‹ Histoire de la cavalerie françaiseChapitre 49 sur 68 · Fournier (Alphonse), 16 mai i8i · texte numérisé non relu

Fournier (Alphonse), 16 mai i8i

i3 Liégeard (Jean-Baptiste), 8 octobre 18 14.

L'histoire de ce régiment, le plus jeune des corps de cavalerie mis sur pied par la monarchie, est courte, mais elle ne manque pas d'intérêt. Il a été créé par ordonnance du 14 septembre 1783, portant suppression du corps des volontaires étrangers de Lauzun et création d'un régiment de hussards pour le service de terre, sous le nom de

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Lauzun, qui sera le 6*. Il a été formé en même temps que Colonel général, par ordre du 1 5 décembre, avec la cavalerie de la légion de Lauzun, qui avait été, le 16 août 1778, levée pour le service de la marine et des colonies par le duc de Lauzun, connu plus tard sous les noms de duc def Biron et de général Biron, et que la Convention a envoyé à Péchafaud. .

Cette cavalerie de la légioÀ de Lauzun se composait de 2 compagnies de lanciers et de 2 compagnies de hussards, et ces 4 compagnies furent les seules troupes à cheval attachées au petit corps d^armée que le gouvernement français envoya en 1780, sous les ordres de Rochambeau, au secours des États-Unis d'Amérique.

Si Ton se représente, à Taide des descriptions de Cooper, ce que pouvait être, en 1780, un pareil terrain de guerre, on aura Fidée du service qu'eut à faire cette poignée de cavaliers. Nous ne pouvons songer à raconter ici les opérations de Farmée de Rochambeau. On en trouvera le récit très-détaillé et très-sympathique pour la France, dans un livre récemment publié par M. Thomas Balch, sous ce titre : Les Français en Amérique, Contentons-nous de dire que les volontaires de Lauzun, embarqués à Brest à la fin d'avril 1 780, et partis le 2 mai, abordèrent la terre américaine au mois de juillet à Newport, Ils passèrent l'hiver au milieu des forêts du Connecticut. Ils reçurent.

le II juillet 1781, la visite de Washington dans leur campement de Chatterton-Hill. Les Américains furent très-satisfaits de leur tenue. Dans la nuit du 17 au 18 juillet, le lieutenant Nordmann fut tué dans une rencontre avec des dragons anglais. Le lieutenant Kilmaine se fit connaître dès cette époque par son intelligence dans la conduite des reconnaissances entre New- York et Philadelphie. La cavalerie de Lauzun livra un brillant combat le 3 octobre contre celle du général Tar leton qu'elle culbuta. 3 capitaines de la légion y furent blessés : Billy, Dillon et Dutertre. C'était pendant l'investissement d'York, et peu de jours avant la capitulation de Cornwallis. Ce fut à M. de Lauzun que Rochambeau confia la mission d'aller porter au roi cette grande nouvelle. Sa légion prit ses quartiers d'hiver à Hampton : ses détachements s'étendaient jusqu'aux frontières de la Caroline du Nord. La légion de Lauzun, laissée seule en Amérique après le départ de Rochambeau, demeura à Wilmington jusqu'au 1 1 mars 1783, arriva à Brest le 11 juin et fut envoyée à Hennebon. L'infanterie continua à compter parm les . troupes de la marine, et fut spécialement chargée du service du Sénégal. Le duc de Lauzun obtint, et ce fut à peu près toute sa récompense, de garder ses cavaliers qui formèrent le 6® régiment de hussards, devenu 5® en 1792, après l'émigration du régiment de Saxe. Il avait été aug-

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mente en 1 788 d'un escadron tiré des régiments de Nassau, La Marche ^et Franche-Comté.

Lauzun-hussards se rendit d'Hennebon à Lauterbourg en décembre 1788, et c'est à Lauterbourg qu'il a été réellement organisé. On l'envoya au camp de Metz en 1788, et après ce camp à Verdun. Appelé à Mantes en juillet 1789, il retourne bientôt à Verdun, est rapproché de nouveau de Paris en octobre et placé à Troyes, et renvoyé définitivement à Verdun en 1 790. Il fit partie cette année du petit corps réuni par M. de Bouille pour la répression des troubles de Nancy. Après cette affaire, il fut compromis à la suite de Royal- Liégeois-infanterie dans des démonstrations inopportunes ; il quitta Nancy pour aller à Toul, et de là à Saint-Avold, puis à l'armée du Nord.

Le 5® hussards s'est signalé par sa bravoure à la malheureuse bataille de Neerwinden le 18 mars 1793. Il est resté sur cette frontière jusqu'en 1796. Cette année il fut envoyé dans l'ouest, puis à Mayence, et il a combattu en Allemagne jusqu'en 1800. Il est cité à la bataille de l'Iller, le 5 juin 1800. Après 2 années passées à Bonn, à Metz et à Bréda, il se rend, en 1802, dans le Hanovre. En i8o5, il est placé au i®' corps de la grande armée et sert avec ce corps en Allemagne jusqu'en 18 10. Envoyé cette année en Espagne et en Portugal, il revient en 18 12 en Allemagne pour faire partie du corps d'observation de l'Elbe,

et fait avec ce corps la campagne de Russie. En i8i3, il est au 2® corps de réserve; en 18 14, au 2® corps de cavalerie; et en 181 5 au 3* corps d'armée.

Le colonel Déry a été blessé d'un coup de lance le 4 février 1807, en chargeant à la tête du régiment. Le colonel Meuziau a été blessé à la Mosko va et devant Moscou.

Le comte de Mac-Mahon (Maurice-François), après avoir servi dans les cuirassiers du Roi, avait été nommé, le 7 octobre 1787, mestre de camp en second des hussards de Lauzun.

Le roi de Hollande, Louis Bonaparte, était chef d'escadron au 5^ hussards , quand il fut nommé chef de brigade du 5® dragons, en 1800.

Le 5^ hussards avait pris à la première Restauration le titre de Hussards d'Angoulême, et il

avait alors reçu à Stenai les 3 derniers escadrons

et le dépôt du 8° régiment.

La seconde Restauration Ta licencié et a versé ses débris dans le 6^ hussards actuel, formé en 1816 sous le nom de Hussards du Haut-Rhin.

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