II
Longwy. Il part de là pour rallier à Neuss Tarmée du maréchal d'Estrées, combat à Haastembeck et contribue à la conquête du Hanovre. Sous le nom de Chartres, le régiment a fait encore en Allemagne les campagnes de 1758, 1759, 1761 et 1762, sous Clermont et Gontades. Il est resté à Vendôme depuis la fia de 1769 jusqu'au printemps de 1761. Le régiment de cavalerie de Trasegnies fut incorporé dans Chartres en 1 76 1 , et celui-ci a été organisé conformément à la nouvelle ordonnance le ler avril 1763.
En garnison à Saint-Omer en 1763, il a occupé depuis les positions suivantes : Noyon en 1 764, Metz en 1765, Épinal et Metz en 1768, Saintes en 1 770, Strasbourg en 1 77 1 , Commercy en 1 774.
C'est à Commercy, où il a séjourné trois ans, que Chartres-cavalerie a été transformé en régimenthe dragons, et qu'il a reçu le 2® escadron de chasseurs de la légion de Lorraine.
Chartres dut alors échanger ses étendards de cavalerie contre des guidons de dragons. Nous pensons que ces derniers reproduisaient les couleurs et devise des anciens étendards, qui étaient de soie rouge, avec le soleil et le nec pluribus impar d'un côté, tandis que l'autre face portait la devise : Bellojelicitas.
Chartres-dragons, pourvu du 10® rang dans l'arme, a quitté Commercy en 1777 pour aller à Strasbourg, et plus, tard en 1 780 à Liboume, en
Chartres, 363
1782 à Arras, eh 1787 à Séez et Argentan, puis Béthime, en 1788 à Vendôme, Ancenis et le Mans, en 1 789 à La Flèche, en 1 79 1 à Vendôme, Gaen, Colmar et Valenciennes, et en 1 792 à Laon. Il appartenait alors depuis le 2 1 novembre 1 785 au prince qui est devenu le roi Louis-Philippe.
Chartres-dragons, devenu le 14® de Parme en 1 79 1 , a d'abord fait partie de Tarmée du Nord. Appelé en 1793 à Tarmée de la Moselle, il prit une part très-brillante à la bataille de Wœrth le 23 décembre. Pendant les trois campagnes de 1795 à 1797, il était de l'armée de Sambre et Meuse ; en 1 798 il était en Italie et il fiit choisi pour faire partie de l'expédition d'Egypte. Il se signala d'une manière particulière aux batailles d'Aboukir et d'Alexandrie; le chef de brigade Duvivier fut tué à Aboukir, et son successeur tomba à son tour devant Alexandrie. A sa rentrée en France, le régiment fut placé à Saumur, et plus tard à Angers, Redon, Nantes, et enfin à Beauvais pendant le camp de Boulogne. De i8o5 à 1 809, il a constamment fait partie de la grande armée. De 1810 à 181 3 il a servi en Espagne et Portugal. Rappelé à la grande armée en 181 3, il défendit Dantzig en 18 14, et en 181 5 il était du 6« corps de cavalerie.
Le 10 août 18 14 il avait pris à Rennes le 9® rang; il était redevenu le 14** le i5 mai 181 5. Licencié après Waterloo, il disparaît. Il nous a
été impossible de trouver la trace certaine de ses débris, qui cependant semblent avoir dû entrer dans la formation du g® dragons de la Saône, constitué à Nancy le 6 mai 18 16, et aujourd'hui le 9® régiment de cuirassiers.
Le vicomte de Valence, qui commandait Chartres-dragons en 1 79 1 , réclama contre les disposî. tions du décret qui plaçait son régiment au 14*^ rang dans Parme des dragons. Nous citons volontiers cette réclamation parce qu'elle émane d'un homme instruit, bien connu, tout à fait dans le mouvement libéral, et qui avait raison, autant qu'on peut avoir raison devant les décisions des Assemblées.
Le colonel de Chartres-dragons pensait et disait qu'on avait fait tort à son régiment et il adressait, probablement au président de la commission de réorganisation, la lettre suivante :
a Vous trouverez ci-joint, monsieur, la chronologie du régiment des dragons de Chartres, pour constater son ancienneté parmi les régiments de son arme. Vous y verrez que je suis fondé à désirer qu'il obtienne, sinon le prennier ou le second rang, du moins que le troisième lui soit assigné, et je serai très-reconnaissant des soins que vous voudrez bien vous donner pour cela. Je saisirai avec tout l'empressement imaginable les occasions de vous convaincre de
Condé. 365
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« la vérité de mes sentiments et du très-sincère
« attachement avec lequel j'ai Thonneur d'être,
« monsieur, votre très-humble et très-obéissant
« serviteur.
« Valence.
Au Mans, le 23 janvier 1791.
« P. -5. Il me semble que Condé et Bourbon w sont plus anciens, mais non pas Royal. »
Valence avait, en partie raison. L'état chronologique joint à sa lettre prouve que l'on avait conservé dans son régiment les traces des transformations du corps, et que l'on y avait gardé le souvenir des essais et vicissitudes par lesquels étaient passés les corps de troupes à cheval pendant les douze années comprises entre la paix des Pyrénées et la guerre de Hollande, mais, comme bien d'autres, il se trompait en confondant le régiment levé par M. de Seyssac avec le régiment d'Humières, que M. de Seyssac obtint en quittant celui-ci. Par le fait, Chartres aurait dû être placé au 5® rang. Condé, Bourbon, Royal et Conti étaient seuls d'une création plus ancienne que la sienne.