eu une connaissance suffisante des usages du temps, mais qui ne peut plus offrir de difficultés aujourd'hui. Par suite de la présence simultanée à la tête II. II

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du][régiment de deux gentilshommes, Tun Roussillon ou nies, propriétaire, et Pautre Saint-Louis, commandant effectif, les documents désignent le corps, indifféremment et suivant les circonstances, sous les noms de Roussillon, Roussillon-Saint- Louis, et Saint-Louis tout court.

Précisément à la même époque, de r665 à 1676, il existait dans Pinfanterie un régiment qui portait aussi deux noms, et dans des conditions plus singulières. Résultat de la fusion de deux régiments, il avait 2 mestres de camp et 2 comr pagnies colonelles, et s'appelait Carignan-Salières. C'était une propriété indivise et exploitée en commun par deux chefe.

Le cas de Roussillon-Saint-Louis était plus simple, et il ne se continua pas au delà de Pannée 1675; M. de Saint-Louis obtint le régiment, et, vu son grand âge, le commanda probablement dans la garnison des places.

On voit, pour la première fois depuis sa dernière organisation et d'une manière certaine et claire, Saint-Louis au siège de Luxembourg en 1684. Le mestre de camp presque aveugle, trèsrecommandé par Turenne au roi qui Paimait, fut fait brigadier des armées pour ses longs services après la trêve qui suivit la prise de Luxembourg, reçut permission de quitter Pannée et se retira à la Trappe.

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