SICILE
Palerme. — M. Davillier a relevé cette inscription : Fatto in Palermo, 1606, sur des albarelli d'assez bon style, rappelant le faire de Castel Durante. C'est sans doute le produit ultime de ces usines siciliennes du seizième siècle dont l'existence ne fait doute pour personne, bienqu'on n'ait pu encore déterminer aucune œuvre ancienne authentique.
8ARDAIGNE
On a vu, page 348, quelles avaient été les fabrications intéressantes de la ville de Turin du seizième au dix-septième siècle, fabrications marquées des armoiries du souverain ou du témoignage de sa protection. Mais, en dehoi*s de l'usine patronnée il y en a eu d'autres : nous avons parlé déjà de celle de la Forest; en voici une dont
rexistence nous a été révélée par la collection de M. le comte de Liesville. Établie dans la vallée de Maurienne, elle en porte le nom : ses ouvrages, nombreux peut-être, sont confondus chez les amateurs parmi les faïences nivernaises qu'ils imitent avec une incroyable exactitude. Les pièces de M. de Liesville sont des gourdes de chasse un peu aplaties à deux passants soutenus par des têtes de béliers, et décorées de médaillons de paysages entourés de grandes feuilles, souvent d'un vert vif. Il suffit toutefois d'avoir vu l'un des produits de la Maurienne pour les distinguer du vrai Nevers.
C'est sans nul doute à cet établissement qu'il faut restituer le petit plat à décor bleu et signé jçoill^ÙOJly Jean Gony, nom dont l'origine savoyarde nous ^
avait frappé dès l'abord.
On rencontre d'intéressantes pièces évidemment italiennes dont le style particulier ou les monogrammes déroutent le clas- if %/ê sifisateur; une coupe à pied, chargée de fruits en relief, i g-v /^ datée de 1634, nous a offert ces chiffres : v^'-tV- VA .
se lisait dans une cuve circulaire décorée in- -^*-^-*-' *-*^* -rLU • térieurement de bouquets, style Moustiers, et de poissons nageant au fond, et au dehors d'arabesques, genre Rouen, en émaux polychromes tiès-doux.
-o. o. 17o0. Vases couverts à oves en relief et anses torses; déoor polychrome à médaillons rocaille avec guirlandes de fleurs.
Couzukaou Couzaka. Ce nom singulier était tracé très-cursivement ^u-dessous d'une fleur de lis allongée, peinte en rouge de fer vif. La Joièce qui portait ces marques figurait à la vente de San Donato; c'était Vine grande fontaine composée d'un groupe mythologique : une Néréide, xin Triton et un Amour accompagné d'un dauphin. La vasque était une grande coquille à bord déchiré, bleu, rose, lilas, et dans les côtes rentrantes rampaient des guirlandes de fleurs où figurait un convolvulus caractéristique du même rouge vif que la fleur de lis.
Où celte pièce importante avait-elle été composée? est-ce à Capo di ^fonte dont nous décrivons une autre œuvre de premier ordre? Est-ce danslaLombardie? Quant au nom, sa forme n*est nullement italienne, et nous serions tenlé d'y voir un sobriquet ; un artiste russe peut-être serait venu travailler là, et on l'aurait qualifié de Cosaque dans le jargon de l'atelier.
TT TT Plats et assiettes, genre Je Milan, chrysanthémo-paîonien
Services peut-être de môme provenance, style de la ^^t^mille rose.
Assiette en belle faïence, à décor sino-français en bleu, jaui^ Q et vert pâle. ^^
Vase bursaire à couvercle, portant en relief des liges ^^ L fleuries, coloriées au naturel.
/. 6r. S% Grandes gourdes à fond jaune citron, chargées de branches fleuries en relief, coloriées au naturel. -^ Pièces à découpures et reliefs rappelant Porfévre-
L ylwEJL rie; décor polychrome où dominent un vert vif chatoyant et un rouge d'or intense. Ces couleurs et le style des sujets indiquent une fabrication ilalienne.
•p rL^ Vases de spezeria fond bleu à arabesques et trophées 1 63 â bruns, médaillons armoriés.
P "R (VP ^^''^îc® ^^ \i^^ faïence décorée en camaïeu violet, • • -3 de bo„,„eU, oi.a„x et io^Ces.
Coupe à décor chinois, l'extérieur chysanlhémo, l'intérieur ^ " rose, entourant des personnages Watteau dansant. Rehauts d'or.
. éj ft ij^^ Théière de forme rocaille à reliefs; décor de bouquets ^ ^ de tulipes, en bleu rehaussé d'or.
\XA Cache-pois anses à mascarons; décor bleu, ornements et
JDjAl bouquets espacés.
Nous replaçons ici une marque composée d'un oiseau couronné sous lequel est la lettre F ; cet oiseau, si cursif qu'il soit, %ju
est toujours caractérisé par une queue fourchue : c'est donc un milan. Faut-il induire de là que les pièces ainsi marquées proviendraient de Milan? faut-il au contraire reconnaître dans IT l'initiale du nom de l'usine? L'une des ballate que nous avons vues portait un
lavalier en costume Louis XIII ; une autre des Paysans dansants, en ostume moderne; l'ornementation était d'ailleurs d'une désespérante auvreté.
Faudrait-il, au contraire, rapprochant ces indications de ce que nous vons dit p. 129, chercher dans ces signes le nom de Félix Faucon? ilors le dessin de Louis XIÏÏ ne se comprendrait plus. M. Chaflers et [uelques autres auteurs, se fondant sur une certaine conformité de style it d'exécution , donnent cette marque à Savone , le refuge de toutes es faïences non déterminées des deux derniers siècles.
Citons encore parmi les singularités un pot à surprise ayant au fond m cœur entouré de rayons, et cette double devise : Mate^ furbe. îst-ce une allusion au cœur même, fou et trompeur, ou à la pièce ?
M- le marquis d'Azeglio possédait un beau vase couvert à piédouche t anses torses dont les sujets ont un intérêt d'histoire ; dans un grand lédaillon est un pape qui encense la sainte Vierge entourée d'une >uronne d'étoiles et toute rayonnante ; on lit au-dessus et au-dessous :
LEMENS XI VjRG. SINE LABE CONCEPTJS FESTUM CELEBRANDUM EDICIT. NeC
>us INSTAR soLA REGNAT ILLUSTRATQUE. Sur l'autrc facc, uu homme îrse l'huile sur la flamme d'un autel ; l'inscription dit : Clemens XI
>NTIFEX GREATUR OLEM SUPER LAPIDEH RECTUM. Cette piècC CSt doUC
3iiimémorative de la fête de l'Immaculée-Conception fondée par Clélent Albani, pape de 1709 à 1721.
Voici une autre pièce religieuse ; sur un plat brun coloré par un >uetlé de manganèse on a enlevé à la pointe une jolie frise arabesque uî ressort en blanc. Au centre, un médaillon réservé porte l'aigle ployée avec la couronne de fer; en dessous on lit :
S. AGNIESA.=GAT«\ ONOFRI. 1751.
Nous mentionnons ici sous toute réserve de grands plats à bordures îhargés de fruits et d'animaux, chiens, chats, etc. Au centre sont des .rotesques, nous ne dirons pas dans le genre de Callot, mais plutôt mités de ce qu'on voit sur les porcelaines napolitaines. La signature •D.L.F.p"' a été indiquée comme signifiant : De la Fontaine pinxit. [l'estlà un nom français que nous serions étonné de trouver en Italie^ et, d'un autre côte, nous ne connaissons aucune fabrique française qui ait peint dans ce style et avec ces émaux nombreux^ mais pâles et lavés*