‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 34 sur 68 · Comte de Chabrillant (Jacques-Aymard de Moreton · texte numérisé non relu

Comte de Chabrillant (Jacques-Aymard de Moreton

23 septembre 1781.

Le corps des carabiniers, malgré son nom et malgré le rang qu'il occupait au milieu des régiments de cavalerie légère, n'était pas un régiment dans le sens strictement défini que ce mot comporte aujourd'hui. C'était plutôt une division de cavalerie composée de cinq régiments dont l'effectif s'est élevé jusqu'à 4,000 hommes et n'est jamais descendu au-dessous de i,5oo. C'était une troupe d'élite, recrutée et administrée d'une manière particulière ; un des nombreux essais tentés par Louis XIV pour échapper à l'obligation de -suivre les exigences de la haute noblesse et des préjugés aristocratiques. Dans les carabiniers les charges n'étaient pas vénales. Les emplois y étaient donnés directement par le roi à des officiers de mérite trop pauvres pour pouvoir acheter des •compagnies ou des régiments. C'est sans doute pour cela, pour éviter les observations jalouses,

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que le commandement nominal du corps appartint toujours a un prince de la maison royale, derrière lequel étaient effacés les commandants des brigades qui, en fait, étaient de véritables régiments, organisés sur le type commun à tous les régiments de la cavalerie, mais réunis d'une manière permanente en division.

Nous avons dit ailleurs comment Louis XIV, après avoir mis en 1679 deux carabiniers dans chaque compagnie de cavalerie légère, réunit, le 29 octobre 1 691, ces carabiniers en une seule compagnie dans chaque régiment. Il faut noter que cette compagnie de carabiniers prit la tête du régiment auquel elle était attachée. Elle marchait la première, même avant celle du mestre de camp, et ceci justifie la décision qui plaça en 179 1 les régiments de carabiniers à la tête de la cavalerie.

On sait aussi que c'est après la bataille de Neerwinden, où toutes les compagnies de carabiniers de Tarmée réunies sous le commandement du marquis de Montfort, mestre de camp de Royal- Roussillon, avaient par leur héroïque valeur déterminé le succès de la journée, que le roi rassembla toutes ces compagnies en un seul corps par ordonnance du i®' novembre 1693.

Les cent compagnies de carabiniers tirées des régiments de cavalerie furent distribuées en cinq brigades de vingt compagnies commandées par n, II.

igo Histoire de la Cavalerie.

des mestres de camp chefs de brigade. Chaque brigade comprenait, outre le mestre de camp, un lieutenant-colonel, un major et uil aide-major ; c'était donc bien un régiment, un régiment même dont TefFectif était plus élevé que celui des régiments ordinaires de cavalerie, qui ne comptaient à cette époque que douze compagnies au plus.

Dans cette première période de son existence, le corps des carabiniers devait monter à 2,5oo hommes au pied de paix et à 4,000 au pied de guerre. Après la paix de Ryswick, le 19 mars 1698, 60 compagnies furent réformées; chaque brigade demeura composée de deux escadrons de quatre compagnies et les choses sont restées sur ce pied jusqu'à la réorganisation qui suivit la guerre de Sept ans.

Les carabiniers, comme les dragons, combattaient à pied et à cheval.

Bien que le régiment eût le titre de Royal, il n'a pas obtenu immédiatement de marcher à son rang après les régiments royaux plus anciens que lui. Louis XIV, tout absolu qu'il fût, était esclave de rétiquette. En fait, le régiment appartenait au duc du Maine, le fils de M"*® de Montespan, et le roi régla que le corps ne marcherait qu'après le régiment de la Reine et ceux des princes légitimes de son sang. Royal-carabiniers eut donc d'abord le dix-huitième rang dans la cavalerie^ après Berry et avant Orléans. A la mort du duc du

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Maine, en zySô^ il prit la place indiquée par son titre, c'est-à-dire le douzième rang, après Royalallemand et avant Royal-Pologne. Quand le corps des carabiniers fut donné en toute propriété au comte de Provence en 1758, il recula au vingt* deuxième rang, en perdant le titre de Royal.

L'organisation du corps des carabiniers n'a pas reçu de modifications sensibles jusqu'à l'ordonnance du 25 mars 1776 qui le réduisit à deux brigades de quatre escadrons chacune. Il y a là, par conséquent, un long chapitre de sa vie, de beaucoup le plus long, qu'il faut définir, au moins succinctement.

Voici d'abord quels furent les mestres de camp^ chefs de brigade. Nous prévenons que les brigades n'avaient pas de rang fixe, qu'elles roulaient entre elles suivant l'ancienneté de leurs chefs. L'ordre et le numérotage que nous donnons ici est celui du point de départ, du classement des brigades au moment de la formation :

jre brigade,

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