‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 3 sur 145 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Une autre remarque confirme celle-là : où le progrès a-t-il marché le plus vite? où l'art s'est-il montré dans son plus glorieux rayonnement? Là où le spiritualisme a vivifié le génie des peuples. Pénétré de cette vérité qui sera bientôt démontrée par les faits , on ne s'étonne plus, en comparant les ouvrages des vieilles civilisations, de voir que le choix des matières de l'industrie a été à l'inverse des temps ; la Chine, le Japon, l'Inde, la Perse, l'Egypte employaient le grès et la porcelaine bien avant que la Grèce couvrît de ses élégants décors la terre grossière et perméable abandonnée de nos jours aux plus vulgaires usages.

Nous ne pourrons donc pas suivre rigoureusement, dans cette étude, les indications techniques , et baser nos recherches sur l'ordre progressif des matières et des procédés; nous prendrons les terres cuites quelles qu'elles soient en descendant du berceau des civilisations vers l'époque actuelle , et en cherchant à faire apprécier bien plutôt les causes morales et les influences historiques qui ont modifié les idées des artistes et le style de leurs ouvrages, que les améliorations scientifiques auxquelles on doit attribuer en partie les changements introduits dans la fabrication des vases.

Lorsqu'il s'agit de traiter une matière spéciale dont l'étude approfondie exigerait des connaissances étendues dans les sciences chimique et géologique, il n'existe qu'un moyen d'éclairer le lecteur sans le fatiguer : c'est d'employer un langage clair, précis, dont les formules exactes dispensent de dissertations sans nombre et de perpétuelles redites. Ce langage existe depuis longtemps pour la céramique; il a été créé avec un incontestable talent et une véritable autorité par Alexandre Brongniart dans son beau livre publié pour la première fois en 1844. C'est donc la nomenclature du savant directeur de Sèvres que nous adopterons pour indiquer aussi succinctement que possible les différents ordres de poteries et les variétés de décorations dont il sera question dans ces pages.

Les poteries se divisent d'abord en deux grandes classes : la première, A PATE TENDRE, c'est-à-dire rayable par le fer, est argilo-sableuse, calcarifère et pour la plupart fusible au feu de porcelaine.

La seconde, a pâte dure, c'est-à-dire non rayable par l'acier, se subdivise en deux sections ; la première comprend des poteries opaques^ argilo-siliceuses et infusibles; la seconde, des poteries translucides^ argilo-siliceuses, alcalines, et ramollissables.

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