Habert (N.), 3 septembre
2 3. Bigarne (François), 3 septembre 1814.
Il nous a été impossible de découvrir les motifs qui ont porté l'Assemblée à faire monter ce régiment du 23® rang, qu'il occupait dans la cavalerie comme régiment de prince, au 9® rang que lui assigna le décret de classement du i^^ janvier
Tous les documents manuscrits ou imprimés
que Ton possède s'accordent à placer le moment
de sa première formation à la fin de l'année i665.
Son ancienneté était donc celle de la plupart des
corps devant lesquels il a été placé en 179 1, et il
n'y a pas même moyen de le rattacher, comme
cela nous a été possible pour plusieurs, à quelque
compagnie ancienne, résidu des régiments de
cavalerie licenciés après la paix des Pyrénées,
Artois. . 209
.M. Balerqy de Choisy, son premier mestre de camp, possédait en i665 une compagnie de cavalerie, le fait est certain. Était-ce une compagnie ancienne provenant d'un mestre de camp réformé, qui l'aurait vendue à M. de Baleroy ? Etait-ce une compagnie nouvefle levée par M. de Baleroy, pour une de ces expéditions dirigées de i663 à i665 sur la Lorraine, contre Tévêque de Munster ou contre le souverain temporel de Rome, pour Pempereur en Hongrie ou pour le roi de Portugal aux Açores, ou enfin pour châtier les pirates algériens à Djidgelli? Toutes ces hypothèses peuvent contenir la vérité, mais n'autorisent pas à rétablir. Passons aux faits incontestables.
M. de Baleroy eut commission le 7 décembre i665 pour former un régiment, dont sa compagnie devint le noyau. Ce régiment eut sans doute quelque peine à se compléter, car il 'est encore l'objet d'un ordre de formation en date du i5 janvier 1667. Au commencement de 1668 on le voit en garnison à Douai, place récemment conquise, il était fort de 4 compagnies. Le 24 mai suivant, il est licencié. La compagnie du mestre de camp fut sans doute conservée sur pied, mais elle ne figure pas dans la liste des 66 compagnies, qui furent choisies pour être transformées successivement'iOT escadrons et en régiments. Elle dut, par consl|îïent, demeurer à l'état de compagnie fran- II. 12.
2ia Histoire de la Cavalerie.
che jusqu'au 9 août 1 67 1 , jour où M. de Baleroy fiit autorisé à rétablir son régiment.
Ce corps, en 1672, fit partie de Tannée commandée par le roi, et il assista à tous les sièges de cette campagne. M. de Baleroy fut tué à celui d'Utrecht, et il fut remplacé par le marquis de Courcelles, qui se fit tuer à son tour à la bataille de Sénefif en 1674. Le régiriient devint alors la propriété du marquis de Villars, le futur maréchal de Villars, qui le commanda en Flandre, au siège d'Aire, au secours de Maëstricht et dans plusieurs expéditions particulières , ' autour des campements du prince d'Orange, Dans un de -ces coups de main, en 1676, il remena i,5oo prisonniers. En 1677, il contribue au succès de la bataille de Gassel et à la prise de Saint-Omer. Il va hiverner à Beifort, passe en Allemagne, soutient un combat glorieux à Kelh, où il culbute un corps de 2,000 hommes, charge six fois à Kokersberg, protège le siège de Fribourg, et se distingue à Waldkirch où il sauve le quartier de sa brigade investi par des forces supérieures. En 1678, il sert encore sous le maréchal de Créqui^ livre un combat au passage du ruisseau de Neubourg, en soutient deux autres à Rheinfeld et Gegensbach, attaque Tarrière-garde impériale au passage de la Kintzig et fait prisonni^ le colonel qui la commandait. Le régiment achève cette campagne et la guerre au siège de Kelh. Il a été
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réibnné le 8 août 1679, et ses compagnies furent incorporées le 1 5 août suivant dans le régiment de Choiseul-Beaupré, devenu plus tard le régiment de Chartres, à l'exception de la mestre de camp que Villars fut autorisé à conserver.
Le régiment a éié rétabli pour la dernière fois le i5 janvier 1684. Il a fait cette année le siège de Luxembourg. Il était en i685 au camp de la Saône, que commandait le marquis de La Trousse. Le ao mars 1688, Villars, qui était lancé, se fit acheter son régiment par le roi qui le donna au second de ses petits-fils, Philippe, duc à! Anjou.
Sous ce nouveau titre, le régiment marche à la conquête du Palatinat en 1689, fait la campagne de 1691 en Italie, et toutes les autres en Flandre. Il était en 1692 à la bataille de Steenkerque.
Au début de la guerre entreprise pour mettre son chef sur le trône d'Espagne, Anjou est envoyé à l'armée d'Italie. Il prend part en 1701 au combat de Chiari; en 1702, à la bataille de Luzzara et à la prise de Luzzara et de Borgoforte; en 1 703, à l'expédition dans le Trentin, aux combats de Santa- Vittoria et de San-Benedetto ; en 1 704, aux sièges de Verceil, d'Yvrée et de Verrue; en 1706, au combat de Cassano ; en 1 706, à la bataille de Cakinato et au siège de Turin.
Après la catastrophe de l'armée d'Italie devant cette ville, Anjou passa en Espagne. Il se trouva en 1707 à la bataille d'Almanza et à la prise de
Lérida. En 1708,11 a fait le siège deTortose, et il continua à servir dans ce pays sous les ordres du maréchal de Bezons. En 1 7 1 o, il fut appelé à la gatnde de la frontière du Dauphiné, et en 1 7 1 3 il retourna en Espagne pour servir au siège de Barcelone. Il avait donc bien contribué à consolider la couronne d'Espagne sur la tête de son mestre de camp.
Nous retrouvons Anjou en 1727 au camp d^Aimeries, en 1732 au camp de la Meuse, et sur le Rhin en 1 734. Il assiste au siège de Philisbourg, à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au combat de Klausen. À la paix, il a ses quartiers à Moulins.
Il passe Tannée 1 742 sur la frontière de Flandres-, en 1743, il part pour la Bavière, et revient au mois de juillet prendre position dans la basse Alsace, aux environs de Landau. En 1 744, il contribue à la reprise de Weissembourg et des lignes de la Lauter, il combat à Augenheim Cit fait le siège de Fribourg. En 1745, il participe à la prise du poste de Kronemberg, et se rend ensuite au camp de Chièvres, puis au siège d'Ath. L'année suivante, il assiste au siège de Mons et se bat à Raucoux. En 1747, il est à la bataille de Lawfeld et à la prise de Berg-op-Zoom; enfin en 1748 il fait le siège de Maëstricht. Envoyé à Bourges en 1749, à Neufbrisach en 1751, à Montpellier, Castelnaudary et Castres en 1762, il fait partie en 1753 du camp de Plobsheim, après lequel il re-
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tourne à Castres. Il avait pris, le i o septembre de cette année, le nom d^Aquitaùie, Il quitte Castres «n 1764 pour se rendre à Bergerac et Libourne, d'où il passe en 1756 à Besançon, et en 1757 à Damvilliers et Stenai. C'est de là qu'il est parti pour le rendez-vous de Neuss. Il s'est trouvé à la bataille d'Haastembeck et à la conquête du Hanovre, à la bataille de Créfeld où il se distingue, à Lutzelberg, à Corbach, à Warbourg, à Clostercampset à Villingshausen. Le i®*" décembre 1761, il fut donné au comte d'Artois, depuis Charles X, et prit le nom à^ Artois qu'il a porté jusqu'à la Révolution. Il reçut en même temps par incorporation les compagnies du régiment d'Héricy. La date de sa réorganition est le 3o avril 1763. Il avait porté jusque-là le costume bleu et rouge affecté aux régiments de prince. Sa distinction consistait en une aiguillette aurore, un large galon d'or au chapeau et des boutons de cuivre. L'équipage était bleu bordé d'un galon aurore. Il eut, en 1763, le collet, le revers, les parements et la doublure blancs, les boutons blancs n® 23; le chapeau bordé de blanc.
Artois a fait la campagne de 1 762 sur les côtes, et à la paix il fut envoyé à Besançon. Il a occupé depuis Lons-le-Saulnier en 1764, Metz en 1765, Toul en 1766, Joinville en 1767, Philippeville en 1768, Pont-à-Mousson, puis Besançon en 1769, Redon en 1770, Sarrelouis en 1772, Pont-à-
Mousson en 1774, Verdun en 1777, Strasbourg, puis Avranches, Aire et Saint-Omer en 177g, Nevers et Joigny en 1780, Strasbourg en 1783, Schlestadt en 1791 et Haguenau en 1792. Il était devenu le g* régiment de cavalerie, et se trouvait tout porté pour faire partie de l'armée de Custine. Il a, pendant toutes les guerres de la République, constamment fait partie des armées du Rhin et du Danube. Il s'est particulièrement distingué en 1793 au combat de Turckheim, au passage du Danube et à la bataille d'Hochstetd. De 1800 à 1804, on le voit en garnison à Epinal et à Mayence.
Sous le titre de g® régiment de cuirassiers qu'il a pris en 180 3, en recevant par incorporation ï compagnie du ig® et 2 escadrons du 22* de cavalerie, il a fait, avec la grande armée, les campagnes d'Autriche, de Prusse, de Pologne et de Russie. Il était à Hambourg et du corps du maréchal Davout pendant les campagnes de 1 8 1 3 et 18 14. Rentré en France en juillet 18 14, il était à Colmâr quand l'empereur revînt de l'île d'Elbe. Il a fait la campagne de Waterloo avec la 3* division de cavalerie de réservé.
Le (f régiment de cuirassiers, licencié en 1 8 1 5, a versé son fond en 1 8 1 6 dans le nouveau 6« cuirassiers, qui reçut aussi le fond de l'ancien Commissaire général.
Les étendards d'Anjou, et ces étendards étaient
Orléans.
certainement restés les mêmes quant à l'ensemble, sous le duc d'Aquitaine et le comte d'Artois, étaient bleus, brodés et frangés d'or. Une face portait le soleil royal et la devise accoutumée avec les quatre fleurs de lys aux angles ; l'autre face était semée de fleurs de lys, avec une couronne de prince à chaque coin, et au centre un écusson à trois fleurs de lys.
En 1748, les hommes du régiment portaient une aiguillette aurore, l'habit et le manteau étaient bleus ; la doublure, les parements et les revers rouges ; les boutons de cuivre ; le chapeau bordé d'un large galon d*or ; l'équipage était bleu bordé d'un galon; aurore. En 1763, collet, revers, parements, doublure, boutons et galon de chapeau sont blancs.