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Bureaux de Pury (Joachim-Irénée-François), 19 avril

Ce régiment, levé par ordre du 5 février 1675 et formé, dit une tradition, à Maëstricht, avec des compagnies franches en partie liégeoises, a porté le nom de ses mestres de camp jusqu'au 20 mai 1774. Donné ce jour-là à Charles-Philippe, comte d'Artois, depuis le roi Charles X, il prit le nom d'Artois, et le 8® rang dans l'arme des dragons.

Son premier chef, M. de La Bretesche, était un ofiScier très-connu par son aptitude à la guerre de partisans et il connaissait parfaitement la frontière du Palatinat et du Luxembourg. Aussi son régiment fut-il exclusivement employé, jusqu'à la paix de Nimègue, à faire la petite guerre sur les deux rives de la Sarre et sur la Meuse. Il s'est

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signalé en 1678 par une expédition hardie dirigée sur la ville de Lewes. Le régiment passa encore les trois années suivantes au camp de la Sarre. En i683, sous le nom de Chevilly, il fait partie du camji de la Saône, et en 1 684 il revient sur son premier -terrain pour couvrir les opérations du siège de Luxembourg. Il passe encore les trois années suivantes au camp de la Saône, et on le retrouve en 1 688 devant Luxembourg.

En 1689 il s'appelle Caylus, fait partie de l'armée de Flandre et cond^at à Walcourt, où il a 4 officiers tués ou blessés. Il sert en Allemagne pendant les campagnes de 1 690 et 1 69 1 , revient en Flandre en 1692, et contribue à la prise de Namur et au succès <ie la journée de Steenkerque. En i695<^ il est sous Boufflers à la défense de Namur.

A l'ouverture de la guerre de la succession d'Espagne, il part pour l'Italie, il se distingue en 1704 au combat de Balzola et en février 1705 à celui de Montechiaro, où, passant le Pô à la nage, il culbute la cavalerie impériale et lui enlève 2 paires de timbales. Le mestre de camp Lautrec est tué ce jour-là, et ranplacé par son frère qui, la même année, commanda ses dragons à la bataille de Cassano, en 1 706 au siège de Turin et aux batailles de Turin et de Castiglione. Après l'évacuation de l'Italie, il est appelé à l'armée du Rhin. On le voit le 22 mai 1 707 à l'attaque des

lignes de Bichel et de Stolhofen, au combat de Rumersheim en 1709, où il se distingue, en 17 12 à Toccupation de Sarrelouis et de Sierck, et en 1 7 1 3 aux sièges de Landau et de Fribourg.

En 17 19, il est à Tarmée d'Espagne et à la prise de Fontarabie, de Saint-Sébastien, d'Urgell et de Roses.

En 1732, sous le nom d'Harcourt, il fait partie du camp de la Sambre, et en 1733 du camp du pays messin. Il est employé cette année à Toccupation des places de la Lorraine et il rallie en 1734 Parmée du Rhin, avec laquelle il participe à la prise de Trêves et de Traërbach, au siège de Philisbourg,'à l'attaque des lignes d'Ettlingen et au combat de Klausen.

En 1742, il est en Bavière, où il fait la petite guerre. Il se rapproche pendant le siège de Prague de la frontière de la Bohême, contribue à la prise d'Ellenbogen et de Caaden, au ravitaillement de Braunau, et il rentre en France au commencement de 1743. Il passe alors sous l'autorité du comte de Lillebonne, un autre membre de la famille d'Harcourt. On le voit en 1744 aux combats de Saverne et de Sufifelsheim et au siège de Fribourg. En 1746, il a 2 escadrons à l'armée de Flandre ; le reste du régiment est employé à la défense de l'Alsace jusqu'en 1 746. Cette année, le régiment qui avait passé l'hiver à Moulins, arrive au complet dans les Pays-Bas : il assiste

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à la prise de Mons,, Saint-Ghislain, Charleroi, Namur, Huy, à la bataille de Lawfeld, au siège de Berg-op-Zoom et à celui de Maëstricht. Après ce siège, il est envoyé à Caen et Coutances, et de là en 1 749 à ' Rouen et au Havre, puis à Vernon et Maubeuge, en 1760 à Sarreguemines, en 1752 à Metz, en 1753 au camp de Sarrelouis et ensuite au Puy, en 1764 à Clérac et Agen, en 1755 à Metz, en 1756 à Rouen et au camp du Havre, et en 1767 à Lille. Il part de Lille pour se rendre à Stockheim, où il rejoint le régiment du Roi, avec lequel il forme brigade. Il assiste cette année aux affaires d'Haastembeck, Munden, Hanover, Closterseven et Zell, puis après la retraite en 1 768 à la bataille de Créfeld, où il fût maltraité. Il s'appelait alors Flamarens. Pendant les deux années suivantes, le régiment demeura en France et sur les côtes de Normandie; il retourna en Allemagne en 1 761. et y servit jusqu'à la paix. Il était en 1 762 au combat du Johannisberg, dernier acte de la guerre.

Réorganisé à Maubeuge le 23 mars 1763, le régiment se rendit à Ancenis et Pontivy. Il est allé depuis en 1764 à Charleville, en 1766 à Pontivy, en 1767 à Nevers, en 1769 à Douai, en 1770 à Valencîennes,, en 1771 à Abbeville, puis à Vesoul, en 1773 à Cambrai, où il a pris le nom d'Artois, en 1776 à Épinal, où vint le joindre le 4® escadron de chasseurs de la légion II. 20

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de Flandre qu'on y incorporait^ en 1777 à Verdun, en 1778 à Nancy, «n 1779 à Lannion, en 1781 à Limoges, en 1782 à Nancy, en 1787 à Vaucouleurs, en 1 788 au camp de Metz, puis à Vitry, en 1791 à Metz et en 1792 à Stenai.

Sous le titre de 1 2® dragons, ce régiment a fait les campagnes de 1792 à 1794 àParmée du Nord, Le chef de brigade Fiquet, dragon au corps en 1759, a été tué au combat de Busign}% sept jours après sa nomination ; son successeur Pages, également dragon au corps en 1781, avait été blessé, comme lieutenant-colonel, dans une rencontre qu'il eut en 1793 dans la forêt de Mormale. Il a encore été blessé de deux coups de feu à Novi et a été fait général de brigade après Austerlitz. De 1796 à 1797, le 12® dragons fut successivement attaché aux armées de Sambre et Meuse, de l'Ouest et de Mayence. Le 2 1® dragons, formé en 1793, y fiit incorporé le 21 décennbre 1797. Le régiment a servi en Italie en 1798 et 1799, et retourna cette année en Allemagne. Il s'est distingué au passage de la Lahn en 1 796 et aux combats de Beuren et de Kirchberg en 1800.

De 1802 à i8o5, il est à Lons-le-Saulnier et au camp de Compiègne.

Appelé à faire partie de la grande armée, il prend part aux campagnes d'Autriche, de Prus ic et de Pologne avec le 4® corps, et il part en 1 80S pour r Espagne, où il combat jusqu'à l'année

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i8i3. Le colonel Giraud fut mortellement blessé en 1809 a la bataille d'Ocana. En 181 3, il faisait partie du 6® corps de cavalerie et de la garnison de Dantzig. En 18 14, il était devant Paris, et le colonel Bessard y eut le 3o mars les joues traversées par une balle. Le 26 août 18 14, il est devenu le 7® dragons sous le nom d^Orléans, et a reçu un escadron des lanciers de la jeune garde. Il a repris le numéro 12 le i®' mai 181 5, et a été licencié le 1 1 décembre de la même année. Son dépôt a servi de fond à la formation du nouveau 10® dragons, dit de la Seine, qui est devenu en 1825 le 10® régiment de cuirassiers.

Au temps où il était régiment de gentilshommes et jusqu'en 1738, ce corps avait, comme tous les régiments de cette catégorie, des guidons variables à la fantaisie des mestres de camp. En 1706, après le. beau combat de Montechiaro, ses guidons aux couleurs des Foix-Lautrec furent chargés d'un fleuve se précipitant d'un rocher avec cette devise : nunquam rétro. En 1738, la forme et la couleur des enseignes furent fixées, et le régiment eut des guidons du modèle général, rouges, brodés et frangés d'or. Ces guidons furent certainement changés, quand le régiment devint la propriété du comte d'Artois.

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